Act., XXII, 35-a8 ; xxv
Rom.
HISTOIRE GÉNÉRALi; DE l/ÉGIlSn;
Hostilité
du
grand prêtre
(îaïpbe.
Rancunes
des «adtlucéens.
Arrestation des apùtres.
Cependant les autorités juives, comme les autorités romaines, ne vont pas tarder à montrer leur hostilité contre les chrétiens. Celles-ci, conrormément à leurs habitudes, se montreront plus discrètes sur le territoire palestinien ; mais la haine mal contenue de la caste sacerdotale, qui a fait mettre à mort Jésus, ne va pas tarder à éclater contre ses disciples.
La famille sadducéenne du grand prêtre, qui a fait condamner le Christ, détient toujours le pouvoir. Jusqu'en 36, le souverain pontificat appartiriit réellement à Caïphe, qui en abandonne l'exercice eft'ectif à son beau-père Anne et à ses parents Alexandre et Jean *. Ces ambitieux intrigants, ces hommes sans pitié voient avec peine l'accroissement continu d'une communauté se réclamant d'un honmie qu'ils ont fait crucifier. La faveur même de la foule, qui s'attache aux disciples de Jésus, ne les rend que plus suspects au pouvoir. D'ailleurs, si plus d'un, en voyant leurs œuvres de charité, s'écrie : « Voyez comme ils s'aiment ! » d'autres, — le livre des Actes l'insinue, — sont pris, à la vue des miracles qu'ils opèrent, d'une sorte de terreur -. Les disciples du Christ vont à la synagogue et montent au temple, sans doute ; mais ils ont aussi des réunions intimes dans des maisons particulières, et y créent des centres d'activité religieuse indépendants de l'autorité sacerdotale. Ainsi raisonnent surtout les sadducéens, qui ont toujours nourri contre le Christ la haine la plus tenace et que la prédication de la résurrection exaspère. Un certain nombre d'hérodiens et de pharisiens se laissent gagner par les mêmes appréhensions et les mêmes rancunes. L'arrestation des apôtres, la lapidation de saint Etienne, la décapitation de saint Jacques, l'emprisonnement de saint Pierre seront les suites de cette sourde coalition.
Le livre des Actes nous raconte le premier de ces faits. « Le grand prêtre et ceux qui étaient avec lui, à savoir les sadducéens, mirent la main sur les apôtres et les consignèrent dans la prison publique. Mais, pendant la nuit, l'ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison, les lit sortir et leur dit : u Allez, tenez-vous dans le temple, et annoncez au peuple toutes les paroles de vie. » Ayant entendu cela, ils entrèrent dès le matin dans le temple et se mirent à enseigner. Cependant le grand prêtre et ceux qui étaient avec lui