I. D(d., XIV, 1-3 ; XV, I
a. Dom Gagi.n, op. cit., p. 355.
3. Cf. Dict. de théol. de \ acant-Mangenot, t. V, au mot Eucharistie, t. V, col. I ia6. On ne comprend pas comment Rausciie>-, VEucharistie et la pénitence, trad Decker et Ricard, Paris, igio, p. 3, a pu dire que c'est à peine si on peut faire a|)|)el à la Didachè en faveur de la présence réelle; sans doute, si ce texte était isolé, il resterait obscur; mais rapproché de tant d'autres textes apostoliques, patristiques et archéologiques, son interprétation ne peut faire de doute.
A. Les formules de prière qui sont donfiées par la Didachè ne sont, du reste, que des indications. On sait que dans les premiers temps, le célébrant lui-même improvisait sur un thème donné. Cette pratique a duré certainement jusqu'au ive et même jusqu'au y<= siècle. Voir Dom Cagin, Te Deum ou Illatio, p. 34a et s. Dom SouBEN, le Canon primitif de la messe, Lille, 1909, p. la.
du secret.
q6 histoire générale de l'église
1;\ une des circonstances où l'on s'explique le mieux la naissance spontanée de celte « loi du secret », qui ne reposait pas sans doute sur un texte écrit, mais sur un usage équivalent à une loi, et dont il est impossible de méconnaître la profonde raison d'être. « La manière de rapporter les prières eucharistiques dans la Didachè, écrit J.-B. de Rossi, c'est-à-dire en supprimant les formules les plus étroitement liées aux mystères, convient bien à la discipline appelée du secret *. »
La morale Des raisons analogues expliquent la forme que prend l'exposé de
individuelle, j^ doctrine morale dans la Didachè.
On y a vu des traces de montanisme et d'encratisme ^ ; un examen sans parti pris n'y trouve qu'un ascétisme austère, que justifie la nécessité de prémunir les fidèles contre les infdtrations du paganisme environnant. « Tu ne forniqueras pas, tu ne te livreras pas à la magie, tu ne prépareras point de philtres, tu ne tueras pas l'enfant dans le sein de sa mère ni après sa naissance^... Ne sois pas augure ; c'est le chemin de l'idolâtrie. Ne sois ni enchanteur, ni astrologue, ni purificateur ; garde-toi même de regarder ces choses, car d'elles toutes prend naissance l'idolâtrie*. » De tels préceptes évoquent tout ce monde païen, où la volupté, la cruauté et la superstition régnent presque sans frein, aiTrontent à chaque instant le regard 5. « Aie les mains largement ouvertes ^... car le Père veut que, de ses dons, il soit fait une part à tous'^... Veille cependant à ce que celui que tu soutiens de tes aumônes ne devienne pas un chrétien oisif®... S'il a un métier, qu'il travaille ^... S'il ne veut pas agir de la sorte, c'est un homme qui trafique du Christ : garde-toi de ces gens-là ^^. » Par
I. G DE Rossi, Bo//e<t£;io di archeol. crist , i886, p. a3. a. Hérésies du iic siècle, dont il sera parlé plus loin. 3. Did., u, a.