Act., V, l-II
Hist. gén. de l'Ei^llse. — I 5
de conflits plus durables allait surgir bientôt, à propos de l'introduction des païens dans l'Eglise.
L'évangéli-
salion des païens.
Voyages
apostoliques
de Pierre.
Le problème
de l'initiation
des Gentils
à la foi chrétienne.
Le Sauveur, parlant à ses disciples des signes avant-coureurs de la ruine de Jérusalem, leur avait dit : « Il faut qu'auparavant l'Evangile soit prêché dans toutes les nations *. » Les apôtres profitèrent de toutes les circonstances qui s'ofTrirent à eux pour faire avancer l'œuvre de la prédication évangélique.
Pierre résidait habituellement à Jérusalem ; mais sa charge de chef de l'Eglise l'obligeait à visiter les chrétientés fondées en divers lieux -. Les régions évangélisées par le diacre Philippe furent les premières où il jugea opportun de se transporter, pour y consolider et y étendre l'œuvre si heureusement commencée. Dieu bénissait son apostolat par de nombreux miracles. A Lydda, vers le sud de la riche plaine de Saron, « il rencontra un homme, du nom d'Euée, qui était paralytique. « Lève-toi, lui dit l'apôtre, et dispose ton lit. n Le paralytique se leva. Et tous ceux qui habitaient Lydda et Saron le virent et se convertirent au Seigneur ^ » A Joppé*, port de mer important et qui paraît avoir été un centre pour le christianisme, il ressuscita une veuve, Tabitha, femme admirable qui donnait tous ses soins aux pauvres et paraît avoir consacré sa fortune aux besoins de l'Eglise naissante ^.
Dans ces villes très mêlées, le problème de l'admission des païens dans le sein de l'Eglise se posait avec des difl^cultés que l'apôtre ne se dissimulait point. La question n'était pas de décider si les infidèles devaient entrer dans le royaume de Dieu ; le Maître l'avait nettement résolue dans le sens de l'affirmative ; mais à quelles conditions devaient-ils y être admis ? Etait-il nécessaire de devenir juif pour devenir chrétien ? Fallait-il passer par le judaïsme pour arriver à l'Evangile ? Tel était le point du débat. Les Juifs de Jérusalem, les Hébreux, comme ils s'appelaient, tendaient visiblement à résoudre