‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 54 sur 413 · I. A. Sabatier, l'Apôtre Paul, p. ii6-iig · texte numérisé non relu

I. A. Sabatier, l'Apôtre Paul, p. ii6-iig

Baptême

du centurion

Corneille.

Pierre explique sa

conduite aux Juifs de Jérusalem.

Mécontentement de plusieurs.

Enthousiasme des autres.

par un ange de venir le trouver en sa maison et d'écouter ses paroles.

Les yeux de Pierre s'ouvrirent. Il vit le dessein de Dieu : les observances légales abolies ou du moins frappées de mort par le sacrifice du Christ ; la Loi ancienne s'évanouissant peu à peu devant la Loi nouvelle ; et, comme conséquence immédiate, la genlilité entrant dans l'Eglise par le seul baptême, sans passer par la circoncision.

Pierre alla trouver le centurion et l'instruisit des principales vérités de la foi. Il se disposait à lui conférer le baptême, ainsi qu'à tous ceux de sa maison, quand le Saint-Esprit, devançant cette fois le rite de l'initiation chrétienne, descendit sur les catéchumènes. Les grâces mystiques de la prophétie et du don des langues (glossolalie) se renouvelèrent tout à coup en ces âmes encore païennes Dieu luimême venait de les purifier d'une manière manifeste. Aucune hésitation n'était plus possible. « Peut-on refuser l'eau, s'écria Pierre, à ceux qui viennent de recevoir le Saint-Esprit aussi bien que nous? » Et il versa l'eau du baptême sur le front du païen Corneille, et baptisa pareillement tous ceux de sa maison *,

La nouvelle de cet événement parvint bientôt en Judée et y causa un grand émoi. Quand Pierre fut de retour à Jérusalem, « les hommes de la circoncision », comme parle l'Ecriture, lui firent de grands reproches. « Pourquoi es-tu entré chez des incirconcis, lui dirent-ils ? Pourquoi as-tu mangé avec eux ? » L'apôtre tint tête à l'orage. Il raconta le détail de tout ce qui s'était fait : la vision sur la terrasse, l'apparition de l'ange au centurion romain, la descente du Saint-Esprit sur la maison du centurion non encore baptisé. Ce simple et ferme exposé calma les murmures. Pierre conclut : « Du moment que Dieu faisait aux Gentils le même don qu'à nous, qui avons cru au Seigneur Jésus-Christ, qui étais-je, moi, pour l'interdire à Dieu 2 ? »

Les mécontents se turent. Mais « ceux de la circoncision » devaient bientôt renouveler leurs plaintes, récriminer avec éclat et faire le premier schisme dans l'Eglise naissante.

D'autre part, ceux qu'un zèle ardent pour la diffusion de l'Evangile poussait vers des terres nouvelles, ceux qui, au souvenir des

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