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Ad., II

LA PREMIERE EXPANSION

Les juiverie»

de Rome.

leur pays, racontèrent, sans doute, les prodiges dont ils avaient été les

témoins, et ceux de leurs compatriotes qui firent, les années suivantes,

le même pèlerinage à Jérusalem, ne purent que confirmer ce que les

premiers convertis avaient dit de la religion nouvelle. Il est de toute

vraisemblance que quelques-uns de ces derniers se convertirent aussi

et convertirent peut-être à leur tour quelques Juifs de Rome. En tout

cas, dans les quartiers juifs de la porte Capène, du Champ de Mars,

du Transtévère et de la Subure, où les fils d'Israël, étroitement unis

entre eux, exerçaient les professions les plus diverses, savetiers, petits

revendeurs d'objets à l'usage du peuple, ou grands commerçants

dont l'aristocratie fréquentait les riches boutiques*, on dut s'entretenir

du prophète de Galilée, de sa mort, de sa résurrection et des étranges

événements accomplis au jour de la Pentecôte.

C'est dans un des quartiers pauvres habités par les Juifs que se

fixa l'apôtre °. N'ayant ni science, ni dignité, ni rang social élevé, il

ne fut point sans doute convié à parler dans les synagogues, comme

plus tard saint Paul, à qui son titre de scribe valut cet honneur. Le

premier représentant de Jésus-Christ dut conquérir les âmes une à Les premières

une dans des entretiens familiers, témoignant à tous « cette bonté Pj® ^.^ '*'"*

' o de Pierre.

compatissante, cette amitié de frère, cette indulgente charité accompagnée d'humilité et de douceur ^ », qu'il devait recommander . plus tard à ses disciples. Ses premières conquêtes se firent parmi ces pauvres et ces humbles. C'est pourquoi les philosophes de ce temps n'y virent qu' « un ramas d'esclaves, de vils artisans et de vieilles femmes * » .

Autour des Juifs se groupaient à Rome tout un peuple d'Orientaux, Syriens, Egyptiens, habitants de l'extrême Asie, que la communauté de race et de traditions rapprochait. Chez tous, l'espérance messianique, plus ou moins déformée, était vivace. « Dans tout l'Orient, dit Suétone, c'était une antique et ferme croyance que l'empire du monde appartiendrait vers ce temps à un homme parti de Judée ^. » Quelques-uns de ces hommes durent prêter l'oreille aux entretiens de Pierre.

I, Martial, H, 17 ; V, a3 ; VL 66 ; IX, 60 ; X, 87, etc.

3. Probablement dans une des ruelles où s'entassaient les Juifs du Transtévère et de la Porte Capène. P^ouard, Saint Pierre, ch. iviii, p. 46i.

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