I. Cf. Prat, la Théologie de saint Paul, i
Paul et Karaabé
évangcliscat Aiitioche.
Les disciples
de Jésus
reçoivent
le nom
de chrétiens.
L'Eglise
d'Antioche
vient en aide
à celle de Jérusalem
Paul
et Barnabe
à Jérusalem.
Leur apostolat
auprès
Pendant une année entière, Saulet Barnabe évangélisèrentAntioche. On ne voit pas qu'aucune mesure de l'autorité, qu'aucune émeute populaire ait entravé l'ardeur de leur zèle. On imagine facilement les deux apôtres, l'un avec sa parole enflammée, l'autre avec son onction communicative, se mêlant aux conversations de cette population commerçante, que la fièvre des affaires et l'amour des plaisirs tourmentent saRs la satisfaire. On les voit, .tantôt discutant sur l'agora avec les rlrcteurs, tantôt rassemblant le peuple autour d'eux, dans les rues, pour leur faire entrevoir le doux idéal des béatitudes évangéliques 1. Les conversions furent rapides et nombreuses. Parmi les disciples du Christ, l'Eglise d'Antioche acquit bientôt une renommée qui l'éleva au-dessus de toutes les Eglises de ce temps-là. Les païens comprirent, d'autre part, qu'ils se trouvaient en présence d'une société distincte du judaïsme ; et, du nom de Christ, désignant Celui que tous acclamaient comme leur seul ^laître, ils appelèrent ses adeptes Xpiaxiavoc, les chrétiens ^.
La jeune chrétienté, cependant, ne ménageait pas à l'Eglise mère de Jérusalem les témoignages de sa charité. En 44, quand le prophète Agab eut annoncé la famine qui allait sévir dans la Ville sainte, les chrétiens d'Antioche se mirent aussitôt à recueillir des aumônes. Dix-huit mois plus tard, lorsque éclata le fléau, Saul et Barnabe, accompagnés de Tite, les portèrent à Jérusalem. C'était au lendemain du martyre de Jacques le Majeur. La terreur de la persécution pesait encore sur la ville. Pierre, revenu de Rome, s'y trouvait, avec Jean et Jacques le Mineur. Ce dernier était plus spécialement préposé au gouvernement de l'Eglise locale. Les envoyés d'Antioche remirent leurs offrandes au conseil des Anciens et profitèrent de cette occasion pour faire un exposé de la situation que la Providence leur avait faite à Antioche. Pierre, Jacques et Jean reconnurent qu'« une grâce spéciale avait été accordée à Paul pour la conversion des païens 3 », qu'il était « l'apôtre des incirconcis.
I. On montre encore, h Antioche, dans une rue, i)rès ilu temple de tous les ilioui, l'emplacement d'où saint Paul aurait proche l'Evangile à la multitude, a. Act., XI, 6.