‹ Histoire générale de l'église [microforme]Chapitre 31 sur 77 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

DBPUIS LA DÉCADENCE DE LEMPIRE D'OCCIDENT EN 423, JUSQU'A LA FIN DE S. AUGUSTIN EN 430,

Il est des révolutions et des affaires politiques qui ont tant de liaison avec les intérêts de l'Eglise, que nous ne pouvons nous dispenser de jeter au moins un coup d'œil rapide sur celles qui, dans les desseins de Dieu, ont un rapport plus marqué avec les objets d'un ordre supérieur. Telle est en particulier la chute de l'idolâtre et superbe Rome. Le plus sublime des écrivains évangéliques avait tracé des images terribles de cette nouvelle Babylone, abandonnée à la fureur des nations, pour s'être enivrée du sang des saints : l’arrêt du Ciel fut exécuté par le moyen des causes secondes, et les premières secousses du colosse énorme de l’'Empire furent provoquées dans son propre sein.

Comme les rênes du gouvernement s’y étaient prodigieusement relâchées, en passant de la main du grand Théodose entre les mains faibles de deux enfans, les ministres et les généraux remplirent l’Etat de troubles, par leur ambition, leur rivalité et leurs vengeances. La patrie faisait des pertes continuelles dans la multitude des vaillans guerriers et des habiles capitaines immolés à la jalousie des adulateurs, et même par la mort des ambitieux qui, pouvant servir utilement leur prince, et s'en voulant faire les tyrans, en devenaient enfin les victimes : pertes ruineuses et toujours mal réparées, puisqu'il s'élevait aussitôt de nouveaux factieux, en qui l'intérêt particulier ne manquait pas dc prévaloir sur la chose publique, comme l'appât du souverain pouvoir sur le péril qu'il y avait à l'usurper.

Peu contens d'épuiser les provinces, et surtout l'Italie, qui était, pour ainsi dire, la partie noble du corps de l'Etat; peu contens de causer, par leur brigandage et leurs violences, des émigrations innombrables, aussi funestes à l'Occident qu'on abandonnait, qu'onéreuses à l'Orient où l'on cherchait un asile, ils attiraient, à la place des Romains naturels, les ennemis jurés du nom et de la grandeur de Rome. Depuis long-temps on avait vu ces nations barbares et sauvages faire quelques irruptions sur les frontières, soit pour subvenir à leur indigence par le pillage, soit

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