Acl., IX, 35-/ja
LA PREMIERE EXPANSION
la question par raffirmative ; mais les Juifs hellénistes, les Grecs, penchaient pour la négative. Peu à peu, les opinions s'affirmèrent d'une manière de plus en plus tranchée. Il ne faut pas s'étonner si la bataille fut longue et acharnée. Le christianisme et le judaïsme semblaient combattre pour leur existence. « Si les païens entrent directement dans l'Eglise (disaient les Hébreux), s'ils y obtiennent, par leur foi seule, le même rang et les mêmes privilèges que les Juifs eux-mêmes, que deviennent les droits d'Israël ? Quel avantage a le peuple élu sur les autres nations ? N'est-ce pas la négation la plus radicale de la valeur absolue du judaïsme ? D'un autre côté, si la circoncision est imposée aux païens convertis, disaient les Grecs, la foi au Christ n'est-elle pas déclarée, par cela même, insuffisante pour le salut ? L'Evangile est-il autre chose qu'un élément du mosaïsme ? N'est-ce point la négation de la valeur absolue de l'oeuvre de Jésus-Christ ^ ? »
Pierre était fortement préoccupé de ce problème, quand une vision céleste vint lui apporter la lumière. Un jour qu'il priait à Joppé, sur la terrasse de la maison d'un tanneur qu'il avait choisie pour sa résidence, ayant devant lui cette mer par laquelle l'Evangile devait se répandre dans le monde païen, il eut une extase prophétique. Le ciel s'ouvrit à ses yeux, et une sorte de grande nappe parut en descendre. Elle était nouée aux quatre coins et suspendue au firmament par des liens invisibles. Or, il lui fut donné de regarder dans cette nappe, et il y vit toutes sortes de quadrupèdes, de reptiles et d'oiseaux. Et il entendit une voix qui lui dit : « Pierre, lève-toi et mange. — Je n'aurai garde, Seigneur, répondit Pierre, car je n'ai rien mangé de profane ni d'impur. » On sait que d'après la loi mosaïque certains animaux étaient taxés d'impurs, et qu'on ne pouvait en manger sans devenir impur soi-même. Le mélange des animaux purs et impurs dans la grande toile en faisait un ensemble impur. La voix reprit : « Ce que Dieu a purifié, tu ne peux le tenir pour impur. « La chose se répéta par trois fois, puis la toile fut ramenée dans le ciel.
Pierre se demandait quel était le sens de cette vision, quand trois hommes se présentèrent à lui et lui annoncèrent qu'un centurion romain nommé Corneille, homme juste et craignant Dieu, et auquel toute la nation juive rendait un bon témoignage, avait été averti
La vÎBÎon de
Joppé
(vers 4o).
Sens de cette vision.