Ibid., De repudiis
d'aftVanchissemenls, en dehors de toute formalité juridique et de toute entrave légale, les évêques allaient désormais porter dans le sens de la liberté tout le poids de leur autorité religieuse. Il ne fallait pas moins pour faire fléchir, sans briser tous les ressorts de la vie sociale, des habitudes enracinées, défendues par toutes les passions comme par tous les besoins des hommes. L'abolition soudaine de l'esclavage aurait affamé la société antique, qui ne vivait que des produits du travail servile. Elle aurait jeté sur le sol des populations entières, sans guides, sans ressources, incapables de se gouverner elles-mêmes. L'Eglise, en ce moment solennel, accepta de Dieu et de Constantin la tâche d'émanciper le monde sans le bouleverser *. »
La sainteté. Impulsion donnée au développement du culte chrétien, répression
du paganisme, réforme de la législation, tous ces moyens n'agissaient, après tout, que d'une manière extérieure ; ils n'auraient pas suffi à communiquer à la société chrétienne la force intérieure dont celle-ci avait besoin pour remplir sa mission divine à l'aurore de l'ère qui venait de s'ouvrir.
Cette force lui vint, comme toujours, d'un principe plus haut et plus efficace : la sainteté.
Sainte Hélène. La sainteté s'était rencontrée d'abord auprès de Constantin. Dans le temps même où Constantin entourait la dignité impériale de plus de faste et de pompe, les chrétiens voyaient entrer dans leurs assemblées une humble femme, que rien ne distinguait, dans ses habits, des plus pauvres sujets de l'empire. « Seule, la religieuse vénération qu'on lui témoignait eût pu faire reconnaître, sous ces modestes dehors, la mère du tout-puissant empereur ^. »
Elle était née, vers l'an 248, en Bithynie, d'une famille idolâtre, de basse condition, et avait reçu le nom d'Hélène. Saint Jérôuv? nous apprend qu'elle avait exercé dans sa jeunesse l'humble profession de fille d'auberge. Or, vers 275, un officier romain, traver-
ses premières années.