NN
ET
RE SERRE DUT nee ns CR 2 ee nee ue os à ju + à
es ans en para P
SRG à Pepe ee CORRE € LS
232 HISTOIRE GÉNÉRALE (An 413]
Le trente-troisième chapitre de ce traité mérite une attention toute particulière, pour la manière dont il établit tout à la fois, non-seulement la volonté sincère qu'a le Seigneur de sauver tous les hommes, et par conséquent la grâce suflisante, puisque tous ne se sauvent pas, mais encore la puissance de Dieu, et l'accord de !a liberté avec cette puissance ou avec la grâce. S. Augustin avait déjà dit précédemment que le Seigneur, en donnant le pouvoir de bien faire, n'en impose pas la nécessité. 11 ajoute ici, que le libre arbitre est cette force intermédiaire qui peut être déterininée pour le parti de la foi, ou pour celui de l'infidélité, sans qu'on en puisse inférer que l’homme a la volonté de croire, à inoins qu'il ne l’ait reçue de Dieu surnaturellement : car, quoiqu'elle procède du libre arbitre que nous tenons naturellement du Créateur, il faut que ce libre arbitre soit excité par une vocation surnaturelle, ou par la grâce. Le Seigneur, qui veut sans contredit que tous les hommes soient sauvés, ne leur ôte pas pour cela le libre arbitre, sur l'usage duquel ils seront très-justement jugés. Mais quand ils en font un mauvais usage, ils agissent contre sa volonté, sans toutefois la vaincre; puisqu ils éprouveront dans les supplices la puissance de celui dont ils ont méprisé la miséricorde ou les dons. Ainsi la volonté de Dieu, conclut-il, n’est jamais vaincue. Elle ne pourrait l'être, que s’il ne trouvait pas moyen de punir ceux qui la méprisent. Ainsi encore maintenons-nous tout à la fois, ct le libre arbitre, et tous les sujets qu'a notre âme de bénir le Seigneur, en reconnaissance de ses dons.
Ces derniers traits sont si concluans, que ceux dont ils combattent la doctrine n'ont point trouvé d'autre ressource, pour y répondre, que de les donner pour une objection faite aux Pélagiens par le saint docteur ; tandis que c'est sa réponse même à leur objection. S'il ajoute que cette réponse ne satisfera peut-être qu'imparfaitement , il en rejette la cause sur l'obscurité du mystère de la prédestination, ou sur la question suivante, qui demeure toujours impénétrable : Pourquoi Dieu, voulant le salut de tous les hommes, ne les appelle-t-il pas d'une vocatioh à laquelle ils consentent ? |
Le défenseur de la grâce avertit enfin de ne point attribuer à Dieu le péché, comme on lui attribue la volonté de croire et de bien faire ; quoique l’un et l’autre tirent leur existence du libre arbitre qu'il nous a donné en nous créant. Si on rapporte à Dieu -a bonne volonté, ce n’est pas seulement à cause du libre arbitre, qui est un apanage naturel de notre création; mais parce que le Seigneur nous fait vouloir par des secours, tant intérieurs qu'extérieurs, qu'il n'est pas en notre pouvoir de nous procurer, quoiqu'il dépende de nous d'y acquiescer ou d'y 1ésister : ou, pour ,
n 413) ntion fois, r tous > tous ccord gustin > pou- 1, que terini- , sans ire , à quoilement > VOCAit sans \s pour tement contre nt dans misérir'est jamoyen ns-nous tre âme
ls compour y x Péla-
ême à eut-être Lu mysqui dee salut h à la-
ibuer à e et de Ju libre + à Dieu arbitre,
que le s qu'exr, quoi-
» pour .
tan 41%] DE L'ÉGLISE. — LIV, XII, 233 rendre encore plus littéralement les expresèions originales, parce qu'il n’est au pouvoir de personne de se procurer ce qui lui vient de salutaire à l'esprit; mais qu'il n'en dépend pas moins de la propre volonté, de donner ou de refuser son consentement. C'est ainsi que le docteur de la grâce en soutient partout les droits, sans jamais préjudicier à ceux du libre arbitre,
Etant allé à Carthage, l'évêque Aurèle, suivant la coutume observée entre les évêques à l'égard des prélats étrangers, pria cet hôte respectable de faire l'office et l'instruction. Il le prévint sans doute que les ennemis de la grâce, quoique plus réservés depuis le dernier concile, continuaient à tromper les simples par le moyen de leurs perfides équivoques". Le saint docteur parla avec une éloquence extraordinaire, et prouva le péché originel par les principes mêmes des Pélagiens qui refusaient le royaume des cieux aux enfans morts sans baptême. «Cette privation, disait-il, de quelque manière qu'ils l’expliquent, est toujours une peine : or, comment une personne en qui il ne se trouverait aucun péché, pourraitelle subir justement une peine, quelle qu'elle fût?» L'orateur poussa vivement cette difficulté, il fut très-véhément dans toute la suite de son discours, et les hérétiques pressentirent tout ce qu'ils avaient à craindre de lui. Pélage appréciait assez bien ses forces et celles de ses ennemis. En reconnaissant combien Augustin le surpassait en doctrine, il sentait combien il avait lui-même de talent pour insinuer ses erreurs et pour séduire. Il concut le dessein de gagner l'adversaire qu'il désespérait de vaincre. D'abord il tenta de le prévenir favorablement par le moyen de la flatterie et des louanges. Il lui écrivit d’un style à éblouir tout homme qui eût eu moins d’humilité que de science. Le modeste et profond docteur lui répondit froidement, quoiqu'avec beaucoup d'égards, qu'il était reconnaissant des marques gratuites de son estime, mais qu’il le conjurait de prier qu'il devint, par la grâce divine, tel qu'il le peignait, plutôt que de continuer à le peindre tout autre qu'il n'était.
L'hérésiarque, qui ne se déclarait pas ouvertement, continuait de passer pour orthodoxe dans l'esprit de la multitude abusée par ses expressions artificieuses, et plus encore par sa manière de proposer l'erreur en forme de question ; stratagème concerté entre lui et ses disciples, et principalement avec son fidèle Célestius. C'est ainsi qu'il avait déjà procédé dans ses commentaires sur les Epîtres de S. Paul. Bientôt la Providence fournit une occasion éclatante de dévoiler l'imposture.
! Scrm. 294
CRTERERS RO OR RSSESSS =
234 NMISTOIRE GÉNÉRALE [An 413
Démétriade, de l’illustre maison des Aniciens, s'étant retirée en Afrique avec ses proches, pour se dérober à la fureur des Goths qui ravageaient l'Italie, fut si touchée de ce qu'elle avait entendu dire à S. Augustin sur la virginité chrétienne, qu'elle résolut de l'embrasser. Elle tint cependant sa résolution fort secrète, Dans le faste et les délices, au milieu des troupes d'eunuques et d'esclaves de l’un et de l'autre sexe qui la servaient, elle s'habitua à pratiquer les jeûnes et les abstinences monastiques, à porter des habits rudes et grossiers, le cilice même, et à coucher sur la terre; avec le moins d'éclat cependant qu'il Lui fut possible, et n'ayant pour confidentes que quelques vierges entre ses vertueuses domestiques. Son plus grand embarras, c'était de faire agréer son dessein à sa mère Julienne, et à Proba son aïeule paternelle. Elle était bien éloignée de penser que les vœux de ces illustres romaines, encore plus distinguées par leur religion que par leur naissance, fussent d'accord avec les siens, et les apparences étaient en effet toutes contraires. Cette mére et cette aïeule respectables ne semblaient rien avoir plus à cœur que le mariage de Démétriade; mais elles n'agissaient ainsi, que pour mettre à couvert les mœurs d'une jeune personne de qui elles n'osaient exiger une plus haute perfection. Cependant l'ignorance mutuelle de ce qui se passait dans ces âmes généreuses, toutes également zélées pour la chasteté parfaite, amena le mariage presque au moment de sa célébration. Déjà le jour était pris, dejà l'on préparait la chambre nuptiale, et la timide Démétriade se trouvait dans la plus étrange inquiétude. Elle prit son parti durant la nuit, animée par le souvenir d'une infinité de vierges courageuses. Le matin, rejetant toutes ses pierreries et ses parures ardinairés, couverte d une vile tunique et d'un gros manteau, elle alla se jeter aux pieds de son aïeule, à qui elle ne s'explique que par ses larmes. Proba, et Ju- Henpe. qui survint, concevaient à peine ce qu'elles voyaient, et ne savaient à quel motif l'attribuer, ni à quoi se résoudre, Mais quand elles se furent assurées de la pureté des intentions de Démétriade et de la maturité de sa résolution, elles applaudirent à sa piété en l'embrassant avec tendresse, et en mélant leurs larmes aux siennes. Toute cette auguste maison prit part à la joie d'une nouvelle si digne d'intéresser des âmes romaines, dont l'héroisme s'était tourné tout entier du côté de la religion",
Plusieurs domestiques et plusieurs amies de Démétriade suivirent son exemple. Toutes les églises d'Afrique s'en tinrent ho-
0 “ norées ; celles d'Italie furent consolées däns la triste situation où
* Hler. Epist. 8 ad Demetr.
comi mœu l'état la pi veni qu'il
pour leque lorsq cœur Pour
‘Hi
in 413 rée en Goths tendu lut de Dans t d'esitua à er des terre; ayant es doer son e. Elle 'omair naisétaient ctables Deéméert les 1e plus qui se s pour t de sa ambre itrange le souejetant ne vile de son et Juent, et e. Mais de Déirent à larmes e d'uné roisme
de suint hoion où
(Au 413) DE L'ÉGLISE, — LIV, XI, 235 elles se trouvaient, et la renommée en passa jusqu'en Orient, Proba et Julienne ne diminuèrent rien de la dot de leur fille, et donnèrent à son Epoux céleste, dans ses membres qui sont les pauvres, tout ce qu'elles avaient destiné pour le mariage, Enfin elle reçut le voile des mains de l'évêque, avec de grandes solennités ",
Le saint pape Innocent et tous les personnages les plus distingués par leur piété et leur éloquence, consacrèrent dans leurs écrits le souvenir d'un événement si glorieux à la religion. Le saint prêtre Jérôme, à la prière qu'on lui en fit, recueillit dans une grande lettre adressée à Démétriade, les différens devoirs d'une vierge chrétienne, et il interrompit pour cela son Commentaire sur le prophète Ezéchiel, qu'il était près d'achever. Il ne manqua point de la prémunir contre les périls en matière de foi, bien instruit de tout ce que les personnes de ce rang et de cette ferveur, surtout parmi les femmes, ont à craindre des assiduités et du zèle intéressé des novateurs. La règle capitale qu'il lui prescrit dans cette occasion, et à laquelle il subordonne toutes les autrès, c'est de professer invariablement la foi du saint pontife Innocent.
Pélage, qui était alors en Palestine, et plus jaloux que jamais de figurer entre les hommes renommés pour la doctrine et la piété, ecrivit de son côté à Démétriade une très-longue lettre, ou plutôt un livre, que la mère de Ja sainte, à ce qu'il prétendit, l'avait engagé à composer”, Ce fut un des premiers ouvrages où il fit éclater son hérésie de manière à ne pouvoir plus se justifier, quoiqu'il y eût prodigué, avec les fleurs de l'élocution, tous les raffinemens de la subtilité, de l’équivoque, et tout le fard de l’imposture.
Après un exorde des plus imsinuans et des plus flatteurs, voiei comme il entre en matière : « Toutes les fois que j'ai à traiter des mœurs et de la perfection chrétienne, je commence par présenter l'état des forces de la nature, afin d'encourager mon auditeur à la pratique du bien. Comment en effet nous engagerions-nous dans la carrière des vertus, si nous n'avions l'espérance de parvenir au terme ? Cette méthode est d'autant plus convenable, qu'il s’agit de former une personne plus parfaite. Posons donc pour premier fondement de la vie spirituelle, le fond même sur lequel il faut travailler, et les forces dont on ne fait usage que lorsqu'on s'en croit pourvu. La meilleure facon d'encourager le cœur humain, c'est de lui apprendre qu'il peut ce qu'il désire, Pour faire accomplir tout le bien qui est au pouvoir de la nature,
! Hier. Epist. 8 ad Demetr. c. 4. — ? Ap. Aug. Ep. 17; Hier. Ep. {.
a36 HISTOIRE GÉNÉRALE (än 4v4] il faut lui montrer que ce bien est effectivement en son pouvoir, Sur le champ de bataille, la harangue la plus efficace, c’est de représenter aux combattans leurs forces et les succès de leur valeur. »
Cette morale était trop contraire à tous les principés des Pères de la vie spirituelle et chrétienne, qui ne portent que sur la défiance de soi-même et le recours à la grâce divine, pour ne point exciter le trouble et le scandale. Depuis que Pélage eut ainsi levé le masque, la perversité de ses desseins ne fut plus un problème, Dans Ja suite de son livre, il donnait pour preuve du pouvoir de la nature et du libre arbitre, tant l'exemple des philosophes païens, qui sans connaître Dieu, disait-il, ont fait mille chosés très-agréables à Dieu, que celui des patriarches qui, avec le secours de la loi seule, ou, comme Job, dépourvus de ce secours, n’ont pas laissé que de faire admirer les richesses cachées de la nature, et qui ont montré dans l'héroïsme de leurs vertus ce que nous pouvons tous. Mais ce qui dévoile encore mieux la doctrine superbe de Pélage, c’est ce qu'il dit à Démétriade » après une multitude d'excellentes maximes pour Ja conduite d’une vierge : « Voilà de quoi vou: faire justement préférer à vos semblables. Votre noblesse et votre grandeur temporelle proviennent de votre famille, et non de votre personne; mais il n’y a que vous personnellement qui puissiez vous donner les richesses spirituelles. C’est donc en ce point que vous êtes uniquement et incomparablement estimable, savoir, en ce qui ne peut être que de vous et qui fait partie de vous. » C'était là comme l'abrégé et la quintessence de toute la doctrine pélagienne, qui dans son principe ne différait pas de la philosophie des stoïciens, et qui anéantissait pareillement toute la vertu de la rédemption. Ainsi le plus éloquent des philosophes avait dit, au milieu de Rome idolâtre, que personne ne rendait grâces aux dieux de ce qu'il était homme de bien; qu'on les remerciait des richesses, des honneurs, de la santé, et non pas de ce qu'on était juste, sage, tempérant. Pélage usait néanmoins du mot de grâce en quelques endroits de sa lettre; mais c'était dans son langage un terme générique, qui ne signifiait que des sécours extérieurs pour la pratique plus facile de la vertu, et tels que la loi ancienne, les instructions évangéliques, les exemples et les leçons du Sauveur.
S. Augustin, avec toute sa modération, ne put enfin se taire sur des procédés si révoltans de la part des novateurs. « Ils vont trop loin, dit-il en prêchant quelque temps après" ; il u'est plus possible de les tolérer; ils poussent à bout la patience del Église. On doit supporter ceux qui se trompent en des questions qui ne
9 Serm, 294.
La 44] uvoir, repréeur. »
y Pères la dépoint levé le >, Dans nature ui sans Dieu, le, ou, le faire ré dans ce qui ce qu'il es pour nt prétempoe; mais " les riinique- 1e peut me l'a- ,etqui Ainsi le e idoil était neurs, pérant.
oits de e, qui e plus ctions
se taire ls vont st plus Église.
qui ne
[An 415] DE L'ÉGLISE. — LIV. XI! 237 sont pas encore éclaircies, mais non ceux qui veulent ébranler les fondemens mêmes du christianisme. Ne leur ôtons pas cependant tous les moyens de se rapprocher; tâchons qu'ils ne nous appellent point hérétiques, et ne leur donnons pas encore ce nom, quoiqu'ils le méritent. »
Pélage n’en sema ses erreurs qu'avec plis de témérité, La portion la plus précieuse du troupeau dé Jésus-Cnrist, les personnes qui se consacraient à une plus haute perfection, étaient celles à qui s’attachait principalement cet habile imposteur. Après ses vaines tentatives à l’égrsd de Démétriade, il réussit mieux d'abord auprès de deux jeunes hommes d’une piété exemplaire, nommés Jacques et Timase. Il gagna leur confiance, leur fit quitter le monde pour la vie monastique, et leur donna du goût pour ses subtilités impies. Leur simplicité et leur jeunesse ne voyaient rien moins qu'un corrupteur dans le zélateur apparent de leur perfection, Mais le Seigneur eut pitié de leur inexpérience, et leur ménagea, dans les lumières d’Augustin, un secours proportionné à la grandeur du danger qu'ils couraient. Ils furent si touchés de ses enseignemens, et concurent tant d'horreur des opinions dont on avait commencé à les infecter, qu'ils lui remirent un livre de Pélage, intitulé de la Nature, et qui, sous ombre de défendre l'ouvrage du Créateur, anéantissait la grâce du Rédempteur,
Quoique l’hérésiarque excellât à exprimer habilement l'erreur par des facons de parler orthodoxes en apparence, la sagacité d'Augüstin découvrit l'hérésie à travers tous les voiles dont on avait pris soin de l'envelopper; mais, prévoyant que le vulgaire n'aurait pas la même pénétration, il jugea qu'il était absolument nécessaire de la démasquer : dans cette vue, il composa son livre de la Nature et de la Grâce, et l’adressa aux deux jeunes hommes dont il se proposait directement l'instruction. Il y traite à fond de la corruption de la nature par le premier péché, «t du besoin d'une grâce médicinale pour sa guérison. « Autrement, dit-il, Jésus- Christ serait mort en vain, ce qui est un horrible blasphème : ainsi la nature n'est pas dans unétat d'intégrité ou de santé parfaite; elle ne peut, par ses propres forces, accomplir la loi, bien moins encore la perfection de la justice, ni conséquemment s'établir dans l'état d'impeccabilité et d'affranchissement des passions, que les philosophes stoïciens nommaient apathie, et que l'orgueil pélagien, peu différent du leur, soutient avec impudence. » C'est dans cet ouvrage que le saint docteur dit expressément que, quand il s'agit du péché, il ne veut point qu'on mette en question si La vierge Mere en a été exempte ‘. Après avoir examiné, sous le règne des trois
! Cap. 38.
238 HISTOIRE GÉNÉRALE [An 415] lois divines, savoir, la loi non écrite, lu loi de Moyse et la loi de grâce, s'il y a eu des hommes qui aient vécu sans tache il conclut pour la négative; et dans tout le genre humain il n’excepte, pour l'honneur du Rédempteur, que sa sainte Mére. Le motif qu'il en donne et les termes qu’il emploie enchérissent beaucoup sur l’assertion même, Ce docteur si réservé, qui ne trouve de titres à aucune créature pour prétendre aux faveurs célestes, assure, dans un ouvage dogmatique où il ne s'agissait pas de faire l'éloge de Marie, que par la plénitude de la grâce qui lui a fait mériter de concevoir et d’enfanter celui qui est indubitablement sans tache, elle a triomphé de la tyrannie du péché, sans nulle exception,
Quoique déjà Pélage méritât si peu d'être ménagé, son charitable adversaire ne le nomma point encore dans cette réfutation. Il évita en toute manière de lui aigrir l'esprit, et s'autorisa, pour travailler à sa correction, du nom d'ami que l'hérésiarque lui avait donné; lui témoigna que sa personne lui était toujours chère, et qu'il était ravi de pouvoir encore épargner son honneur, quand l'intérêt de l'Eglise ne lui permettait plus d'épargner sa doctrine. Mais l'événement convainquit le saint qu'on ne gagne pas les orgueilleux en leur épargnant l’humiliation. La modestie d'Augustin augmenta la présomption de Pélage, qui prit les ménagemens de la charité pour des.effets de la crainte. En lisant néanmoins l’ouvrage où il était réfuté , il ne se sentit pas en état d'y répliquer, et comme on ne |: nommait pas, il se contenta de répondre, qu’entre les ouvrages que l’on censuirait, les uns n'étaient pas de lui, les autres lui avaient été enlevés et publiés sans son aveu, avant qu'il en eût fait la correction.
S. Jérôme, en Orient, usa de la même réserve que l'évêque d'Hippone. Dans sa lettre à Ctésiphon, qui l'avait consulté sur ces nouveautés déjà fort accréditées parmi les Orientaux , Jérôme les réfute avec sa force et son érudition ordinaires, mais s& 1s nommer les chefs de la secte; il en attribue la première origine aux philosophes pythagoriciens et stoïciens, qui s'arrogeaient l'orgueilleux pouvoir, non-seulement de réprimer, mais d'éteindre absolument les passions. Il accuse les sectaires d’avoir réchauffé cette erreur, d'après les Origénistes et les disciples de Jovinien; et en remontant plus haut, d’après les Manichéens, qui exemptaient de tout péché ceux qu'ils appelaient leurs élus ou leurs parfaits. Pour satisfaire aux instantes prières des fidèles zélés, il composa quelque temps après un dialogue entre un catholique et un pélagien, où il nous apprend, en passant, que les ecclésiastiques portaient des habits blancs dans la célébration du saint sacrifice; et comme il l'avait promis, il y réfute plus au long qu'auparavant les erreurs
in 415] loi de nclut , pour il en ur l’ass à au- , dans ge de ter de tache, on,
aritaion, Il ur tra- | avait ère , et quand ctrine.
les orgustin ens de s l’ou- 1er , et qu'enui, les
t qu'il
vêque ur ces ne les mmer hiloilleux iment reur, mon-
tout r 5aelque où il >s ha-
ie il reurs
[An 415] DE L'ÉGLISE. — LIV, XII, 4339 de Pélage touchant l'impeccabilité et les forces du libre arbitre‘. Il emploie les mêmes moyens que S. Augustin, qu'il cite avec une estime et une simplicité bien capables de faire sentir qu’alors au moins il n'avait rien dans l'âme de l’aigreur ou de la hauteur apparente avec laquelle il avait semblé le traiter autrefois. Il l'appelle au contraire un éloquent et un saint évêque qui a épuisé la matière. « En sorte, ajoute-t-il, que je me sens peu de goût pour un travail qui ne comporte plus que des répétitions inutiles. Que si je voulais donner du nouveau, je ne dirais que des choses faibles ; parce que cet excellent esprit a saisi les meilleures. » Le docte et saint solitaire avait alors quatre- vingt-sept ans, et il approchait du terme où les saints mêmes s’observent plus scrupuleusement que jamais. Il s'en faut bien qu'il parle aussi honorablement du concile qui se tint à Diospolis en Palestine, sur la fin de cette année 415. Toutefois les Pères de ce concile n'étaient pas infectés de la doctrine des novateurs, qui y fut sincèrement rejetée ; mais Pélage y fut absous et maintenu dans la communion ecclésiastique, parce qu'il y condamna de bouche ses maximes. Outre la difficulté générale de saisir le vrai sens de ses perpétuelles équivoques, les pères de Diospol's, ::: grecs ou syriens, n’entendaient qu'imparfaitement l’extt :: ‘::in de ses œuvres, produit par ses accusateurs; et ceux-ci se trouvant absens, il donna sans gêne les explications qui lui étaient favorables *.
C'étaient deux évêques de Gaule, Eros d'Arles, et Lazare d'Aix, l'un et l'autre chassés de leurs siéges. Le pape Zozime en parle fort mal; mais S. Augustin les dorine partout pour de grands hommes de bien. S. Prosper, en nous apprenant qu'Eros avait été disciple de S, Martin, le qualifie même d homme vénérable pour sa sainteté.
Des jugemens si différens rendent ce point de fait fort difficile à pénétrer, Il parait néanmoins qu'on peut les concilier, par la diversité des temps et des affaires où ces deux évêques se trouvèrent impliqués. Eros, à ce qu'on assure, avait usurpé le siége d'Arles par la protection du tyran Constantin, révolté contre l'empereur Honorius. Lazare, condamné comme calomniateur dans un concile tenu à Turin, ne fut ordonné pour le siége d'Aix que par la faiblesse de Procule de Marseille, qui n'osa vraisemblablement s'opposer aux volontés du même tyran. Des hommes parvenus de la sorte à l'épiscopat ne pouvaient guère mériter l'affection ni la confiance du premier pasteur qui a la sollicitude de toutes les églises : ce qui n'empêche pas que celui qui sait tirer le bien du mal, ne les ait employés utilement contre les nouveautés hérétiques,
Lib, 1 ad tit. 75, — * Aug. de Gest. Pel.
240 HISTOIRE GÉNÉRALE : AM ut Lorsque, sortis des Gaules où ils étaient € | étrangers, et que,yréfu giés ensemble dans là Plestine, ils euren fait oublier. Lu mières fautés par leur zèle CET te pélagianieme, $. su €
révénus ên faveu e S. Augustin, prévenus r de tous ceux quil lé co comb n] si
purent prendre et dénnér une idée plus avantageuse d de es, C deux évêques. ‘ 4 + nm 14» » 5 lo *] EN Quoi qui Al'en'soït du fônd'de leurs cœurs et pis as dE de intentions, qu'il convie ‘Surtout ici de laisser, au jugè Dieu, ils né purent sè rèndre au concile pour ne
parce que l'un d'eux fut diteint d'une maladié da
9 SYTOT
ture. Toute là suite des affaires prit un cours d' FL
que le président de l’assémblée se trouvait déjà saisi Li pur c'està-dire, de la dénonciation par écrit, daus laquelle l on'avait recueilli les erreurs parsemées dans les livres dd Pélage et de quelques-uns de ses disciples, avec les articles particuliers sur lesquels Célestius avait été condamné au concile dé Carthage. Il paraît que 1 les pères de Diospolis se bornèrent, ou du moins mirent leur principale : attention, à examiner l'accusation intentée par Eros et Lazare. Les évêques s'assemblèrént au noibre de quatorze, des siéges c cifconvoisins, On remarque principalement Jean de JAN avec Euloge, qui présida, et que l'on croit avoir été inétropolitain de la Palestine ou évêque de Césarée.
Pélage, voulant d'abord ‘prévenir les esprits en sa faveur, s" glorifia d’être lié d'amitié avec les plus dignes prélats, en prouuisit les lettres, quelques-unes même de S. Augustin, qui en effet lui avait témoigné de l'estime ét de la bienveillance, dans le temps qu'il espérait le gagner‘. Après la lecture des accusations, comme les juges n'entendaient pas la langue latine, ils se les frent expliquer bien ou mal par un interprète. Pour Pélage; très-versé dans les deux langues, il s'expliqua lui-même en grec.
La première chose qu'on examina , ce fut sa manière de s'exprimer touchant l’impeccabilité et la science de la loi. S: ,s nier formellement ce dont on l'aurait trop aisément convaincu, il convint de l'avoir avancé, mais non comme ses accusateurs Véritendaient. « Je n'ai jamais ‘prétendu; dit-il, que celui qui a la science de la loi ne puisse pas pêcher, mais qu'il est aidé par la science de la loi à ne pecher pas, suivant qu’il ést écrit dans Isaïe : J/ leur a donné le secours de la loi. » Le concile déclara là-dessus que ce qu'avait dit Pélage n'était pas contraire à la doctrine de l'Eglise,
1 Aug. de Gest. Pel. c. 25, Epist, 140,
tienn.
et ga donné puis 1 tends sans I sans me pr sont q lomni les pè anath.
des in:
Er R ion
Le LS 10