Galal., Il, i!i
l\. « Pierre se rendit certainement aux raisons de Paul, dit justement le P. Prat. S'il s'était opiniâtre dans sa façon d'agir, toute celte atTairL-, loin d'être un argument en faveur de l'évangile de Paul, serait une objection redoutable, dont ce dernier ne pourrait évoquer le souvenir sans ruiner de fond en comble la thèse qui lui est chère. » F. Pkat, la Théologie de saint Paul, i. l, p. 74.
5. Tel est. réduit à ses justes proportions historiques, ce fameux incident d'Antiochc, dont les ennemis du Saint-Siège ont fait si grand bruit, et dont certains
LA PREMIERE EXPANSION
Mais la secte ne s'était point contentée d'agir à Antioche ; ses émissaires avaient déjà parcouru les chrétientés de Galatie, troublant les néophytes par l'assurance avec laquelle ils faisaient retentir partout leur fameuse devise : « Sans la circoncision, pas de salut. » Rien ne pouvait être plus sensible au cœur de Paul. Ces ardentes populations de Galatie avaient reçu la foi du Christ avec un empressement si enthousiaste, accueilli les apôtres avec tant de marques de filiale affection ! Le cœur de Paul se déchira ; et, de sa propre main, malgré l'infirmité douloureuse de ses yeux, il écrivit comme il put, en gros caractères ^, une lettre toute vibrante d'une émotion qu'il ne cherchait pas à contenir.
L'épître s'ouvre par un vœu de charité : « Que la grâce et la paix soient avec vous, de la part de Dieu le Père et de Notre-Seigncur Jésus-Christ, qui s'est donné lui-même pour nos péchés. » Puis, sans précautions oratoires, l'apôtre va droit au but. « Des gens sont venus semer le trouble parmi vous. Ils prétendent changer l'Evangile
L'épître
aux Galates
Résumé de l'épître.
apologistes de la papauté ont été si troublés, qu'ils ont fait tous leurs efTorts pour prouver que le Pierre dont il est ici question n'est pas le chef de l'Eglise. Est-il besoin de faire remarquer que ni l'infaillibilité doctrinale du Souverain Pontife, ni son autorité supérieure sur l'Eglise ne sauraient être mises en cause par le fait de ce différend passager ? Tout le tort de Pierre fut de se laisser circonvenir un instant par des judaisants, qui le trompèrent sur les effets de sa conduite. « L'erreur de Pierre, dit Tertullien, fut une erreur de conduite, non une erreur de doctrine. Conversalionis fuit vitiam, non prœdicationis. (Tertullien, De prœscr.. c. Sa.) Saint Pierre résidait-il alors à Antioche ? La tradition lui donne le titre d'évèque de cette ville. La ville d' Antioche a toujours honoré en lui son premier fondateur. Voir, sur ce sujet, EusÈBE. Hlst. ecclés., 1. III, ch. xxxvi, édit. Grapin, Paris, igoS, t. I, n. 338-339, ^^ Chron., 1. II, éd. Schône, Berlin, i866, p. i52. En réalité, les apôtres étaient les évèques de toutes les Eglises qu'ils avaient fondées ; leur autorité sur ces Eglises peut s'appeler un épiscopat, mais nous ne devons pas nous figurer cet épiscopat organisé comme celui de leurs successeurs. Ceux-ci, attachés à une seule Eglise et y résidant, furent seuls de vrais évèques, au sens que nous donnons à ce mot ; mais quand Pierre, chef suprême du Collège apostolique et de l'Eglise entière, arriva dans la « métropole de l'Orient », celle-ci l'acclama comme un Pasteur. « C'est là, dit Bossuet, que le nom de chrétien prit naissance... Eglise fondée par saint Barnabe et par saint Paul, mais que la dignité de Pierre oblige à la reconnaître jiour son premier Pasteur, l'histoire ecclésiastique en fait foi ; où il fallait que Pierre vînt quand elle se fut distinguée des autres par une si éclatante profession du ( hristianisme, et que sa chaire à Antioche fît une solennité dans les églises. » lîossuET, Sermon sur l'unité de l'Eglise, !'=■' point. Edit. Lebarcq, Œuvres oratoires, t. VI, p. 96.