VioLLBT-i.E-Duc, Dict. d'architecture
LA PAIX GONSTANTINIENNE
truites ou restaurées à des époques plus ou moins éloignées. Gardonsnous de croire cependant que l'emploi de matériaux étrangers ait nui d'une manière notable à la pureté de style des églises constantiniennes. Le duc de Broglie a précisément fait remarquer qu'à cette époque, où l'architecture païenne se ressentait grandement de la décadence du goût, où la combinaison hasardée des styles divers, la recherche d'une gi-andeur lourde et sans grâce, comme dans les thermes de Dioclétien et l'arc de triomphe de Constantin, étaient la caractéristique de l'art, « les églises chrétiennes conservaient un caractère particulier et touchant. Presque toutes construites sur un modèle semblable, elles présentaient le symbole de l'ordre renaissant au milieu d'une dissolution générale * » . Tout le luxe qu'une civilisation convertie entassa dans ces temples ne parvint pas à en enlever la simplicité générale, fruit spontané de l'inspiration chrétienne. Ainsi, au lieu d'adopter le modèle de la basilique voûtée, l'Eglise préféra généralement celui de la basilique à charpente, à toiture portée sur une file d'arcades. Elle garda ainsi, « dans ses linéaments principaux, l'apparence champêtre d'une vaste grange. On eût dit l'étable de Bethléem enrichie des présents des Mages ^ ».
Caractère
général de
l'architecture
chrétienne.
Le même caractère, somptueux et grave, se retrouvait dans les cérémonies liturgiques, libres désormais de se déployer au grand jour.
Le baptême se conféra dans des chapelles séparées ou baptistères, construites à proximité des églises. Le baptistère du Latran fut l'objet des dons les plus généreux de Constantin. « La piscine de porphyre était entièrement recouverte d'une enveloppe d'argent ; au milieu se dressait une colonne de porphyre portant une lampe d'or, où, pendant les fêtes de Pâques, on brûlait deux cents livres de baume. Sur le rebord de la piscine était un agneau d'or dont la bouche jetait de l'eau ; à sa droite, on voyait l'image d'argent du Sauveur haute de cinq pieds et pesant cent soixante-dix livres ; à
Les cérémonies liturgiqnes.
Le haptéme.
Les baptistères.