‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 64 sur 413 · I. Ad., XIV · texte numérisé non relu

I. Ad., XIV

a . II Cor., XI, 5 ; xu, 1 1 .

trouble dans les consciences. Voici déjà, disent-ils, une grande partie des Juifs d'Antioche soulevés contre Paul et les païens convertis. Que faudrait-il pour faire renaître le calme dans les esprits ? Peu de chose. Que Pierre veuille bien vivre en juif, observer les prescriptions mosaïques. La confiance et la paix renaîtront comme par enchantement. L'apôtre des circoncis *, ému par ces raisons, se laisse fléchir. Peu à peu, pour calmer les Juifs, il cesse ses relations intimes avec les païens convertis, il mange avec ses compatriotes et suit les mênjies règles. Ebranlé à son tour, Barnabe se laisse gagner. A leur suite, un certain nombre de chrétiens se remettent à observer strictement, dans leurs repas, les règles juives. Mais Paul a \u le péril, et il croit avoir qualité pour le dénoncera Pierre lui-même. N'a-t-il pas été reconnu ofTiciellement à Jérusalem, par les apôtres, comme l'apôtre providentiel des incirconcis ? Il n'y Paul croit a pas à se le dissimuler. Par la conduite actuelle de Pierre, l'œuvre

, .°}\ que Dieu lui a confiée, à lui Paul, est menacée d'un échec complet.

lui résister ^ . . ... , . . , . .

en face. « Maintenir la circoncision, avec l'observation intégrale de la loi

qu'elle implique, c'est renoncer à l'espoir de conquérir le monde. Jamais le monde ne se fera juif. Et la question de principe est plus grave encore. Faire d'une pratique mosaïque une condition essentielle de salut, c'est nier virtuellement le caractère transitoire de l'ancienne économie, la suffisance de la rédemption, la valeur du sang et des Portée mérites du Christ, l'efficacité de la grâce ; c'est renverser le dogme du conflit. fondamental du christianisme *. » L'apôtre des Gentils montrera donc au chef de l'Eglise les effets de son excessive condescendance. C'est plus qu'un droit pour lui, c'est un devoir ; il n'y faillira pas. « Quand je vis, écrit-il, que Pierre ne marchait pas droit selon la vérité de l'Evangile, je lui dis, en présence de tous : « Si toi, qui es juif, tu vis à la manière des païens, et non selon la manière des juifs ^, pourquoi forces-tu les païens à judaïser ? Pierre se rendit à l'argument de Paul *, et le péril redouté par l'apôtre des Gentils sembla écarté *. »

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