I. Elsèbe, h. £., 1. \, cb. II
'2. p. Allard, le Paganisme romain au IV" siècle, dans U Revue des quesl. /><>{., t.LI, 189a, p. 345.
LA PAIX CONSTANTIÎNIENNE ^76
culte de l'impudique Cotytto. Un peu plus loin, la sépulture d'un prêtre du « Soleil Invincible » porte une épitaphe où ce ministre d'un culte purificateur est loué d'avoir donné à ses élèves des leçons de volupté * . » Bref, autant la religion chrétienne, malgré les hérésies et les schismes qui la déchiraient, apparaissait, par la sublimité de son dogme, la pureté de sa morale et la solidité de sa hiérarchie, comme le plus ferme soutien de la société, autant le paganisme, devenu de plus en plus le rendez-vous de toutes les superstitions et de toutes les immoralités, se révélait, malgré le caractère et les hautes idées de quelques-uns de ses représentants, comme le plus redoutable des dissolvants. Constantin le comprit.
Sans manquer à l'engagement qu'il avait pris à Milan de respecter la liberté du paganisme en tant que religion, il se décida à poursuivre dans ses manifestations tout ce qui lui parut manifestement immoral, scandaleusement superstitieux, ou gravement perturbateur de la paix publique. Les temples d'Egée, en Gilicie, et d'Aphaque, en Phénicie, furent démolis pour avoir servi à des scènes d'orgie ; celui d'Héliopolis, pour avoir été transformé, par l'usage, en «mauvais lieu ». Le temple de Delphes, pour un motif probablement analogue, fut dépouillé de ses statues. Eusèbe assure que l'empereur alla plus loin. Il parle d'une loi qui interdisait d'élever des idoles, de pratiquer la divination, enfin, de sacrifier 2. Le texte de cette loi ne nous est point parvenu. Il visait apparemment des cérémonies faites dans les maisons privées, car le culte ne fut pas aboli dans les temples d'une manière générale 3. Dans bien des endroits, convertis en masse au christianisme, les populations, d'elles-mêmes, brisaient leurs anciennes idoles, abattaient leurs temples. Dépouillant les statues de leurs pierreries et des vêtements précieux qui les avaient couvertes jusque-là, ils montraient à leurs derniers adeptes le bois pourri qui se cachait sous ce splendide appareil, et répétaient alors les versets du psaume : Os hahent et non loquentur, ocutos habent et non videbunt. Similes iliis fiant qui faciunt ea et omnes qui conjîdunt in eis *
GoDstantin fait démolir les temples reconnus comme théâtres habituels de scènes immorales.
Il proscrit
certaines
pratiques de
superstition.