Act. XV
4. Melchior Cano, Loc. theol., v, 4, croit que ce fut un concile provincial ; Torre- CREMATA, De Eccles., un concile diocésain ; Benoit XIV, De Synodo diœces, 1. I, c. i, n. 5, une sorte de concile. Quelques auteurs y ont vu plutôt un tribunal qu'un concile. Le Camus, II, i53.
5. Summ. theol.. Prima Secundœ, q. cm, a. 4. On voit déjà dans la première épître aux Corinthiens, vui, 4-io, que saint Paul interprète le décret avec une certaine largeur. 11 est possible même que le décret de Jérusalem, dans sa règle pratique, n'ait pas été observé partout, mais là seulement où la question de scandale se posait pour certains Juifs. Ainsi s'expliquent les nombreux textes que l'éru-
HISTOIRE OéNÉRALG DE l'ÉGLISE
Origines
des sectes
judaïsantes
delà Falestine.
Saint Luc nous raconte que la chrétienté d'Antioche reçut le décret de Jérusalem avec enthousiasme ^. Désormais le chemin de la gentilité était librement ouvert aux apôtres, et Antioche pouvait être fière d'avoir été le point de départ de ce mouvement de libre expansion.
Le parti judaïsant ne désarma pas ; mais il fut obligé de changer de tactique. Ne pouvant plus tenter de s'abriter sous une autorité hiérarchique, il se posa en secte schismatique, et se donna des chefs autonomes. Les épîtres de saint Paul, de saint Pierre, de saint Jude et de saint Jacques nous fournissent quelques renseignements précieux sur ce mouvement de révolte et de schisme. Dans son épître aux Colossiens, écrite de 58 à 63, saint Paul met en garde les fidèles k qui il s'adresse contre de fausses doctrines qui s'appuient « sur la tradition des hommes, sur les « rudiments » du monde ^ et non sur le Christ ^ ». Dans ses épîtres pastorales, il nomme quelques-uns
dition allemande a accumulés, pour mettre en doute l'authenticité du concile de Jérusalem, parce qu'on suppose qu'il n'a pas été appliqué çà et là. Voir les références de tous ces textes dans Dufourcq, l'Avenir du christianisme, t. III, p. aa. On a aussi invoqué contre l'authenticité du récit du concile fait par les Actes, que saint Paul en raconte l'histoire d'une manière différente dans son épître aux Galates, Cette seconde difficulté n'existe pas pour ceux qui admettent, comme nous, avec Lb Camus, V Œuvre des apôtres, 1906 ; Belsbr, Einteitung in das Neue Testament, 1901 ; Webeu, Die Abfassung des Galaterbriefes vor dem Apostelconzil, Ravensb, 1900; DouGLASS llooD, The date of saint Paul epistle to the Galatians, Cambridge, 1906, que l'épître aux Galates est antérieure au concile do Jérusalem et qu'elle raconte un voyage fait par saint Paul à Jérusalem en 47- Le caractère provisoire elle prompt aljandon des règles pratiques promulguées par le concile, expliquent les nombreuses variantes du décret, que l'on trouve dans les manuscrits. Les copistes, croyant roc lifier une erreur, ont adapté le texte à ce qui se pratiquait de leur temps. Les critiques, au milieu de ces divergences, ont distingué de.ux versions : la version orientale et la version occidentale ; mais ils se si'parent sur la question de savoir à laquelle a^^particiit la priorité chronologique. Quoi qu'il en soit, le fait de ces variantes ne p :!l porter aucune atteinte à l'authenticité du décret et à son intégrité subslnnlielie. Voir, sur cette question, une savante étude de Coppietkrs, dans la Revue biblique de 1907, p. 35 et s., particulièrement pour la conclusion, p. 5(>-5i. (pliant aux prétendus « Canons du concile d'Antioche » découverts en 157a parle jésuite I*'r. Torrès, il est aujourd'hui démontré qu'ils sont apocryphes ; ils ont dû êtio fabriqués à Antioche vers 36o. Voir Lej.vy, le Concile apostolique d'Antioche, dans la Revue du clergé français du i5 octobre igoS. Les questions critiques qui se ra|iportont au concile de Jérusalem ont été résumées dans une étude de Dom Lcclcrcq, IIkkele-Leci.khcq, Histoire des Conciles, t. I, a' partie, Paris, 1907, p. 1070-1087.