‹ Histoire générale de l'église [microforme]Chapitre 23 sur 77 · TERRE · texte numérisé non relu

TERRE

A0 415] DE L'ÉGLISE. — LIV. XII 24x et il fit passer à un autre article, On lut ce que l'hérésiarque avait écrit dans le même temps, que tous les hommes, dans l'observation de la loi, sont conduits par leur propre volonté, « Je me suis exprimé de la sorte, reprit-il, à cause du libre arbitre. Dieu aide à choisir le bien ; et l’homme qui pèche est en faute, parce qu'il a le libre arbitre. » On ne trouvaencoreicirien de contraire à la doctrine catholique, et l’on poursuivit la lecture. Ce qu'il avait avancé, qu'au jour du jugement Dieu ne pardonnerait point aux pécheurs, était grièvement répréhensible dans le sens du sectaire , qui parlait de tous les pécheurs en général, sans excepter ceux qui auraient effacé leurs péchés par la vertu des mérites du Rédempteur : ainsi il réduisait presque à rien le bienfäit de la rédemption. Mais comme il n'y avait encore personne pour le presser et lui faire dévoiler sa pensée, il en fut quitte pour citer le passage de l'Evangile où il est dit que les pécheurs iront aux supplices éternels : sur quoi les évêques se persuadèrent qu’il procédait avec simplicité. Pour mieux les convaincre qu'il prétendait uniquement par là soutenir l'éternité des peines de l'enfer, à l'exemple de tous les chefs de parti, il ne manqua point d’accuser ses contradicteurs de l’hérésie contraire à la sienne, et il les traita injurieusement d'origénistes. Sur une autre proposition, où, sous prétexte de promettre le royaume des cieux aux fidèles de l'Ancien Testament, il égalait le mérite de l’ancienne loi à celui de la nouvelle, il accusa ses adversaires de manichéisme. « Pour moi, dit-il, je ne méprise pas le premier Testament, et je ne rougis point d'avoir dit, dans le sens du prophète Daniel, que les saints seront admis au royaume du Très- Haut. » |

Touchant sa fameuse assertion, que l'homme, s'il voulait, pouvait être sans péché, et sur plusieurs autres propositions aussi propres à saper tous les fondemens de l'humilité et de la piété chrétienne : « J'ai dit, répliqua-t-il, que l’homme peut être sans péché, et garder, s’il veut, les commandemens; parce que Dieu lui a donné ce pouvoir. Non que je soutienne qu'aucune personne, depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse, n'ait jamais péché ; mais j'entends seulement qu'après la conversion, nous pouvons demeurer sans péché, par nos efforts propres et par la grâce du Seigneur, sans être pour cela immuables dans le bien. Ce que mes ennemis me prêtent de plus ne se lit pas dans mes écrits; ces impiétés ne sont que les productions monstrueuses de la malignité et de la calomnie. -— Puisque vous niez que vous les ayez écrites, reprirent les pères, anathématisez-vous ceux qui les soutiennent ? — Je les anathématise, dit-il sans hésiter, et je les regarde autant comme des insensés que comme des hérétiques, » Les pères se tinrent pour T. IL, 16

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