‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 42 sur 413 · IV lioix, XVII, 5 ; xviii, 9. Esdras, iv · texte numérisé non relu

IV lioix, XVII, 5 ; xviii, 9. Esdras, iv

LA. PREMIERE EXPANSION

le culte de leur ancienne patrie. Quelque temps après, les Samaritains, effrayés d'un fléau qu'ils considérèrent comme une vengeance du dieu du pays méconnu par ses nouveaux habitants, réclamèrent un des anciens prêtres israélites transportés en Assyrie, pour leur enseigner le culte de Jéhovah. Celui-ci vint s'établir à Béthel ; mais, tout en adoptant le culte de Jéhovah, chacun des groupes ethniques continua à servir les dieux de son pays d'origine ; il y eut ainsi en Samarie une multitude de cultes, et chaque ville eut sa religion propre*. La religion du pays était donc un judaïsme plus ou moins corrompu et mélangé de paganisme. Au retour de la captivité, le refus opposé par les Juifs d'accepter le concours des Samaritains dans la réédification du temple de Jérusalem, accentua l'antipathie qui existait entre la Samarie et les deux autres provinces. C'est vraisemblablement à cette époque qu'il faut faire remonter le culte du Garizim, rival de Jérusalem ^. Nous savons par l'Evangile qu'une vive inimitié persistait, au temps de Jésus-Christ, entre les Juifs et les Samaritains ^. Jésus cependant avait eu, à leur égard, de touchantes paroles de miséricorde *, et avant de remonter au ciel , il avait exprimé le désir que l'évangélisation de la Samarie vint en second lieu, après celle de Jérusalem et de la Judée, mais avant celle de tous les pays de la gentilité ^.

Vers l'an 33, à l'époque du martyre de saint Etienne, la population de la Samarie était extrêmement agitée par le prosélytisme d'un homme, qui, exploitant l'inquiétude religieuse de ce peuple, toujours prompt à accueillir de nouveaux envoyés de la divinité, se donnait pour un être surhumain ^. Il s'appelait Simon. Il était né au bourg de Gitton, dans les environs de Sichem '^ et avait la réputation d'un magicien extraordinaire. Si l'on s'en rapporte aux Homélies clémentines *, il avait été élevé en Egypte ; il s'y était familiarisé avec ces théories vagues et grandioses où tendait le judaïsme alexandrin, et qui devaient se formuler bientôt dans les différentes sectes gnostiques.

Etat politique

et religieux

de la Samarie

vers l'an 33.

Sentiments

de Jésus à l'égard des Samaritains.

Simon de Gitton,

dit le Magicien.

1. ÎW Rois, XVII, a 1-44. Cf. Vigouroui, la Bible et les découvertes modernett Paris. 1896, t. III, p. 575-586

2. Voir le mot Garizim, dans le Dict. de la Bible^ t. III, col, m.

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