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EYE RISTOINE GÉNÉRALE [Au 4151 [An satisfaits, par rapport à ses ouvrages, et on ne lui objecta plus que évè dés propositions tirées de la doctrine de Célestius son disciple. nd Ce que nous venons de rapporter des répliques fraduleuses de gag cet hérésiarque, suffisant pour faire connaître le génie d'une des don sectes les plus artificieuses, nous n'entrerons pas dans le détail des Ave questions auxquelles il prétendit n'être pas obligé de satisfaire lur- che même. Après l'énumération qu'on lui fit de ces erreurs : « Ces pro- cùe positions, dit-il, ne sont pas de moi, suivant le propre témoi- soni gnage de mes ennemis, et je n’en suis pas responsable, Je justifie corif ce que j'ai avoué, et rejette le reste, de concert avec la sainte Eglise | voys catholique, en disant anathème à quiconque contredira la sainte | que. doctrine, » Ainsi Pélage trompa les pères de Diospolis, à force de L. subtilités, de réticences et de mensonges. Après quoi, faisant re- de sd tomber sur ses adversaires le mépris et l'aversion qu'il méritait à { suive tant de titres, il les diffama comme des calomniateurs. ÊN Eros Sa fierté et sa confiance s’accrurent étonnarament après ce con- Ef man cile, dont il fit extrêmement valoir l’absolution. Toutefois iln'osait } Dios en montrer les actes, où l’on aurait vu qu'il avait été obligé de dés- J qui avouer ses vrais sentimens. Il éloigna au contraire; tant qu'il put, JS persa la publication de ces actes; content d'annoncer partout qu'une as- NU tiuse semblée de quatorze évêques avait approuvé ce qu'il soutenait, D l'on savoir que l’homme peut être sans péché, et garder, s'il le veut, D cond les commandemens du Seigneur. Il ne disait pas que dans le con- JM lusse cile il avait ajouté, avec la grâce de Dieu. I] ajoutait le mot faci- 1 ceju, lement qu'il y avait toujours supprimé, et supprimait au contraire JA apost ce qu’il y avait conféssé, que, pour l'observation des préceptes, il [M neur fallait faire de grands efforts, et rendre des combats penibies. En- 1 tion. fin il eut l'audace de fabriquer une apologie qu'il appuya sur D ayant ce jugement ecclésiastique; il se vanta d'avoir confondu ses accu- À ques: sateurs, d’avoir été pleinement justifié , et il envoya cette apolo- M tellec gie à S. Augustin. Le docteur soupconna toute la supercherie, et Æ La le: jugea que le novateur n'avait pu se faire absoudre qu’en contre- Pélag faisant le catholique; mais il garda le silence jusqu'à ce qu'il eût que le de quoi le convaincre, Dans le même temps, Pélage écrivit contre 1 ché,s S. Jérôme les quatre livres du Libre Arbitre, où il prend un ton que p triomphant qui va jusqu’à l'insolence. Mais, peu satisfait de sa jus- Ve tification personnelle s’il ne faisait aussi triompher son impiété, il un cc en découvrit clairement le venin dans le troisième livre, et pré- l entre tendit tout justifier par l'approbation du concile de Diospolis. D Possi Heureusement un prêtre espagnol, nommé Paul Orose, qui souve s'était trouvé en Palestine pendant la célébration de ce concile et | qui avait signalé son zèle contre les nouvelles hérésies, repassa par ‘Or. l'Afrique, comme S. Augustin l'en avait prié. C'était même le saint |
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(An 416) DR L ÉGLISR, — LIV. XII.
évêque qui l'avait engagé à faire le voyage de la Terre-Sainte, non pour les affaires du pélagianisme qui n'étaient pas encore engagées, mais pour consulter S. Jérôme sur différentes questions, dont l'éclaircissement attirait Orose des extrémités de l'Hespérie ‘, Avec un esprit vif et du talent pour la parole, ce pieux voyageur cherchait à s'instruire, afin de revenir ensuite combattre avec succès les erreurs des Priscilliens et des Origénistes qui infectaient : son: pays. El connaissait à peine les Pélagiens, et ce fut pour la corfusion du nouvel hérésiarque que la Providence ménagea le voyagé de l'Espagnol en Orient, ainsi que son retour par l'Afri- Er | |
Les évêques de la province proconsulaire, présidés au nombre de soixante-huit par Aurèle de Carthage, tenaient leur concile, suivant la coutume *. Orose était chargé des lettres des évêques Eros et Lazare, qu'il présenta aux Afficains assemblés, et il ne manqua pas de les mettre au fait de tout ce qui s'était passé à Diospolis. Ce fut un motif de plus, pour eux, de flétrir des fourbes qui ne prétendaient vas moins justifier leur doctrine que leurs personnes, On relnt les actes du concile de Carthage, où Célestius avait été condamné environ cinq ans auparavant ; après quoi l'on prononca l'anathème contre lui et contre son maître Pélage, conditionnellement néanmoins et supposé qu'eux-mêmes ne voulussent pas anathématiser clairement leurs erreurs. On fit part de ce jugement au pape Innocent, afin d'y joindre l'autorité du siége apostolique. Tel était l'usage, conformément à la primauté d’honneur et de juridiction du successeur de S. Pierre. Cet! a1pprobation du pontife romain était d'autant plus désirable, que Pélage, ayant vécu à Rome, y conservait beaucoup de partisans, quelques-uns attachés à sa superbe doctrine, d'autres ne la croyant pas telle qu’on ladisait, principalement à cause du concile de Diospolis. La lettre synodale des Africains spécifiait les principales erreurs de Pélage, et Aisait généralement anathème à quiconque enseignerait que les forces de la nature humaine suffisent, soit pour éviter le péché, soit pour accomplir les commandemens, et à quiconque nierait que par le baptème les enfans fussent délivrés du péché originel.
Vers le même temps, c'est-à-dire l'an 416, il se tint à Milève un concile des évêques de Numidie, au nombre de soixante-un, entre lesquels se trouva S. Augustin, avec ses deux amis Alype et Possidius. A l'exemple du concile de Carthage, ils écrivirent au souverain pontife, pour demander la condamnation de l'hérésie
t Oros. Apol. —- % Aug, Epist. 175. — 3% Ibid, n. 1.
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a44 HISTOIRE GÉNÉRALE [Au 456) qui ôtait, ce sont leurs expressions; le secours de, la prière aux adultes, et aux enfans la grâce dela régénération ‘,
Outre ces lettres synodales; S; Augustin.en écrivit une particulière au pape, tant.en son nom qu'en celui dé:ses amis Alype et Possidius, de l'évêque Evode; et d'Aurèle. de Garthage*, Il'expliqua plus au long l'affaire de Pélage, supplix Innocent; ou de faire venirle dogmatiseur à Rome, ou de le contraindre par ses lettres pontificales àdéclarer avec précision quelle espèce de:grâce il admettait; Il envoya en même temps le livre composé autrefois par Pélage, à dessein de séduire Jacques et Timase ; ces deux jeunes hommes qui, regagnés par l'évêque d'Hippone; lui avaientlivré cet ouvrage de ténèbres. Comme le poison: y était: habilement eaché, lé saint docteur avait porté la prévoyance jusqu'à noter les passages qui n'indiquaient d'autre grâce que les secours de la nüture, ou nos facultés naturelles. « Si Pélage désavoue ce livre ou ces passages, ajoutait Ja lettre d'Augustin, qu'il les anathématise, Quand: ses amis verront l'ouvrage anathématisé, non-seulement par l'autorité des évêques et surtout de votre sainteté | mais par Rii-mème, nous n'imagmons pas qu'ils s'élèvent davantage contre la grâce de Dieu. » Les prélats expérimentés savaient que l'unique moyen d'empêcher la perversion était la condamnation pure et simple des livrés suspects en eux-mêmes, quelque sens spécieux que leurs partisans s'efforçassent de leur donner.
Augustin écrivit encore en Palestine à l'évêque de Jérusalem, dont il avait appris la scandaleuse affection pour Pélage ; et il lui envoya, comme au pape, le livre de l'hérétique avec sa réfutation. « Pour vous convaincre par vous-même, lui dit-il, de la solidité de nos observations, faites expliquer l’auteur sur la nécessité de la prière, et sur le péché originel. » Il demanda en même temps à cet évêque, les actes par lesquels on disait que Pélage avait été justifié. |
Le souverain pontife écrivit de son côté à ce prélat suspect‘, et s'en prit à lui des violences exercées alors en Palestine, par une troupe de Pélagiens furieux contre S. Jérôme, ce docteur si redoutable à leurs chefs. Ils avaient assailli tout-à-coup sa retraite, et ce ne fut qu'avec peine, et à travers les plus grands périls, qu'il put se retirer dans une tour fortifiée. Tout ce qui lui était attaché fut en butte à la même fureur. Il y eut des personnes tuées, entre autres un diacre; on pilla et l’on brûla les monastères; les vierges pieuses dont le docte et zélé solitaire prenait
‘ Aug. Epist. 178. —% Epist. 177. — % Epist. 179. -— 4 Inn. Ep. 22, tom. 2 Conc.
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Cu 16] DB L'ÉGLISE, — LIV, XII. 245 soin; telles que les S'*? Eustochie et Paule, furent- long-temps. poursuivies, etse crurent heureuses d'échapper aux derniers outrages; on: massacra leurs gens à leur vue. C'est: sur ce désordre quelle chef de l'Eglise écrivit à Jean de Jérusalem, et qu'en vertu dé l'autorité pontificale, il l'avertit de prévenir, au moins par la suite ; le mal qu’il n'avait pas empêché, s'il ne voulait en répondre lui-même, suivant leslois de l'Eglise, Dans lx lettre de consolation que le même pontife écrivit à S. Jérôme, il lui dit, que si l'on porte au siége ‘apostolique une accusation en forme; il donnera des juges, ou qu'il y pourvoira par quelque remède ncore plus prompt. On croit que ces lettres, en arrivant à Jérusalem, n'en trouvèrent plus l'évêque en vie.
Le pape Innocent écrivit la même année à l'évêque de Carthage, ét lui enjoignit de faire lire sa lettre dans toutes les églises de l'Afrique. Il s’y plaignait qu'on élevât tout d'un coup au sacerdoce des'hommes à peine tirés du chaos des affaires séculières, et dont les mœurs étaient aussi mondaines que les occupations; que les-évêques même fussentsi mal choisis, que le peuple et les gens en place en murmuraient hautement”. Les lettres du pape étaient appuyées par celles des-préfets; c'est-à-dire, dans notre style, qu'elles avaient l’attache du magistrat.
Mais la décrétale la plus fameuse de ce pontife est ceHe qui s'adresse à Décentius, évêque d'Eugube dans l'Ombrie. En s'y plaignant de la négligence de plusieurs ‘églises par rapport aux traditions que le siége: apostolique tient de S. Pierre, Innocent dit, comme un fait constant et manifeste, que dans l'Italie, les Gaules, l'Espagne, l'Afrique, la Sicile et les îles adjacentes, il n'y a point d'églises qui n'aient été instituées. par les ouvriers éyangéliques que l’apôtre S. Pierre on ses successeurs avaient établis évêques. On voit, dans la suite de cette déerétale, comment, par le spectacle des cérémonies et par les instructions de vive voix, on apprenait ce qui concerne l'administration des sacremens, qu'on tenait encore fort secrète; ce qui fait qu’on doit peu s'étonner des omissions qu'on remarque à ce sujet dans les anciens monumens. « Vous êtes venu bien des fois à Rome, dit le pape à l'évêque d'Eugube, vous avez assisté aux assemblées de notre église, et vous avez vu quel usage elle observe, soit dans la consécration des saints mystères, soit dans les autres mystères secrets : cela devrait suffire pour votre instruction. »
On trouve encore dans cette lettre du pape Innocent”, que les sacremens de Ja confirmation et de l’extrême-onction sont établis
4 Innoc, Ep. 33. — ? Ibid. 1. —? Jbid. c. 2.
246 HISTOIRE GENERALE [An 4:16] sur la tradition et l'Ecriture. Après avoir dit qu'il est du minis tère épiscopal d'imprimer aux enfans le sceau sacré qui les rend parfaits chrétiens : « C'est ce que nous apprenons, ajoute-t-il, tant par la coutume uniforme des églises que par l'Ecriture sainte, spécialement par ce qui est dit de S. Pierre et de $, Jean, dans les Actes des Apôtres. Les prêtres peuvent faire aux baptisés l'onc tion du chrème, pourvu qu'il soit consacré par l'évêque; mais ils n'en sauraient marquer leur front : cela n'est, permis qu'aux évêques, quand ils donnent le Saint-Esprit. Pour l’onction des malades, elle peut.encore se faire par les prêtres, suivant l'épitre de l'apôtre S. Jacques; mais l'huile de cette onction doit toujours être consacrée par les évêques. Du reste, on ne la donne point aux pénitens,, parce que c'est un sacrement ‘, Quant aux paroles dont il faut se servir, je ne les confie pas au papier, de peur de trahir les sacrés mystères. Quand vous viendrez ici, on vous dira ce qu'on ne saurait écrire, » Nous apprenons, par la même décrétale, que dans l'Eglise romaine c'était déjà l'usage de jeûner le vendredi et le samedi de chaque semaine, et qu'on ne célébrait pas le saint sacrifice pendant ces deux jours de pénitence et de componction. Il y avait des églises qui, de tous les samedis de l'année, ne jeûnaient que le samedi Saint. Il nous reste de ce pape plusieurs autres décrétales intéressantes, où l’on remarque surtout différens chefs d'irrégularité, tels dès-lors qu’ils sont encore aujourd'hui, Innocent 1° passe avec justice pour un des plus grands papes de ces temps antiques, tant pour la sainteté de sa vie, que pour ses lumières, son zèle à maintenir la discipline, sa sage fermeté à soutenir la dignité de son siége, et surtout pour sa vigilance pontificale, et le soin qu’il prenait du bon ordre dans toutes les églises : qualités qu'il a particulièrement fait paraitre dans l'affaire de S, Jean Chrysostôme.
Dans ses réponses aux évêques d'Afrique, ce pape les loue d'abord de ce qu'ils l'ont consulté, suivant l’ancienne tradition qui est fondée sur le droit divin, et qu’ils savent, aussi bien que lui, avoir été invariablement observée dans tout l’univers : règle qui s'étend aux provinces les plus éloignées, et suivant laquelle ils n'ont pas cru devoir terminer ces grandes affaires, sans en donner connaissance au siége apostolique, afin qu'il confirmät le jugement par son autorité, parce qu'on doit rapporter à Pierre tout ce qui est d'un intérêt général pour le salut du monde chrétien, et surtout quand il s'agit de la foi”. Après ce préliminaire, il établit sommairement la doctrine catholique touchant la grâce,
* Cap. 3. — * Innoc. I, Epist. 24 et 25; ap. Lab.
croya repro.
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[An 416] minis es rend il, tant sainte, dans les s l'onc. mais ils qu'aux ion des l'épitre qujours Je point paroles peur de ous dira e décréeûner le célébrait ce et de nedis de ce pape que surt encore
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oue d'ation qui que lui, ègle qui uelle ils donner le jugerre tout hrétien, il étaà grâce,
CAn 4) DS L'ÉGLISE, — LIV, XII, 47 condamne Peluge ; Célestius et leurs sectateurs, les déclare séparés de la communion de l'Eglise, à la charge néanmoins de les y recevoir s'ils renoncent à leurs erreurs. Au sujet des actes de Dios polis, il ne les tient pas pour authentiques, parce qu'ils ne lui ont pas été envoyés de la part du concile, et qu'il n'a reçu aucune lettre de ces évêques assemblés. « Duns ces actes mêmes, ajoutet-il, Pélage ne s'est pas justifié nettement; et l'on voit qu'il n'a cherché qu'à s'échapper, à la faveur des équivoques et de la confusion. C'est pourquoi nous ne pouvons ni blâmer, ni approuver ce jugement, Sur le livre que vous nous avez envoyé comme étant de Pélage, écoutez quelle est notre fagon de penser. En le lisant avec beaucoup d'attention, nous y avons trouvé quantité d'erreurs, des blasphèmes, rien qui nous plût, presque rien qui ne nous ait déplu et qui ne doive déplaire à tout vrai fidèle, » Pélage et Célestius, se voyant condamnés par deux jugemens aussi respectables que cerx du souverain pontife et des évêques de l'une des trois parties du monde, n'en furent pas plus soumis. Le maître ou chef de la secte écrivit encore au pape une grande lettre d'apologie. Le disciple vint lui-même à Rome, sous prétexte de poursuivre l'appel qu'il avait interjeté cinq ans auparavant. Depuis ce temps-là, il avait parcouru les églises de la Grèce et de l'Asie-Mineure, en y semant ses erreurs avec adresse , tant qu'elles n'occasionaient pas trop d'éclat; et quand elles commencçaient à faire da bruit dans un endroit, il les portait dans un autre. A Ephèse, il joua si bien son rôle, qu'il trouva moyen de s'y faire ordonner prêtre. Quand il arriva à Rome, Innocent venait de mourir, le 12 mars de l’année 417, après avoir tenu le saint Siége environ quinze ans. Le novateur présenta sa profession de foi au nouveau pape, grec de nation, nommé Zozime. C'est le chef-d'œuvre de l'artifice et de la fourberie, que cette confession de foi de Célestius', 11 n’y semble respirer que la piété et l'aversion des anciennes hérésies. Tandis qu'il expose avec prolixité sa croyance par rapport aux dogmes touchant lesquels on ne lui reprochait rien, sur les points critiques, au contraire, il ne s’énonce qu'en général, mais avec la plus grande apparence de soumission et de modestie, « S'il s'est ému, dit-il, quelques questions sur des objets indécis, je n'ai pas prétendu prononcer, ni me faire auteur d'un dogme nouveau, Je vous présente et je soumets à votre examen ce que j'ai puisé à la source des Prophètes et des Apôtres, afin que vous rectifiiez ce qui aurait pu s'y glisser de moins conforme aux règles de la vraie science et de la sagesse. »
‘ Aug. de Pecc. Orig. c. 23.
248 HISTOIRE OÉNÉNALE (Ant 419] reconnaît ensuite l'obligation de’ baptiser les’ enfans, pour la rémission des’ péchés qui prüvientent dé la volonté; ajoute-t-ih, et non de la nature; puisqu'il serait indigne ds'la sainteté et-dè la justice du Créateur, qu'ils fussent transmis dés’ pères aux enfuns. C'est ninsi que Célestius, étendunt aù premier péché de que les Prophètes ont dit des fuutes à l'égard desquelles le châtiment suppose le consentement dela volonté, 'sé ménageait une issue, pour sauver l'érreut capitale de lu secte, qui trüitait dé chimère , Je péché originel. | raqu
Le pape Zozime usa de diligence, pour ne pas inquiéter plus long-temps les prélats africains, qui savaient Célestius à Rome. On examina ce qui s'était fait précédemment dns isa cause. On l'interrogen, on lut' sa profession de foi, que plüsieurs membres du clergé trouvèrent suffisante. Le pape ne poussa pas les choses plus loin ; non qu'il en approuvât là doctrine, mais parcé que l'imposteur se déelarait soumis d'avance au jugement du saint Siége. Voÿant un homme de génie et d'un caractère tout de feu, qui pouvait devenir, ou trèsutile, ou très-nuisible à l'Eglise, selon la route où on l'engagerait, Zozime eraignit de le jeter dans le précipice par trop de rigueur. Il ne se contenta point cependant de sa confession par écrit; mais ik lui fit beaucoup de questions pour éprouver sa sincérité. Célestius répondit à tout avec ces démonstrations d'ingénuité et de droîture, dont la fourberie sait beaucoup mieux se parer que la simplicité des âmes vertueuses, Le pontife lui demanda sit condamnait toutes les erreurs qui avaient été publiées sous son nom. H répondit qu'il les condamnait, selon le jugement du saint pape Innocent, et il promit derejetertout ce que le saint Siége désapprouverait ‘. Comme ensuite on lui proposa de condamner ce que Paulin lui reprochait, il éluda habilement cette demande, en se récriant, avec une douleur affectée, contre l'injustice prétendue de ces reproches injurieux. Au sujet des évêques Eros et Lazare, il dit qu'il n'avait vu celui-ci qu’en passant, et qu'Éros lui avait fait satisfaction d'avoir eu mauvaise opinion de lui.
Zozime ne jugea pourtant pas à propos de l’absoudre encore de l'excommunication, Il prit un délai de deux mois, tant pour écrire aux évêques d'Afrique, les mieux instruits de cette cause, que pour donner à l'accusé le temps de revenir entièrement à la raison, Il alla plus vite par rapport à Eros et à Lazare, les déposa de l'épiscopat, tout absens qu'ils étaient, et les priva de la communion. En écrivant aux Africains pour leur faire part de ce ju-
Aug. c. duas Epist, 1. 11, c. 23.
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ter plus à Rome.
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encore nt pour » cause, ent à la s déposa la comle ce iu-
(An 417) DR, L'ÉGLISE. — LIV, Xi, 249 geruens, il leur, repracha d'avoir ajouté foi trop légerement aux lettres de ces deux évêques, qu'il. présenta comme des brouillons et des calomniateurs d'habitude.
Dans ces circonstances, il reçut une lettre de Prayle, suecesseur de Jean de Jérusalem, et qui, entrant dans les vues de son prédécesseur, lui reconmandait avec le même intérêt la cause de Pélage. Le sectaire écrivit lui-même, et fit une profession de foi adressée au pape Innocent, qu'il-eroyait encore en vie. Cette confession, concertée apparemment entre le maître et les disciples, était tout-à-fait, dans le genre de celle de Célestius, c'est-à-dire très-circonstanciée, et trèsétendue sur tous les points de foi dont il n'était, pas. question;.vague, sèche, équivoque sur les points dé- Jlicats, et hasardant quelques propositions ou quelques termes dont un pût faire usage par la suite pour la défense du système. Mais dans ce moment de crise, l'hérésiarque s'étucia plus que jamais à écarter tous les soupçons. Affectant surtout une extrême decilit : « Telle,est, bienheureux pape, dit-il en finissant, la foi que nous avons cru, devoir conserver précieusement, Si elle contient quelque chose qui ne soit pas expliqué avec assez de profondeur ou d’exactitude, c'est par vous, héritier du siége et de la foi de Pierre, que nous devons et que nous voulons être dirigés. »
Ces pièces ayant été lues. publiquement à Rome, tous les assistans et le pape même en eurent tant de joie, qu'ils auraient pensé faire ouirage à l'innocence, en conservant la moindre impression désavantageuse aux deux sectaires, On était principalement touché d'entendre Pélage tenir en Palestine le même langage que Célestius à Rome. A peine ces Romains crédules retenaient-ils leurs larmes. Eros, Lazare, le diacre Paulin ne leur parurent plus que de turbulens et jaloux calomniateurs. Sous l'influence de cette prévention publique, le souverain pontife écrivit aux Africains sine seconde lettre où il se montre pleinement convaincu de {« sincérité de Pélage, et leur reproche, en quelque sorte, leurs procédés à son égard, sans dire néanmoins un seul mot qui favorise ses erreurs. S. Augustift nous assure même que Pélage ne surprit l'Eglise romaine que pour un temps, et qu'elle ne persévéra point dans une illusion presque inévitable d'abord à cause de l’habileté des imposteurs.
Mais Zozime n'était pas moins prévenu en faveur de Patrocle, qu'il l'était contre Eros qu'il remplaçait dans le siége d'Arles. Il nous reste une lettre de ce pape, où il lui confère les droits de métropole les plus extraordinaires, et lui soumet, outre la pro-
‘ Libcl. Pelag. t. 2 Conc. p. 1563.
aïe HISTOIRE GÉNÉRALE An. diy1.
vince Viennoise, la première et. la, seconde Narbonmaise, tant pour les ordinations épiscopales. que, pour la juridiction contentieuse; si ce n'est, dit-il’, que l'importance, des. causes. demande que nous en prenions connaissance : exemple. remarquable .des causes majeures réservées au pape. Il fonde les, prérogatives. de ‘église d'Aïtles sur la dignité de S.. Trophime, que, le saint Siége y envoya pour premier, évêque, et qui a été la source de la foi dans les Gaules, Les évêques qui, avaient, des, prétentions contraires ne se soumirent point à ces dispositions en. faveur du siége d'Arles, peu soutenues, comme on le verra, par les papes suivans. 1g Les évêques d'Afrique ayant reçu la lettre du souverain pontife sur les affaires des Pélagiens, s'aperçurent d'abord qu'il était trompé par ces habiles fourbes. Ce qui se trouva-par hasard de prélats à Carthage, et ceux que le primat y put assembler promptement, écrivirent incontinent à Rome,.et supplièrent. qu'on laissèt les choses dans l'état où elles se, trouvaient, jusqu'à ce qu'on pût envoyer des instructions plus satisfaisantes. On s’empressa en même temps de célébrer en Afrique le plus nombreux concile qu'il était possible; et dans le cours de la même année 417, au mois de novembre, les évêques se rassemblèrent à Carthage, au nombre de deux cent quatorze. On dressa deg canons dogmatiques, moins développés cependant que ceux qu'on rédigea peu après, et dont ceux-ci furent la base. On les fit aussitôt passer à Rome, avec une .seconde lettre conçue en ces termes : « Nous
avons statué ge la sentence rendue par Innocent contre Célestius $ pl et Pélage ait son effet, jusqu’à ce qu’ils confessent nettement que ; et la grâce de Jésus-Christ doit nous aider, non-seulement pour con- su naître, mais pour suivre les règles de la justice en chaque action, co en sorte que sans ce secours nous ne pouvons rien avoir, penser, 4 he dire ou faire qui appartienne à la vraie piété. Il ne suffit pas que n” Célestius se soit vaguement soumis aux lettres d'Innocent : pour qi lever tout scandale et détromper jusqu'aux simples, on doit lui ve faire anathématiser, sans la moindre ambiguité, ce qu'il y a de
suspect dans son écrit; de peur que plusieurs n'imaginent, non n que le sectaire a quitté ses erreurs, mais que le siége apostolique su les a confirmées. « Les Africains rappelaient en même temps au | el pape Zozime le jugement du saint pape Innocent sur le concile di de Diospolis, lui expliquaient tout ce qui s'était passé chez eux | n touchant cette affaire , découvraient le venin caché de la formule ; b de foi envoyée à Rome par Pélage, confondaient, en un mot, ou C
! Facond, vas, 3. — ? Zoz. Ep. 1.
aise, tant à conten-
demande
xable des ratives.. de unt Siége de Ja foi ons ,conaveur du les papes n pontife qu'il -était asard de * prompnt. qu'on isqu'à ce On s’emombreux née 417, arthage, . dogmaigea peu passer à : «Nous élestius ent que Dur conaction, penser, pas que t: pour doit lui y a de nt, non stolique mps au:
concile ez eux ormule not, ou
CAn. dir.
[An 418] DE “L'ÉGLISE. — LIV, XII. 251 éventaient toutes les’ fourberies des hérétiques. Ils répondaient enfin au reproche que leur faisait le pontife, d’avoir cru légèrement les uccusateurs de Céléstius, et ils insinuaient au contraire qu'il avait lui-même agi précipitamment en accordant de la confiance à cet impôsteur ‘ Ë
Ces représentations produisitent de l'effet. Zozime examina tout avec attention, le fond des choses, les procédés et le jugement des Africains. Plusieurs même d'entre les Romains contribuèrent à lui faire connaître les étranges opinions de Pélage, qui, par le séjour qu'il avait fait chez eux, leur était mieux connu qu'au pontife, grec de naissance. Ils savaient que le système et les intérêts de Célestius et de Pélage ne faisaient qu'un, malgré l'indifférence réciproqué qu'on leur voyait souvent affecter. Pélage avait donné des commentaires sur S. Paul, où le poison de la nouvelle hérésie était sensible : de zélés fidèles trouvèrent moyen de les mettre sous les yeux du pape, qui voulut, en examinant de nouveau Célestius, tirer de sa bouche une réponse de nature à ne plus laisser douter ou qu'il eût renoncé à ses erreurs, ou que sa duplicité et son imposture fussent à leur comble. Mais Célestius n'osa courir les risques d'un pareil examen, et il s'enfuit secrètement de Rome. Zozime alors convaincu donna sa sentence, qui confirma les décrets de Carthage , et, conformément au jugement d’'Innocent son prédécesseur, condamna Pélage et Gélestius. Il en écrivit aux évéques d'Afrique, et généralement à tous les évêques du monde *.
Les erreurs dont Célestius avait été accusé par Paulin, sont amplement exposées dans cette lettre circulaire qui est fort longue, et qui signale les mêmes hérésies dans les commentaires de Pélage sur S. Paul. Elle établit solidement le dogme du péché originel, condamne les novateurs de ce qu'ils accordent un véritable bonheur aux enfans morts sans baptême , et pose pour principe qu'il n'y a aucun temps où nous n'avons besoin du secours de Dieu; qu’en toutes nos actions, nos pensées, nos mouvemens, nous devons tout attendre de son assistance, et non des forces de la nature.
Comme les évêques d'Afrique, après leur assemblée du mois de novembre, se réunirent dès le commencement du mois de mai suivant, ces deux conciles, qui furent également nombreux et qui eurent le même objet, n'ont été regardés que comme un seul par différens écrivains. C'est à l’un comme à l’autre, que convient la dé: nomination de concile plenier, donnée par S. Augustin à l'assemblée, qui enfin procura la condamnation décisive du pélagianisme *, Ce second concile, ou cette seconde session du concile général d'A:
* Merc. Comm. p. 709. — * Aug. Epist. 205 ad Valentin. n, 2. — * Tom, 2 Conc.
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25e. HISTOIRE GÉNÉRALE (An 418) frique, de Numidie, de Mauritanie; où il y'avait même des évêques.
d'Espagne, coordonna d'une manière-conveñableles décisions de.
l'année précédente, et dressa contre les’ Pélagiens huit articles de doctrine, dont voici ka substance : « Quiconque soutient que le » premier homme a’ dû mourir, soit qu'il péchât ou ne LT ». point, qu'il soit anathème; quiconque prétend éncôré que les * enfans. ne tirent d'Adam aucun péché ‘origitiel qui'doive être » effacé par le baptême, qu'il soit aussi anathème.s Quelques exemplaires portent ce qui suit pour troisième ‘article: : 4 Qui- = conique enseignera que, suivant l'Ecrituré, il y'a ün'liéu’'mi. s toyen dans le royaume des cieux, ou quelque autre enidroit où » vivent heureux les enfans qui meurent sans avoir ‘été baptisés, » qu'il soit anathème. » Les exemplaires qui contiennent éet article en comptent neuf. Les autres mettent pour troisième celui qui suit : «Quiconque dira que la grâce de Dieu , qui nous justifié par » Jésus-Christ, ne sert que pour la rémission des péchés déjà » commis, et non pour nous aider à n'en plus commettre, qu'il » soit anathème. » |
Le concile dit. encore anathème à celui qui conviendra que la grâce de Dieu par Jésus-Christ nous.aide véritablement à ne point pécher, mais seulement en ce: qu'elle nous donne l'intelligence des commandemens , afin que nous sachions ce que nous devons faire et ce que nous devons éviter; non en nous donnant encore d'aimer et de pouvoir ce que nous connaissons devoir faire. Il anathématise de même ceux qui tiennent que la grâce de la justification nous est communiquée, afin que nous puissions plus facilement exécuter par la grâce ce qu'il nous est ordonné de faire par le libre arbitre ; comme si nous pouvions sans la grâce accomplir les commandemens de Dieu, quoique difficilement. Le reste des décisions ét des anathèmes tombe sur le système de l'impeccabilité, et sur les différens moyens qu'on employait, soit pour le justifier, soit pour le déguiser.
Ce même concile fit plusieurs autres canons, au sujet dés Donatistes qui se convertissaient en foule. En réglant à quelles cathédrales appartiendraient les églises particulières qui reviendraient à l'unité, il ordonne qu'on ne pourra plus redemander une église après trois ans de possession : ce qui nous fournit le premier exemple peut-être du privilége de la possession triennale ‘, Dans les troubles inséparables des nouveautés en matière de foi, on crut devoir user d’une vigilance particulière contre ceux qui voudraient éluder les jugemens ecclésiastiques, et l'on fit quelques
# Conc. Afric. c. 86.
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DE 4 ÉGLISE. — LIV,. XII. 253 réglemens pour, empècher l'abus des appels même aux tribunaux d'outre-mer, c'est-à-dire, au.siége de Rome. On: fit encore un décret, par. lequel.il est permis de, voiler les vierges; en certains cas, au-dessous. de l’âge ordinaire de vingt-cinq ans | Mais.c'étaient-les affaires des Pélagiens qui formaient presque tout l'objet de ce, concile,.dont. S. Augustin. fut l'âme, On croit que les canons dressés contre eux. furent l'ouvrage de ce saint, nommé à si juste:titre le, docteur de la grâce. Ces décisions font connaître toute J'économie du système de Pélage, qui.se réduit à trois points. Le premier,-pris des stoïciens, et.qui précipita. l'auteur dans.toutes ses-autres. erreurs, ce fut le dogme de l'impeccabilité,.eu,:suivant.les expressions de S. Augustin, la..prétention d'acquérir.la. perfection de la justice, et d'assujettir. si absolument kes passions, à la raison, qu'elles ne se soulèvent jamais, malgré l'homme, Voilà pourquoi on avait d'abord condamné en Afrique cette proposition pélagienne: L'homme peut être sans péché; et garder aisément, les préceptes. s'il, le veut, Le second et le principal article du système, c’est de nier avec un .orgueil insupportable que l'homme ait besoin, pour la pratique de la vertu, d'une grâce actuelle, surnaturelle et, intérieure, qui. aide et qui prévienne la volonté. Ge fut en effet vers ce but que S. Augustin dirigea toutes ses poursuites, contre Jl'hérésiarque, Il dit.expressément que toutes les disputes touchant la grâce tomberont aussitôt que Pélage. avouera que l’homme a tellement besoin du secours céleste pour vouloir et pour. agir, que sans ce secours. il ne saurait rien faire ni vouloir de bien, et que tel est l'hommage qu'on doit à la grâce de Dieu donnée par Jésus-Christ. S. Augustin suivit si constamment ce point de vue que, dans ses derniers écrits contre le pélagianisme, notarament dans celui que la mort ne lui donna pas le temps de finir, et qu’on appelle pour cela son Ouvrage imparfait , il continue à faire consister le venin de cette hérésie, en ce que ses sectateurs nient orgueilleusemnent que nous ayons besoin d'une grâce de volonté, ou d'un secours intérieur et gratuit de la part .e Dieu, pour que notre volonté se porte au bien. Il s'agissait donc capitalement entre le saint évêque d'Hippone et les Pélagiens , de la nécessité d'une grâce intérieure, actuelle et prévenante, pour toute œuvre relative au salut. I] n'était pas question de subtilités d'école, de ces opinions arbitraires et contentieuses, sans lesquelles la foi peut aussi bien subsister que la charité; puisque Augustin ne pressait les Pélagiens avec tant de zèle, que pour leur faire confesser la grâce, sans laquelle on est tellement ennemi de la foi, suivant ses expressions, qu'on ne mérite pas même le
254 HISTOIRE GÉNÉRALE [An 418] nom de chrétien, Îl était encore moins-question de cesnouveautés rejetées du corps de l'Eglise enseignante, l'interprète sûre du docteur dé la grâce et la source du’ haut degré d'autorité qu'ont -obtenu ses écrits, ét qu'elle ne leur a conféré qu’ «près Y' ‘avoir reconnu sa propre doctriné.
Aussitôt après les décisions des pasteurs, l'empereur Ééeuarites donna son rescrit pour les mettre à exécution. Il ordonna que Gélestius et Pélage seraient chassés de Rome, ou plutôt qu'ils n'y seraient ni admis ni soufferts, car Pélage était encore en Palestine ; ensuite, que quiconque connaîtrait leurs sectateurs serait tenu de les dénoncer aux magistrats, afin que ces hérétiques subissent la peine de l'exil. En conséquence de cet édit donné à Ravenne le 30 avril 418, les préfets du prétoire, aussi bien en Orient qu'en Occident, publièrent leur ordonnance qui bannissait à perpétuité, avec confiscation de biens, tous ceux qui seraient convaincus de cette erreur,
Sixte, prêtre de l'Eglise romaine, et qui devint pape quatorze ans après, fut un de ceux qui invoquèrent la puissance impériale contre ces sectaires ". Toutefois ils s'étaient impudemment réclamés de sa bienveillance, suivant l’artifice des sectes naissantes, qui toujours prétendent avoir quelque fauteur dans l'Eglise romaine, et qui, n'ayant pour elle qu'une aversion propre à Les décrier, s’efforcent de la cacher sous ces perfides hommages. Mais Sixte n'eut rien de plus pressé que de prononcer anathème contre eux, et
de détromper tous les gens simples, que les Pélagiens avaient voulu persuader de son penchant vers les nouveautés hérétiques.
S. Augustin prit tant de part à cette heureuse nouvelle, qu'il écrivit aussitôt à Sixte, pour le féliciter de l'éclat de son sièle: et le confirmer dans son aversion pour ces artificieux sectuires. Cette épitre, qui est la cent cinquième du saint docteur, et qu'on peut regarder, ainsi que beaucoup d'autres, comme un savant traité, instruit à fond touchant les matières de la grâce, et répond à toutes les chicanes des Pélagiens avec tant de force et de clarté, qu’elle seule >currait suffire contre tous les fauteurs du pélagianisme découvrii où déguisé. Mais comme les vérités qu’elle contient se retrouvent dans beaucoup d’autres ouvrages de S. Augustin, que nous aurons bientôt lieu d'exposer, nous y renvoyons nos lecteurs avec d'autant plus de raison, qu’il convient de rapprocher ces différens écrits, pour expliquer les uns par les autres, et pour saisir
‘ Aug. Epist. 191 et 194, ad Sixt,
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[An 418] DE B ÉGLISE. “- LIV. XII. 255 le-séns des expressions fortes employées dans cette lettre à cause de l'obstination: de: l'hérésiarque.
Tes lumières d'Augustin et le procédé de Sixte produisirent de grands fruits. Beaucoup, de fidèles surpris renoncerent à l'erreur; quelques évêques vinrent se soumettre au saint Siége, et rentrèrent dansileurs églises Ceux: qui refusèrent de souscrire à la condamnation de la secte, furent canoniquement déposés, puis chassés d'Italie, en vertu des lois impériales, Il y eut jusqu’à dix-huit de ces prélats obstinés; le plus fameux fut Julien, évêque d’'Eclane en Campanie, ville a présent ruinée. Il était d’une famille distinguée de la Pouil!e, fils de Mémor, devenu évèque, et de Julienne, l'un et l’autre d’une grande piété. Mémor était uni d'amitié avec S. Augustin et avec S. Paulin de Nole. Il avait mème quelque liuson de parenté avec ce dernier, qui fit l’épithalame de Julien, passe, comme son père, du mariage à l’épiscopat : jeune prélat plein d’ardeur et de talent, la plus flatteuse et la plus funeste des conquêtes de l’hérésiarque, qui l'avait séduit lui-même, apparemment pendant le long séjour qu'il fit à Rome avant d’être démasqué. -
On somma Julien, avec ses consorts. de s'unir à toute l'Eglise dans la condamnation de Célestius et de Pélage, et de souscrire au décret du pape Zozime. 1ls retusèrent, en prétextant que ceux qu'on accusait encore des erreurs proscrites, les avaient désavouées par écrit; et que, pour eux, on ne devait pas s’offenser de leur répugnance à flétrir des absens qu’on ne pouvait entendre. Depuis ils déclarèrent que si, sans les convaincre, on voulait exciter du scandale à leur sujet, ils en appelaient à un concile universel. Zozime, sans balancer et sans nul égard à ces vains subterfuges, prononça contre Julien et contre ses complices : pour l'appel, il ne fut regardé par toute l'Eglise que comme un trait de mauvaise foi ajouté à l'obstination. S. Augustin en fit voir l'ilsusion, montrant que la caûse était finie, dès-lors qu'elle avait été clairement décidée par les conciles d Afrique et par les lettres confirmatives du pontife romain. « Rome a parlé, disait ce docteur si charitable et si modéré, dont les dernières expressions sont ici remarquables : voilà sur la même affaire deux conciles qui ont été envoyés au siége apostolique, et les rescrits nous en so: : parvenus : /a cause est finie (tell: est l'expression du saint docteur, et non pas, la cause est jugée, comme il a plu à certains auteurs de traduire); l’hérésie est suffisamment condamnée; il ne s'agit plus de l'examiner, mais de la réprimer. Ce ne sont pas des pasteurs, ce sont des loups déguisés qui s'obstinent à donner l'erreur
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256 HSTOIRS GÉNÉRALE (Av.418] pour la docrine de l'Eglise. Partout «ù on les découvrira, il faut les poursuivre, et ne point | leur don:.er de relâche qu'on ne les ait mis hors d'état de nuire ".» Ii réduisit ces paroles en pratique, c'est-à-dire qu'il fit une guerre irréconciliable au scandale, mais avec la charité qu'on doit à la personne même des scandaleux, et avec la sago douceur qui faisait le fond même de son caractère.
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