‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 94 sur 413 · Suétone, Vespasianus, IV; Tacite, Hisl., V, i · texte numérisé non relu

Suétone, Vespasianus, IV; Tacite, Hisl., V, i

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II éTangéliso

les pauvres

et les esclaves.

Le christianisme fait quelques conquêtes dans les hautes classes.

Dans le monde romain lui-même, les pauvres au moins écoutèrent avec ravissement les paroles de paix, de pureté et de délivrance que leur adressa l'apôtre. De ce nombre furent les esclaves, cea hommes sans droits, sans défense et sans dignité, que le droit civil de Rome traitait comme des choses. On entend comme un écho de la voix de l'apôtre dans ce passage de l'épître qu'il devait écrire bientôt à leur adresse : « Serviteurs, soyez soumis à vos maîtres avec toute sorte de respect, non seulement à ceux qui sont bons et doux, mais aussi à ceux qui sont rudes et fâcheux ; car c'est une grâce d'endurer, en vue de plaire à Dieu, des peines qu'on nous fait souffrir injustement. Quelle gloire y a-t-il si, souffletés pour avoir mal fait, vous l'endurez ? Mais si, faisant le bien, vous souffrez, et que vous l'enduriez, cela est digne de louange devant Dieu ; car c'est à quoi vous avez été appelés, puisque le Christ aussi a souffert pour vous, afin que vous suiviez ses traces... Par ses meurtrissures et ses plaies, vous avez été guéris. * » Ces pauvres esclaves étaient, en effet, de ceux à qui Pierre adressait ces étonnantes paroles : « Vous êtes une race élue, des prêtres rois, une nation sainte, un peuple que Dieu a fait sien, pour que vous annonciez les grandeurs de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière -. »

Peu à peu vinrent se ranger autour de l'ppôtre, à côté des pauvres et des esclaves, ua certain nombre de femmes païennes de condition moins humble. Ce furent penl-être quelques-unes de ces matrones que le poète latin nous montre, venant, comme affamées de purification morale, demander au culte d'Isis des ablutions multipliées et des pénitences sans fin, se plongeant trois fois chaque matin dans les eaux froides du Tibre, et se traînant autour du Champ de Mars sur leurs genoux ensanglantés ^.

Le christianisme montait peu à peu des bas fonds de la société, vers les hautes classes. Tacite raconte que, vers l'an 43, une matrone du plus haut rang, Pomponia Grœcina, quitta le monde, à la suite du meurtre de son amie Julie, fille de Drusus, victime des intrigues deMessaline. « Elle vécut longtemps, dit Tacite, toujours dans la tristesse. Pendant quarante ans, elle ne porta que des habits de deuil *. » La singularité de cette existence finit par éveiller des

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