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Eusèbe, Vie de Cons'antii, 1. III, ch. lvii

HISTOIRE GÉMIÔRAI.E DE LLIGLISF

Constaulin fait pénétrer

l'esprit chrétien dans la législation.

Le droit païen.

Ses trois vices fondamentaux.

Le droit

constantinien.

Ses trois principales rétormos :

Constantin accomplit une œuvre plus profonde. II s'appliqua à faire pénétrer dans la législation romaine l'esprit chrétien. Frédéric Ozanani a noté, dans une de ses études les plus pénétrantes, l'opposition radicale existant entre le droit païen et le droit chrétien. Il distingue dans le droit païen trois vices profonds. Premièrement, le droit païen était le domaine, intangible et presque sacré, d'un petit nombre d'initiés, les jurisconsultes, à qui de pareilles fonctions communiquaient une sorte de mystérieux et superstitieux sacerdoce *. Un second vice du droit païen, conséquence du premier, était de lui donner toute puissance « non pas seulement sur les biens et sur la vie, mais sur les âmes, sur les consciences. Rome étant divinisée, ses volontés étaient divines, légitimes ^ ». « Un troisième vice profond du droit païen, c'était cette efifroyable inégalité dont tous les efforts de la conscience n'avaient pu avoir raison ^. » D'après la loi romaine, la femme était toute sa vie maintenue en tutelle ; le Sis était soumis au droit de vente et même au droit d'exposition dès sa naissance ; et, au plus bas de l'échelle, l'esclave était dépourvu de tout droit *.

Certes, ce droit romain, alors qu'il était codifié par la plume immortelle d'un Gains et d'un Ulpien, était beau comme les plus beaux monuments de la vieille Rome. Mais, conclut Ozanam, il rappelait trop le Golisée : édifice admirable, où l'on jetait les hommes aux lions ^.

Le droit constantinien n'opéra pas un changement complet dans les prescriptions qui violaient le christianisme et la morale. Une brusque transformation était impossible. Mais c'est à Constantin qu'il faut rapporter l'heureuse évolution juridique qui aboutit au Code théodosien. « Trois grandes nouveautés s'y firent place. Ce fut, en premier lieu, l'efiFort fait pour donner au droit un caractère

I. Jus (Si ars boni et «qui, cujus merito gais nos sacerdotes appellel. Ulpibn, Dijj., Dejust. et jure, 1. 1, tit. I, S i.

a. OzAWAM, la Civilisation au K» siècle, 4^ édition, t. I, p. aOi.

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