Hom., XIII
l'appui des Romains, ont supplanté les Macchabées. Désormais le sceptre est sorti de Juda ; l'étranger règne dans le pays de la promesse. La politique des Hérodes tend bien, sans doute, à constituer un royaume indépendant, dont le judaïsme assurerait l'unité : mais, pour réaliser ce dessein, ils ont besoin de la protection de Rome ;de là l'équivoque de leur attitude. Les brusques nominations et dépositions des grands prêtres, qu'ils subordonnent aux vicissitudes de leurs calculs politiques, déconsidèrent le sacerdoce, et les ménagements qu'ils gardent à l'égard des autorités romaines favorisent l'introduction des mœurs païennes dans la Palestine ^ .
L'attitude des premiers chrétiens à l'égard des autorités et des lois est nette et franche ; ils célèbrent les fêtes nationales et les jours fériés ^, prennent part au culte du temple et de la synagogue ^, et s'abstiennent soigneusement de toute souillure légale *. Ils obéissent à toutes les lois, fiscales ou autres, et, sauf les diflerends qui s'élèvent entre eux, et qu'ils réservent au jugement de leur communauté, ils portent leurs causes devant les juridictions civilement compétentes. Cette rigoureuse loyauté leur attire l'estime et l'admiration du peuple ^.
Rome, qui exerce en Palestine un protectorat mal" défini, est représentée à Jérusalem par un procurateur, qui se réserve le jus g ladii, ou jugement des affaires capitales ; mais il exerce rarement ce droit suprême, et pratique souvent, comme Pilate, la politique de non-intervention, peu soucieux de mettre son pouvoir au service des coteries locales et des rancunes sacerdotales.
L'attitude des chrétiens à l'égard des lois et des autorités impériales n'est pas moins loyale qu'à l'égard des pouvoirs juifs. Ils paient les impôts prélevés au profit de la métropole romaine ; ils obéissent à leurs maîtres, s'ils sont esclaves ^, et ne craignent pas d'évoquer leur cause au tribunal de Rome, quand leur titre de citoyen romain leur en donne le droit ''.
La politique des ' Hérodes .
Attitude
des chrétiens
en présence
de la loi juive
et des
autorités
juives.
L'autorité
romaine
en Palestine.
Attitude des chrétiens à son égard.
I. Sur l'organisation politique de la Palestine à cette époque, voir E. Beurlier, le Monde juif à l'époque de J.-C. et des apôtres, a vol, in-i6, Paris, 1902, ek MoMMSEN, Hist. romaine, t. XI, p. 81 et s.
a Act., II, I ; xviii, 18 ; xx, 6 ;