‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 59 sur 413 · I. Acl., XIV · texte numérisé non relu

I. Acl., XIV

3. Saint Luc semblerait dire que Barnabe fut un des premiers convertis des apôtres, Act., iv, 87; Eusèbe {H. E., l. I, ch. xn) et Glénaent d'Alexandrie {Strom., 1. II, ch. xx\ affirment qu'il fut un des soixante-douze disciples. L'Eglise lui donne, comme à saint Paul, le nom d'apôtre.

3. 11 en convient dans ses épîtres, avec une franchise touchante. (I Cor., 11, 3; II Cor., X, i-io. Cf. Act., XIV, la). Les actes de Paul et de Thècle au iv* siècle et la Chronique de Malutas au vie, ont renforcé à [ilaisir les traits sombres de ce portrait. Ils ont représenté saint Paul « de petite taille, chauve, corpulent, les jambes courtes, les sourcils joints ensemble, le nez saillant » Ces détails rapportés par des ennemis de saint Paul sont méchamment exagérés. L'apôtre parait avoir beaucoup soulTert d'une inflammation périodique des yeux. C'est ce qui semble ressortir, au jugement des meilleurs exégètes, de [>lusieurs passages de ses épîtres [Gai., iv, i5; vi, 1 i ; Aft., XXII, a-5 ; I Thess., m, i ; II Tim., iv, 16, etc.). Cette pénible maladie, où l'apôtre voyait « l'ajniction de sa chair » {Gai., iv, i4), et d'autres épreuves |ieutêtru d'ordre moral, furent considérées par saint Paul comme le contrepoids providentiel des visions et des extases dont il était favorisé (H Cor., xii, 1-9).

LA PREMIÈRE EXPA^SIOîf 78

tremblera toute sa vie à la seule pensée d'aborder un nouvel auditoire ; mais toute sa vie aussi, une voix impérieuse, celle de sa conscience, celle d'une irrésistible vocation, le poussera à prêcher à tous, partout, malgré tout, « à temps et à contre-temps », comme il dit, la foi au Christ qui est sa vie. « Vœ mihi, si non evangelizavero ! Malheur à moi, si je ne prêche pas l'Evangile ! » s'écrierat-il.

Au lendemain de son baptême et de sa guérison, il a éprouvé le besoin de parcourir, l'une après l'autre, toutes les synagogues de Damas, de déclarer à tous qu'il a vu de ses yeux, vivant et ressuscité, ce Jésus, notoirement mort et enseveli, qui se disait le Fils de Dieu. Puis, laissant là ses coreligionnaires, stupéfaits de ses affirmations, et qui n'osent pourtant douter de sa parole, il a eu hâte de fuir le tumulte des villes, de se trouver en face de lui-même, en tête à tête avec Dieu. Il est parti pour l'Arabie, c'est-à-dire, selon toute vraisemblance, pour la presqu'île sinaïtique. La, pendant un an, deux ans peut-être, il a sondé son âme, approfondi le sens des révélations qu'il a reçues de Dieu sur le chemin de Damas et des enseignements traditionnels qu'il a recueillis de la bouche de son catéchiste, Ananie. A la lumière de sa foi nouvelle, il a relu ces Ecritures qu'il avait si longtemps scrutées sous la direction deGamaliel. Le voilà armé pour la controverse comme pour l'exhortation. Mais il n'a pu jusqu'ici exposer librement sa doctrine. A Damas, lorsqu'il y est revenu pour y prêcher, il n'a échappé aux sicaires, soudoyés pour le faire périr, que par un habile stratagème de ses amis, qui l'ont fait évader en le cachant dans une manne et en le descendant le long des murs par une poterne. A Jérusalem, où il est allé voir Pierre, il a rencontré de nouvelles embûches. Il n'y est pas resté plus de quinze jours. Il a alors regagné Tarse, son pays natal, où pendant cinq ou six ans, refoulant sans doute, dans un abandon héroïque à la Providence, l'ardent désir qu'il a de prêcher partout Jésus-Christ, il a nourri de nouveau son âme dans la prière silencieuse et dans l'étude *. C'est laque Barnabe est allé le prendre pour le faire son compagnon d'apostolat, ou plutôt son maître et son chef.

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