‹ Histoire générale de l'église [microforme]Chapitre 37 sur 77 · LIVRE QUINZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIEME

DEPUIS LA FIN DE SAINT AUGUSTIN, EN 430, JUSQU'AU PONTIFICAT DE SAINT LÉON, EN 440.

Après tous les triomphes de S. Augustin sur les ennemis de la grâce, l'Eglise semblait devoir jouir long-temps des douceurs de la paix et de la concorde. Mais à peine la flétrissure de l'hérésie fut-elle imprimée au pélagianisme, que de nouveaux sectaires, plus terribles ou plus audacieux que les p:emiers, rentrèrent dans la lice. Ils n'ävaient pas simplement pour chef un moine timide et dissimulé, mais, le, fier Nestorius, patriarche de Constantinople, tout plein de l'audace que lui inspiraient son rang éminent, réputé le second de l'Eglise, et plus encore la faveur de tout ce qui était puissant dans l'Empire, Les deux sectes se prêtèrent la main mutuellement, non pas simplement par suite de l'intérêt général qu'ont tous les ennemis de la foi à se liguer contre leurs antagonistes, mais à cause de la liaison intime et fondamentale qu’elles ont entre 2lles, toutes différentes qu’elles semblent au premier aspect. Pélage, en niant le péché originel, la dégradation de notre nature et la nécessité de la grâce, tendait à établir l'inutilité de la rédemption, et telle était la quintessence de son système; en cela il se trouvait entièrement d'accord avec Nestorius, qui, partageant le Rédempteur en deux personnes, réduisait le prix de la mort et des satisfactions de la personne humaine à leur valeur naturelle et par conséquent à une valeur insuffisante pour expier des attentats commis contre une majesté infinie. Ainsi il anéantissait, aussi bien que Pélage, tout le mystère de la rédemption.

Personne n'eût été plus propre qu'Augustin à faire sentir le rapport de ces deux hérésies, et à écraser la seconde sous les ruines de la ;remière, Aussi, sans nulle autre recommandation que celle de son mérite, par une distinction méditée entre l'Empereur et les plus ;rands évêques, et qu'aucun autre prélat, ni en Orient, ni en Occident, n’a :\mais reçue, il fut nommément invité au concile œcuménique d'Ephèse, pour lequel on avait expédié de son vivant les ordres nécessaires et les lettres même de convocation. Mais la lettre honorable que l'Empereur lui écrivit à ce sujet ne parvint eu Afrique qu'après son trépas. Le Seigneur était content de tant de travaux et de combats soutenus par son scrvi-

352 HISTOIRE GENÉRALE (An 430] teur, dont la destinée se trouvait remplie par la défaite des ennemis de la grâce,

L'illustre évêque de Nole, S. Paulin n'eut pas lieu non plus de signaler son zèle et ses lumières dans l'assemblée des premiers pasteurs convoqués à Ephèse contre les nouveaux ennemis de l'Eglise". Il mourut âgé de 78 ans, l'année même où l’on tint ce concile. Sa maladie ne fut pas longue. Une pleurésie violente le mit en quelques jours à l'extrémité, malgré le secours de tous les remèdes et des soins proportionnés au degré d'attachement qu'on avait pour un pasteur aussi tendre que vénérable, aussi prévenant que généreux, en un mot, doué de cette vertu noble et si engageante dans les grands qui se donnent à Dieu sans réserve, Trois jours avant sa mort, deux évêques du voisinage vinrent lui rendre visite. Il profita de leur arrivée, pour offrir le saint sacrifice. avec toute la solennité que put permettre l'état où il se trouvait, Fidèle à la douceur de son ceractère, il réconcilia tout ce qu'il avait éte contraint de réprimer par les censures ecclésiastiques. Après la célébration des saints mystères, on lui entendit dire : Où sont mes frères ? Un des assistans montrant les deux évêques, lui répondit : Les voici. — Je parle de mes frères Janvier et Martin , reprit-il, ils m'ont promis de revenir bientôt. C'était S. Martin de Tours qui lui avait apparu avec S. Janvier martyr, évêque de Capoue, dont le culte était dès-lors célèbre à Naples.

Quelques momens après, le prêtre Posthumien l’avertit qu'il était dû quarante sous pour des vêtemens fournis aux pauvres. Telle, était la respectable indigence à laquelle s'était réduit pour Jésus-Christ un homme autrefois si riche et si puissant. /V’ayez point d'inquiétude, mon frère, répondit le saint; i{ se trouvera quelqu’un qui paiera la dette. Peu de momens après, arriva un prêtre de Lucanie, chargé précisément d'une aumône de quarante sous, de la part d'un évêque qui savait en général à quelle extrémité l'amour des pauvres réduisait souvènt son saint collègue,

Touché de ces soins paternels de la Providence, le saint s'endormit, et reposa assez tranquillement jusque vers le milieu de la nuit. Après quoi ses douleurs devinrent si aiguës, qu'il pouvait. à peine respirer, Toutefois dès qu'il vit le jour, il éveilla tout son monde, selon sa coutume, et dit les matines, ou plutôt les laudes, qu’alors on appelait matines. Toute cette journée, la dernière de sa vie, pendant laquelle sa ferveur lui tint l'eu de force, fut partagée entre la prière et des exhortations animé: s à ‘2e prêtres :t * ses diacres qui ne quittaient plus son lit, L'heure «: l'office des lam-

‘Pomer. de Vita contempl f{1, €. 9.

tan 45 pes, ( chanté J'ai p absor!l soir, S leg ass der sent jour 2 écrite deuil doule mône mes, ble, p lettres elles moin est éc panég terme nité e porte tenter Le saint tait a d'Ant le sié Sisin:

taire on v lut à cher et m grav Luin voix thét cati:

sen

les enne-

: plus de premiers emis de a tint ce lente le tous les it qu'on évenant si engae. Trois rendre ce avec . Fidèle vait éte s Ja céont mes ondit :

prit-il, urs qui >, dont

t quil auvres.

t pour V'ayez à queltre de us, de imour

s'en- | de la vait: à it son udes, de sa tagée

ses lanu-

tan 45) DE LEGLISB. — LIV, XVe 353 pes, c'est-à-dire des vèpres, etant venue, on l'entendit encore chanter, quoique d'une voix languissante, ces paroles du psaume : J'ai préparé ma lampe pour recevoir mon Christ. Ensuite il parut absorbé dans une profonde contemplation. Sur les dix heures du soir, sa Chambre fut ébranlée d’un si grand tremblement, que tous les assistans, saisis d'épouvante, se prosternèrent pour demander miséricorde, sans que ceux qui étaient au dehors s'aperçussent de rien. Ce fut le moment où il rendit l'âme, le 22 juillet, jour auquel l'Eglise fait sa fête. Toutes ces circonstances ont éte écrites par le prêtre Uranius, témoin oculaire. Il ajoute que le deuil fut universel, que les Juifs et les paiens même portèrent la douleur ; jusqu ‘à déchirer leurs vètemens.

Il nous reste de S. Paulin cinquante lettres, un discours sur l'aumône, l’histoire du marty" S. Genès d'Arles, et trente-deux poëmes, dont quatorze à la louange de S. Félix. Sa poésie est agréable, pleine de pensées, noble et bien soutenue. L'onction dont ses lettres sont remplies, fait qu’on ne se lasse point de les lire. Comme elles n'étaient que l'expression des sentimens du cœur, on y trouve moins d'art que dans ses autres ouvrages. Le discours sur l’aumône est écrit avec beaucoup de pureté et d'élégance. S. Jérôme parle d’un panégyrique de l'empereur Théodose, par le même auteur, en des termes qui en font beaucoup reoretter la perte. 'n général, l'aménité et la douceur sont le caractère du style de Le ulin. Ce style porte en même temps l'empreinte de sa vertu, ainsi qu: du contentement qu'il ressentait d’avoir tout quitté pour Jésus-Christ,

Le concile d'Ephèse se tint dans l’année même où mourut ce saint évêque, 4ôx. Le novateur qu'il s'agissait de condamner, s'était acquis une.si grande réputation, qu'on l'avait tiré de l'église d'Antioche comme un nouveau Chrysostôme, pour le porter sur le siége patriarcal de Constantinople. Après la mort du patriarche Sisinnius, homme simple et beaucoup plus propre à la vie solitaire qu'à maintenir la subordination dans le cle: 7* de la rapitale, on vit tant de brigues pour élire son successeu:, qu'on se résolut à le choisir en Syrie. On ne réussit pas mieux pour avoir été chercher si loin Nestorius, prêtre d'Antioche, où il avait été élevé et même baptisé, quoiqu'il fût natif de Germanicie. Ses mœurs graves, ou plutôt sombres et sauvages, la simplicité affectée et la

propreté de ses vêtemens, son visage pâle et décharné, une iniure superficielle des arts et des sciences, une grande et belle voix qui prenait facilement le ton de la componction et du pathétique, une éloquence éblouissinte, moins occupée de l’édification des âmes solidement chrétiennes, qu'avide des applaudissemens d’un peupie volage et précipité, l’'amertume de son zèle et

T. Il. 23

354 HISÉOIRE GÉNÉRALE [An 450] ses déclamations perpétuelles contre les hérétiques, son respect enfin pour S. Chrysostôme, qui était plus révéré de jour en jour par le peuple de Constantinople, avaient répandu les préventions les plus avantageuses en faveur de cet hérésiarque. Il amena avec lui un nrâtre de confiance, nommé Anastase, et ils passèrent par Moy: : :, lunt l'évêque Théodore, voyant en eux toutes les dispositious propres à ses vues, leur communiqua, à ce qu'on prétend, le germe des impiétés qu'ils firent éclore avec tant de scandale,

Dès le premier sermon que prêcha Nestorius en arrivant à Constantinople, il s'él. : .untre les hérétiques en des termes qui ne furent jamais oubliés. « Seigneur, dit-il en adressant la parole à l'Empereur, exterminez avec moi les sectes, et avec vous j'exterminerai les Perses; et après la destruction des ennemis de l'Empire, je vous ferai encore triompher de ceux de votre salut". » Ce début charma le peuple, furieux alors contre le seul nom d’herésie; mais les personnes modérées et judicieuses augurèrent mal de ce trait de présomption ou d'enthousiasme. Nestorius ne s'en tint pas aux propos : il agit avec tant de violence, qu'on poussa les hérétiques au désespoir; ce qui occasiona des sélitions en plusieurs endroits. Peu de semaines apr°s son ordinatisn, et par ses sollicitations apparemment, l'Empereur porta de no’ velles lois, et renouvela les anciennes contre les différens sex :aires. Les Manichéens, comme les plus pernicieux à la société, fu rent le plus rigoureusement proscrits, chassés des villes, et condamnés au dernier supplice ; mais aucune des sectes qui troublaient l'Empire n’échappa à l'animadversion publique, excepté celle des Pélagiens fondés sur les mêmes principes que Nestorius et Théodore de Mopsueste, qui ne les avaient condamnés que par respect humain. Le nouvel hérésiarque aurait pu s'appuyer également des sectateurs de Pothin et de Paul de Samosate, ainsi que de la piupart des Ariens; mais ces héretiques étaient partout regardés comme tels, et levenus odieux depuis trop tong-temps. C'est avec les novateur: qui ont encore leurs apologistes, leurs fauteurs et leur « vale parmi les orthodoxes, que les novateurs plus récens aime1. … faire cause commune.

La nouvelle impiété fut d'abord prêchée par le prêtre Anastase,

ue Nestorius avait amené d’Antioche. Il osa proférer en pleine chaire ces paroles scandaleuses et jusque là inouïes : Que personne n'appelle Marie mère de Dieu : c'était une femme, et une femme ne saurait être la mère de Dieu. Quelque temps après, le patriar-

{ Ncst. Serm. edit. Garner.

[An 450] on respect ur en jour réventions

mena avec sérent par toutes les | ce qu'on C tant de

arrivant à ermes qui a parole à us j'exter- ; de l’'Emlut'.» Ce om d’heugurérent storius ne ce, qu'on sédlitions ation, et e nor vels se :aiiété, fu - , et conbublaient celle des et Théopar reser égaleainsi que tout reg-temps.

es, leurs vateurs

nastase, n pleine ersonne » femme patriar-

[Au 43] D? L'ÉGLISE. —— LIV, XV, 355 che fit prêcher la mème doctrine par un évêque qui se trouvit À Constantinople, homme signalé par son étourderie et son ÿ1conduite, qui l'avaient fait déposer, à ce qu'on croit, du siége de Marcianople. Celui-ci eut encore moins de ménagement qu'Anastase : il porta la témérité jusqu'à dire anathème à quiconque appellerait Marie mère de Dieu. Cette impiété excita une soudaine : et générale horreur, Tout le peuple jeta de grands cris, et l'on s'enfuit par troupes de l'église. Le patriarche approuvait néanmoins ces blasphèmes, et, profitant de la prévention de l'Empereur, qui le regardait comme un saint, il publia souvent lui-même de vive voix cette affreuse doctrine, et l'inséra dans des écrits qui se répandirent de tous côtés, L'esprit d'erreur et de présomption l'avait aveuglé : il comptait, ou que personne n’oserait s'opposer à des nouveautés proférees avec tant d'audace, ou que son autorité le ferait triompher de toutes les réclamations et de tous les obstacles,

Un jour de grande solennité, qu’il y avait un concours extraordinaire de fidèles pour l'entendre, après qu'il eut cité ce texte de S. Paul : La mort par un homme, et par un homme la résurrection : « C'est une question, dit-il, qui nous partage et qui agite beaucoup les esprits, de savoir s’il faut nommer Marie mère de Dieu, ou mère du Fils de l'homme et du Christ, Que ceux-là m'écoutent qui sont dans cette multitude; je les interroge à mon tour : Dieu a-t-il une mére? S'ils me répondent affirmativement, je leur dirai que les païens sont excusables d'en donner à leurs dieux, et que Paul est un imposteur, quand il dit la divinité de Jésus-Christ sans père, sans mère, sans génération. Non, Marie n’a point enfanté un Dieu. La créature n'a point donné la naissance au Créateur, mais à un homme, instrument de la Divinité, à J'oint da Seigneur, au Christ que j'adore. Car j'adore celui qui frappe mes regards, à cause du Dieu invisible qui en est inséparable, et qui réside dans l'homme, comme dans le temple qu'il s'est consacré à jamais. »

On ne pouvait s'expliquer plus nettement; on ne pouvait présenter d'une manière plus révoltante le venin de la nouvelle impiété. Tout frémit dans l'assemblée des fidèles; un murmure confus se répand de toute part; le scandale et le tumulte augmentent de moment en moment; chacun regarde son voisin avac effroi; tous attendent dans l'incertitude le dénouement de cette étrange scène. Alors un simple laïque qui fut par la suite évêque de Dorylée, l'avocat Eusèbe, homme vertueux et très-instruit des matières de religion, se lève avec assurance, et dit, ou plutôt s'écrie

356 HISTOIRE GÉNÉRA:Y (An 430] avec force * : « Nous faisons tous ici profession de croire, et telle est la foi constante de l'Eglise, que le Verbe éternel est vraiment né de Marie. » La multitude applaudit et donna de grandes louan-

s à Eusèbe; mais quelques personnes prévénues blâtèrent sa hardiesse : ce qui suffit à l'hérésiarque paur remonter ‘en chaire

* quelques jours après. Il y déclama beaucoup contre Eusèbe, et soutint avec opiniâtreté, qu'on ne devait pas dire que le Verbe ou le Filsde Dieu fût mort, ni qu'il fût né, mais seulement l'homme en qui était le Verbe. Ainsi il marquait deux personnes différen- ‘tes en Jésus-Christ. Eusèbe crut alors devoir publier une protestation en forme, toutefois avec la déférence convenable pour le clergé et les évêques auxquels il veut qu'elle soit d'abord communiquée. Il s'y attacha principalement à montrer que Nestorius était dans les sentimens de Paul de Samosate; qu'il soutenait, aussi bien que cet ancien sectaire, qu'autre est le Verbe, autre Jésus-Christ, et qu'il ne faisait pas de l’un et de l'autre un seul individu, selon l'enseignement constant de l'Eglise, dont il prouva la tradition par les Pères et les symboles des conciles, Après cet éclat, on commençca à traiter Nestorius d'hérétique, et plusieurs se séparèrent de sa communion.

Proclus, évêque titulaire de Cyzique, et qui faisait les fonctions dé*prêtre à Constantinople, dont il mérita de remplir par la suite le siége patriarcal, montra le même zèle, en préchant que le fils de Marie n'est pas un pur homme, mais Dieu par nature; que la Sainte-Vierge est nommée très-proprement mère de Dieu, et qu'il est exactement vrai de dire que Dieu est né et qu'ilest mort. Le prédicateur ne nomma point Nestorius, qui était présent, et se contenta de réfuter ses erreurs; mais l’hérésiarque n’en concut pas moins de dépit ; d'autant mieux que Proclus fut extrêmement applaudi, tant pour l'élégance de son élocution que pour la profondeur de sa doctrine. C'était encore l'usage, qu'après qu'un prêtre avait prêché en présence de l’évêque, celui-ci, comme chargé directement du ministère de la parole, ajoutât quelques mots d'édification. Le patriarche, en se conformant à cette coutume , essaya d’affaiblir ce qu'il venait d'entendre, et soutint derechef qu'on ne devait pas dire simplement que Dieu est né de Marie, mais qu'au Verbe de Dieu était joint celui qui est né de Marie. Il fit par la suite trois autres sermons contre celui de Proclus, qui paraît lui avoir tenu fort au cœur.

Ces différentes pièces de Nestorius furent rassemblées dans un

{ I Part. Conc. Eph. c. 13.

FT Nes

[Aw 450] mème volume savent si bien En peu de te Rome, Mais a monastères de plus renommé Ja nouveauté, plus qu'ailleu nouvelles faci effet, ce mau les imaginatio foi d'une mult vant toutes le sôt, portant l'i uns ne puren les plus audac tés comme le Mais, le trou communautés l'arbre à ses fi le patriarche C'était S. Cj diat, qui occu tion, doué d'u rait l'importa affaires et dan sous les deho l'imposture P et de ce gen:

peuvent éton présentation | zélé : tel était ‘un hérésiarqi somption, pa cordait une « crite, qu'elle Le premie:

des fidèles co de son diocè jusqu'à la su froidir la pié

‘ Cyril. in Ne:

[Au 450) DK L'ÉGLISE, — LIV, XV. 357 mème volume, avec la méthode et tout l'artifice que les sectaires savent si bien ‘employer pour la propagation de leur doctrine, En peu de temps ils la répandirent en tout lieu, et jusque dans Rome, Mais avant toute chose ils s'étudièrent à en infecter les monastères de l'Egypte, et de préférence ceux qui étaient les plus renommés pour leur austérité et leur ferveur. Ils savaient que la nouveauté, une fois établie dans ces retraites, y tient beaucoup plus qu ailleurs; qu'elle y prend un nouveau crédit et y trouve de nouvelles facilités pour en imposer au commun des fidèles, En effet, ce mauvais levain ne tarda pas à y fermenter dans toutes les imagination exaltées et vides de la piété sincère, Bientôt la foi d'une multitude de reclus inconsidérés flotta au hasard, suivant toutes les impressions qu'on entreprit de leur donner; bientôt, portant l'impiété plus loin que son premier auteur, quelquesuns ne purent plus souffrir que Jésus-Christ fût appelé Dieu ; et les plus audacieux blasphémateurs ne manquèrent pas d'être vantés comme les solitaires les plus vertueux et les plus spirituels. Mais, le trouble et l'esprit de contention étant entrés dans çes communautés avec l'erreur, les supérieurs ordinaires reconnurent l'arbre à ses fruits : et, la contagion pénétrant jusqu'en Egypte, le patriarche d'Alexandrie fut informé du désordre,

C'était S. Cyrille, neveu de Théophile et son successeur immédiat, qui occupait alors ce grand siège. Plein de génie et d'érdition, doué d’une habileté et d'une vigilance telles que le n rait l'importance de son ministère, fort expérimenté dus affaires et dans l'art de connaître les hommes; instruit à pe sous les dehors les plus imposans, dans tous les détou:s l'imposture peut les rendre capables ; naturellement co et de ce genre de courage que ni les obstacles ni les : a: peuvent étonner; aussi simple dans la foi que grand dans la :eprésentation et tous les desseins, aussi droit et aussi pieux que zélé : tel était l'antagoniste que la Providence avait préparé contre

‘un hérésiarque également dangereux par sa souplesse et sa pré-

somption, par la dignité qu'il occupait , et par l'estime que lui accordait une cour d'autant mieux prévenue en faveur de l'hypocrite , qu'elle avait plus de religion.

Le ‘premier soin de Cyrille fut de prémunir la précieuse partie des fidèles commis à ses soins, dans les monastères innombrables de son diocèse”. Il eût bien souhaité que des questions poussées jusqu’à la subtilité, et dont le moindre inconvénient est de refroidir la piété et d’altérer la charité fraternelle, n'eussent jamais

‘ Cyril. in Nest. 1; ad Mon. Ep. 1. — ? Epist. ad-Mor. Conc. Eph. c. 2.

pénétré chez des solitaires, plus propres sans doute à leurs travaux et aux exercices d'une vie pénitente qu'aux sciences et à l'étude, Mais si ce principe est excellent avant que le mal ait cominencé, pour le prévenir avec la-discrétion la plus circonspecte; ce né serait plus qu'une économie désastreuse dans le pasteur, de laisser le troupeau tranquille, quand une fois la contagion l'a gagné et menace d'y tout corrompre. Aussi le sage prélat, sans entrer dans des spéculations capables d'augmenter le feu de la dis-

pute, rappela simplement ces bons religieux aux premiers prin-

cipes.de la foi chrétienne.

« Comment, leur écrivit-il, peut-on mettre en doute si Marie doit être appelée mère de Dieu? Si notre Seigneur Jésus-Christ est Dieu, comme il l'est véritablement et par nature, selon le saint concile de Nicée, comment la Sainte-Vierge ne serait-elle pas mère de Dieu? Quoique les Apôtres n'aient pas usé de cette façon de parler, elle n’en exprime pas moins la foi qu’ils ont enseignee. Telle était pareiliement la foi de nos Pères, entre autres de l'illustre Athanase (et il leur cite les paroles de ce Père). Mais la Vierge est-elle mère de la Divinité? dira-t-on par une subtilité digne des blasphémateurs qui l'emploient. Mais dans l’ordre de la nature, bien que les mères n’aient aucune part à la création de l'âme, dit-on qu’elles sont mères du corps de l'homme, non de l'homme entier?» I] prouve ensuite d'une manière également simple et sensible l'unité de personne en Jésus-Christ. Il dit, entre autres choses, que, sans cette unité, les Juifs et les Gentils auraient droit de nous reprocher que nous sommes les adorateurs idolâtres d’un pur homme.

Cyrille, instruit en même temps de la haute opinion qu'on avait de Nestorius à la cour de Théodose, composa deux traités qu'il adressa à cet empereur et aux princesses sa femme et ses sœurs, pour préserver leur foi d'un jéril qu'ils craignaient trop peu. Quoique les gens de cei ordre ne soient guère versés dans les sciences ecclésiastiques, ces traités sont beaucoup plus profonds que la Lettre aux solitaires, parce que le prélat prévoyait qu'ils seraient aussi plus examinés, et passeraient sous les yeux de beaucoup plus de personnes. Cependant la Lettre aux solitaires fut extrêmement répandue, et parvint même en assez peu de temps à Constantinople. Ces différens écrits produisirent le meilleur effet. Les gens de bien de toute condition en furent au comble de Ja joie. et plusieurs magistrats en écrivirent des lettres de remerciement à l’auteur. Mais autant le contre-poison de lhérésie opérait dans les cœurs infidties, autant l'hcrésiarque augmentait de haine contre un contradicteur réservé «ru ne donnait point

situés E

‘An À de p cher écriv mé dans et co verné mier pas C qu'il en ig de va tr'ava App€ siper l'abri Ce droit répoi comf obsti par | le gu Ilin.

drie, cé p tout et ce lat d dre.

phil tôt ICE crin un dé ] plu:

ne ] qui en dar

de

[An. 430]

teur, de

e la dis-

selon le rait-elle de cette ont enutres de Mais la ubtilité re de Ja tion de non de lement lit, en- Gentils rateurs

qu'on traités et ses it trop ans les fonds quils beaues fut temps illeur omble de reérésie entait point

situés

‘An 630] DE L'ÉGLISE, — LIV. XV. 359 de prise, et qui n'avait d'autre tort auprès de lui que de l'empécher d'aggraver le châtiment de ses propres crimes. Jusque là, èn écrivant contre les nouvelles erreurs, Cyrille avait extrèmémént méaagé la personne de Nestorius, et ne l'avait encore notmé dans aucun de ses ouvrages. Il crut devoir lui écrire directement ; et coinme le patriarche de Constantinople voulait animer le gouvernement contre tous les défenseurs de la foi, en ctiant le pre mier au troublé et au scandale : « Ce scandale et ce trouble n'ont pas commencé par mes écrits, mais par ceux qué je combats, soit qu'ils soient Je vous ou non, dit S. Cyrille, qui voulait encorè en ignorer l’auteur. Vous n’avez nulle raison de vous plaindre, ni de vous élever contre moi qui n’ai d’autre part au trouble que dé

travailler à y remédier. Mais il est aisé de faire cesser le scandale. Appelez mère de Dieu la Sainte-Viergè : c'est le moyen sûr de dissiper nos soupçons, et de mettre l'Eglise aussi bien que l'Empire à l'abri de toute suite fâcheuse. »

Ce n'était pas là ce qui pouvait calmer le sectaire. Piqué à l'endroit sensible, et dissimulant néanmoins, quoique assez mal, il répondit avec des égards étudiés et en des termes si visiblement compassés par la mauvaise foi, qu'on n'espéra plus fléchir son obstination. Tandis même qu'il se déguisait encore, il déchiraït par les plus atroces calomnies le médecin charitable qui voulait le guérir, et ne laissait échapper aucune occasion de le chagtiner. Il indisposa étrangement la cour contré le patriarche d’Alexandrie, et il inspira au jeune empereur des préventions funéstes dont cé prince eut beaucoup dé peine à révenir. Nestorius émut dé tout son pouvoir le peuple même, si catholique à Constantinople, et celui de toutes les contrées voisines, contre ce premièr prélat de l'Orient, dont il prévit dès-lors tout ce qu'il avait à craindie. «C’est, leur disait-il, le neveu de cet inique et violént Théophile, l'héritier de la fortuné et des vices du persécuteur, ou plutôt de l'assassin de votre saint père Chrysostôme. Ce dernier tyran le persécute encore après sa mort, et s’obstine à canoniser lé crime de l'ancien, plutôt que de s'unir à l’Église, pour révérér un saint dont les vertus ét la divine éloquence font l'admiration dé l'univers. Race perverse ét gangrenéé dans toutes sès parties, plus elle avance, plus elle se montre ennemie de toute piété. » On ne pouvait péindre decouleurs plus noires le neveu de Théophile, qui, par une prévention trop grande en faveur dé son oncle, fut en effet un des derniers à mettre le nom de S. Jean Chrysostômé dans les dyptiques de son église.

Cyrille ne se laissa point émouvoir par toutes ces injures. Mais de mème qu'elles ne lui inspirèrent point de timidité, elles ne lui

360 HISTOIRE GÉNÉRALE [An 450] occasionèrent ni vivacité, ni ressentiment. N'ayant aucun lieu de douter de la défection Fe Nestorius, ni de son opiniâtreté, il était sans doute autorisé à le déiépnielies de sa communion, au moins d'une manière conditionnelle, et supposé qu’il réfusât de lever le scandale : il arrivait même journellement de toutes les églises orientales, des personnes qui murmuraient des progrès de la nouvelle hérésie, et les attribuaient à l’inaction des pasteurs. Par tout Constantinople, on disait hautement qu'on n'avait plus d’évêque. Cependant S. Cyrille, comme nous le voyons dans la lettre qu'il écrivit à ce sujet au souverain pontife”, ne faisait point encore d'éclat. Après avoir dit qu’il s'était efforcé sans succès de rappeler Nestorius de ses écarts : « Il est temps, ajoute-t-il, d'avertir votre sainteté, comme le devoir et l’ancienne faite nous y obligent, de ce que la malice infernale entreprend dans nos églises non en des questions de peu d'importance, mais dans un point capital où l'honneur même de Jésus-Christ se trouve attaqué. Daignez guider nos démarches, et nous faire savoir si votre sentiment est qu ‘on doive communiquer avec Nestorius, ou se séparer de sa communion sans ménagement, afin que la conduite des orthodoxes soit uniforme dans nos provinces. Il est nécessaire que vous dirigiez de même par vos lettres les évêques de Macédoine et tous ceux de l'Orient ; aussi n'ai-je encore rien mandé à aucun d'eux touchant l’état de l’église de Constantinople. Je commence par vous faire savoir que déjà le peuple ne s’y assemble plus avec l’évêque, à l'exception de ses criminels adulateurs et d’un très-petit nombre de personnes de la foi la plus faible; presque tous les monastères avec leurs abbés, et la plupart des magistrats se sont retirés ; tous les Orientaux ont la même horreur que nous de la nouvelle doctrine. Pour la faire bien connaître à votre sainteté, je lui envoie les livres qui la contiennent, en y joignant les passages des Pères qui la combattent, et les lettres que j'ai déjà écrites à ce sujet.» Le diacre Possidius fut le porteur de ces dépèches, auxquelles S. Cyrille ajouta un précis de la doctrine de Nestorius.

Rien ne pouvait arriver plus à propos. Les écrits du novateur étaient tombés entre les mains du souverain pontife; mais il ne pouvait se persuader qu'ils fussent d'un évêque qu’une cour orthodoxe et pieuse lui donnait pour un saint. Sa conviction fut parfaite, quand il reçut des lettres de Nestorius même, qui, voyant tous les mouvemens qu'occasionait la nouvelle doctrine, crut de son intérêt de prévenir le pape, soit qu'il eût quelque

‘ Conc. Eph. part. 1, €. 14.

[An 450] n lieu de é, il était au moins e lever le s églises e la nouurs, Par plus d’'éla lettre point enuccès de -il, d'ame nous lans nos dans un attaqué, re sentià séparer

des or-

ire que cédoine à aucun nmence ble plus et d’un presque igistrats ue nous re sainant les ai déjà ces dérine de

>vateur is 1l ne

ur oron fut ) qui, ctrine, uelque

[An 430] DE L'EGLISE. — LIV. XV. 36t espérance de surprendre la religion et la sainte modération de Célestin, soit plutôt qu'il ne se proposât que de gagner des dé: lais, si avantageux au point où se trouvait la secte nouvelle,

Dans cette lettre artificieuse', Nestorius parla d'abord de Julien d'Eclane et de quelques autres évêques pélagiens que ce patriarche hérétique avait reçus à Constantinople, et qui se plaignaient que, professant la foi orthodoxe, on les traitât comme des hérétiques. Il pria le pontife de lui faire savoir comment la cause de ces prélats avait été traitée, et si on devait les regarder comme jugés définitivement. Ce procédé était d’une mauvaise foi affectée, un évêque de Constantinople ne pouvant ignorer que les Pélagiens avaient été condamnés huit ou dix ans auparavant dans cette église. Mais il faut se rappeler que ces deux hérésies avaient le même intérêt, et qu'il voulait faire servir la première à mieux défendre la seconde. C'est pourquoi, après quelques lieux communs sur le zèle que doivent avoir de bons pasteurs contre les nouveautés, et après avoir donné pour une altération de J'ancienne foi à Constantinople les sentimens qu’il y avait trouvés sur l’Incarnation, il y professe clairement sa doctrine impie. Il dit en propres termes, qu'on doit nommer Marie mère du Christ, et non pas mère de Dieu, puisque les Ecritures, poursuit-il, ne lui donnent nulle part ce titre; qu'on peut tout au plus le souffrir dans un sens impropre, en tant que le corps du Christ, tiré de Marie, est le temple du Verbe, et qu’il en est inséparable. Mais la Vierge, reprend-il, n’est pas la mère du Verbe, puisqu'elle n'a pu enfanter celui qui est plus ancien qu’elle. Avec cette lettre, Nestorius envoyait, dans ses écrits sur l'Incarnation, signés de sa main, des preuves encore plus complètes contre lui.

Avant de répondre, le pape fit tout traduire en latin, et procéda avec la plus sage maturité, dans une affaire qui annonçait des suites d'une telle importance. Tout Rome crut ne pouvoir: trop prendre de précautions, et devoir seconder les grandes vues du pontife. Léon, qui par la suite ne signala pas moins sa sagesse dans le gouvernement de l'église romaine dont il n’était alors qu'archidiacre”, engagea Jean Cassien, renommé par ses conférences, à opposer un bon traité de l'Incarnation à la nouvelle hérésie. On le croyait plus propre qu’un autre à remplir cette tâche épineuse, non-seulement à raison de son habileté dans la science de la religion, mais encore parce qu'il savait parfaitement la langue, les usages, les mœurs des Grecs, et qu'il avait acquis bien des connaissances locales et personnelles non moins utiles à cette

! Conc. Eph. part. 1, c. 16. — ? Ibid c. 18.

Em SE NT RP AP ST ET

ms

36a HISTOIRE GÉNÉRALE [An 436] entreprise, durant son séjour à Constantinople. Peut-être aussi qué l'archidiacre, si habile à tirer parti des dispositions des hommes, voyant Cassien un peu enclin au semi-pélaginisme, préten. dait le mettre dans une soïte d'impossibilité de s’y éngagér plus avant, en lé cominéttant avec des adversaires également énnernis de la grâce et de la rédemption.

Aussi lé savant abbé, répondant dès son premier livre aux éspérances qu’on avait conçues de lui, s'y élève àvec force contre l'hérésie pélagienne, qu'il dit étroiternent liée avec célle de Nestorius, et pour cela protégée secrètement par les nouveaux sectaires. Dans les six autres, il entremêle, avec beaticoup d'art et d'intérèt, les mouvemens pathétiques et les sentimens aux argumens tirés de la raison, de l’Écriture, des Pères, et même à la réfutation des plus vaines subtilités d'uné multitude d’hérétiques. Rien de plus pressant que‘les reproches qu'il adresse à Nestorius dans le sixième livre, où il le confond par le Symbole même qui était en usage à Antioche, et que le novateur avait professé à son baptême. Il n'est pas moins touchant dans l'exhortation qu'il fait, sur la fin de l'ouvrage, à l'église de Constantinople, à qui il rappelle les lecons “u'elle avait recues constamment du grand Chrysostôme, que l'imposteur démentait ainsi que ‘ous les autres Pères, malgré son respect affecté pour celui-ci. Ce témoignage avait une grâce particulière dans la bouche de Cassien, qui avait été l’un des disciples les plus zélés de ce saint patriarche de Constantinople, au plus fort de ses disgrâces.

Le pape Célestin voulut encore que les évêques qui formaient son conseil ordinaire, se réunissent pour traiter de cette affaire capitale; car tel fut dans l'antiquité la plus reculée l'usage de Rome et de tous les grands siéges , de ne rien faire d’important, sans former comme un concile des évêques de leur dépendance, qui tint lieu de sérat au pontife, On ne peut avoir une autre idée de ces fréquens conciles que nous trouvons quelquefois rassemblés en si peu de temps. Le conseil de Céléstin ayant commencé l'examen des écrits de Nestorius, une doctrine si étrange révolta toute l'assemblée à la première vue. On la confronta avec celle des Pères, et l’on en rap rocha jes diverses parties les unes des autres, pour voir si ce qui avait d'abord paru si dur, ne serait pas expliqué et adouci par la suite, C'était partout la même empreinte de la nouveauté et de l'impiété, pariout des erreurs inexcusables, dans tous les sens que les expressions de l’auteur présentaient naturellement. L'impiété nestorienne fut donc p: oscrite d’une voix unanime avec les écrits qui l'énoncaient, et la déposition de Nestorius arrêtée, si, dans dix jours après la signification de ce jugement, il n'abjurait ses erreurs.

imens réfuiques.

torius ne qui à son qu'il qui il grand utres nage avait Cons-

aient ffaire tome s for-tint s fré- | peu crits lée à n en si ce par t de que été crits dix urs.

CAn 45v] DE L'ÉGIISE. —- LIV, XV. 363

Pour l'y encourager efficacement, ou plutôt pour ne rien omettre des devoirs qu'imposait la charge de père et de pasteur, Célestin, qui paraît n'avoir plus guère espéré que le sectaire vint à résipiscence, ne laissa pas que de faire une réponse circonstanciée aux divers objets des lettres qu'il en avait reçues". D'abord il fit sentir à Nestorius qu'on n'apercevait que de la mauvaise foi dans les questions qu'il faisait par rapport aux Pélagiens; qu’il ne pouvait ignorer le jugement rendu contre eux par Atticus, en cela digne successeur du grand Chrysostôme; que sous un pareil pontifieat, ils n'avaient eu garde de se fixer à Constantinople; qu'au reste, on ne s'étonnait pas qu'ils eussent enfin trouvé leur asile dans un lieu où s’établissait une erreur en coniparaison de laquelle la leur pouvait paraître peu de chose; qu’il avait pourtant lieu d'être surpris de la faveur que Nestorius accordait à des gens condamnés pour avoir nié le péché originel, lui qui le conféssait formellement dans ses écrits; que deux partis si contraires né pouvaient se liguer de la sorte, sans se faire soupçonner d’une conspiration criminelle; qu'il devrait bien plutôt pourvoir à sa propre sûreté par une prompte et généreuse rétractation , que d'augmentre ses torts et ses périls en s’engageant dans une cabale décriée depuis long-temps, et que c'était bien à lui qu’on pouvait dire : Medecin, guérissez-vous vous-même. « Enfin, lui dit-il avec autorité, sachez que telle est notre décision et notre sentence, que si vous n'enseignez, touchant le Christ notre Dieu, ce que tienneni les églises de Rome et d'Alexandrie avec toute l'Eglise catholique, et ce qu'a tenu jusqu'à vous l'église de Constantinople; si dans dix jours, à compter depuis cette troisième monition, vous ne rétractez clairement et authentiqueinent par écrit la nouveauté que'vous avez avancée en divisant ce qu’unit l'Ecriture, vous serez sépaic de la communion de l'Eglise catholique. Tei est notre jugemerit que nous envoyons par notre cher fils le diacre Possidonius, à notre collègue dans l’épiscopat, l'évêque d'Alexandrie, qui a eu le zèle de nous instruire de tout ce qui se passait, et que nous avons commis pour agir en notr: nom, et vous communiquer, ainsi qu'à tous nos frères les évêques, ce que nous ordonnons. » On peut remarquer dans ces rapports mutuels du pape et des évéques, que Célestin ne les nrinme que frères ou collègues dans l'épiscopat, tandis que les préiats des plus grands siéges l'appe!lent leur père, avec toutes les marques de leur dépendance, pour les causes qui ont trait au gouvernement général de l'Eglise.

Le souverain pontife écrivait en même temps à S: Cyrille, au

* Epist, ad Nest. part. 1 Conc, Eph. c. 18.

de ere Scope er

* À hi

Page 1