Ibid., ch. LUI
LA PAIX CONSTANTINIEIO'E
que l'âge ne parvenait pas à détruire S et surtout sa gaieté, sa Sa mort, joyeuse et avenante affabilité, marque infaillible d'une âme qui plane dans les régions sereines ^. »
Saint Athanase, son contemporain et son disciple, a recueilli et nous a transmis dans sa Vie de saint Antoine, le résumé des instructions du vénérable patriarche : « Il insistait d'abord sur la persévérance au service exclusif de Dieu : ne pas se relâcher, ni se négliger, ne pas regarder en arrière, vers le monde, abandonné pour toujours ; on a laissé si peu,, même si toute la terre était sacrifiée pour la solitude ! Il faut faire l'œuvre de tous les jours, sans se préoccuper du lendemain, avec confiance dans la grâce de Dieu ^. » Ses règles pour le discernement des esprits sont de tous points remarquables. Mille ans plus tard, saint Ignace de Loyola devait, en condensant le fruit de ses expériences et de ses lectures, rencontrer les mêmes idées, souvent les mêmes expressions que le père des moines d'Orient. Les voici, traduites du texte que nous a conservé saint Athanase :
« Le discernement des bons et des mauvais esprits est possible et facile par la grâce de Dieu. La vue des saints n'est point troublante. // ne querellera point, ne criera point, nul n'entendra^ sa voix. (Is. xLn, 2.) Cela se passe avec douceur et tranquillité, et produit aussitôt la joie et la confiance dans l'âme. C'est que le Seigneur est avec eux, lui qui est notre joie et la puissance de Dieu le Père. Les pensées restent paisibles, sans agitation, de sorte que l'âme contemple, dans une calme lumière, ceux qui lui apparaissent. Le désir des choses divines et des biens futurs la pénètre, et la volonté de s'unir à eux, si elle pouvait s'cju aller avec eux. Si, parce qu'ils sont hommes, quelques-uns redoutent la vision des bons esprits, leur apparition fait évanouir toute crainte par leur charité. Ainsi agit Gabriel à l'égard de Zacharie ; ainsi l'ange du sépulcre dans son apparition aux saintes femmes. La crainte dont ils sont l'objet ne vient point de la timidité de l'âme, mais de ce qu'on reconnaît la présence d'un être supérieur. Telle est la vision des saints. L'irruption des mauvais esprits, au contraire, est troublante. Elle est accompagnée de bruits, de sons, de cris, comme s'il s'agissait d'un tumulte de jeunes gens grossiers ou de brigands. Aussitôt l'âme devient peureuse. C'est le trouble et le désordre des pensées, l'abattement, la
Sa doctrine ascétique.
Règles pour
le
discernement
des esprits.