Gai., VI, i5-i
a. Pour une étude détaillée des rapports de l'Eglise chrétienne avec le judaïsme cl pour l'histoire de son affranchissement progressif, voir Batifpol, VEijlise naissante, p. 1-C8.
3. Bestmanx, Geschichte der Chrislîichen Stlte, II'Tueil., p. i36 i53.
4. La Dida'hè, très répandue parmi les chrétiens jusqu'à la chute de l'enipira romain, puis perdue, a été retrouvée à Constantinople par l^hilothée Brvoanios.qui en a publié le texte en i883. M. Jacquier en a donné, en 1891, une édition accompagnée de traduction et de commenlaiVes, i vol. in-8", Paris, 1891. Cf. IIbuubr. la Doctrine des douze apôtres, dans la Revue d'hist. et de litt, rel., t. \1I, 1907. p. 193 et s.
5. On no traduit pas ces termes grec», parce que Vepiacopos n'est pas nécessairement le personnage que nous appelons éveque et le oresbuteros pc"' ^'r*' l'évt^que. Nous avons vu plus haut que tous Im presbuteroi ^t'itoiiI paît au concile du Jérusa-
LA PREMIÈRE EXPANSION 87
Il importe d'abord de distinguer de tous, les apôtres proprement dits, ou les Douze. Ceux-ci exercent sur les Eglises un double rôle : celui de fondateurs de l'Eglise et celui de pasteurs. Gomme fondateurs de l'Eglise, sous la dépendance de Jésus-Christ et de TEsprit-Saint, ils sont investis de prérogatives spéciales, dont les principales sont l'infaillibilité doctrinale, l'universalité de juridiction et la possibilité de recevoir une révélation divine pour la direction de l'Eglise universelle. Nous verrons, en effet, l'Eglise invoquer comme critère dirimant des controverses l'autorité des apôtres. Aucune circonscription territoriale ne limite leurs pouvoirs. S'ils éprouvent le besoin de se concerter, comme au concile de Jérusalem, ou si saint Paul déclare ne vouloir pas bâtir sur les fondements d'autrui, dans son épitre aux Romains ^, c'est par un esprit de discrétion et de prudence ou par une dépendance intime du Saint-Esprit 2. Ces privilèges extraordinaires disparaîtront avec les personnes des douze apôtres. Nul ne pourra plus les invoquer que le Pontife romain, et l'ère de la révélation publique sera close à la mort du dernier d'entre eux. Quant à l'autorité enseignante et disciplinaire qu'ils exercent comme pasteurs, elle durera jusqu'à la fin du monde et se transmettra par voie de perpétuelle succession.
Mais le nom d'apôtres est aussi donné, même dans les écrits du Nouveau Testament, à d'autres personnages qu'aux Douze. Barnabe est appelé apôtre ^, ainsi qu'Andronicus et Junias ^, et saint Paul dit que Jésus-Christ, après avoir apparu à Pierre et aux Onze, apparut à plus de cinq cents frères, puis à Jacques et enfin à tous les apôtres^.
Lorsque la Didachè parle simplement des apôtres, sans spécifier qu'il s'agit des Douze, elle entend parler de ministres envoyés en mission. L'apôtre, c'est a l'envoyé du Seigneur ». L'apôtre en mission ne doit s'arrêter qu'un jour, ou deux au plus, s'il y a néces-
Les douze
apôtres,
ou apôtres
proprement
dits.
Leurs pouvoirs.
Les apôtres improprement
dits ou missionnaires.
lem, et les Actes des apôtres, en racontant les adieux de saint Paul aux pasteurs de l'Eglise d'Ephèse, les appellent tantôt des presbuteroi, et tantôt des episcopoi, Actes IX, 17-28. (( Eosdem, dit saint Jérôme, episcopos illo tempore quos et presbyteros appellabant. » Pat. Lut., t. XXVI, col. 502.