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492 HISTOIRE GÉNÉRALE [An 454] cure idolâtres ainsi que les Francs. Les autres peuples professaient l'arianisme, Les Visigoths suiyaient la même religion, dans les Espagnes, qu'ils avaient subjuguées presque tout entières, Gen: séric, maître de l'Afrique, était non-seulement arien mais. persé: cuteur plus obstiné et plus violent, que: n'ayaientiété les Empereurs idolâtres. Biol el T off eV La foi chrétienne n'était. pas.sur un meilleur, pied, en. Orient, sous l'empire de Zénon, qui succéda, en 474, à Léon spn beaupère. Ainsi, dans tout l'univers, il n'y avait pas un-seul royaume, pas même une province, qui eût un souverain catholique. Le patrice Ricimer, qui, sans aucun titre de domination, jouit si long-
temps d'un pouvoir beaucoup plus absolu;que. ceux qui en étaient
revêtus publiquement, professait la religion, de ses pères, c'esta-dire l’arianisme, car il était goth‘de naissance. Aussi les fidèles neurent pas alors un moindre besoin du secours d'en-haut, que dans celles des persécutions anciennes qui firent le plus de martyrs, Le Seigneur.ne manqua, point, à son Eglise. Il parut clairement au contraire qu'il ne; permettait. ces bouleversemens et ces troubles, que. pour la montrer supérieure aux révolutions des temps, et aux attaques) de la barbarie, autant qu'à, tous les autres efforts des puissances infernales, Les, loups furieux, qui semblaient n'entrer dans le saint hexcail que pour le dévaster; furent dépouillés ar la, main du Tout-Puissant de leur férocité naturelle. Odoacre, dont le seul nom,avait répandu. l'alarme dans, toutes les églises de l'Italie, là fit cesser dès qu’il fut maître du pays. Tout attaché qu'il était. à l'arianisme, il açcorda des grâces insignes à plusieurs saints évêques en faveur de leurs peuples. IL. abolit mème où diminua considérablement les tributs excessifs dont les avaient accablés les derniers empereurs, tyrans d'autant plus durs envers les citoyens, qu'ils étaient plus incapables de faire tête aux Barbares. ol Cette conduite provint principalement des rapports, d’Odoacre avec un solitaire d'une admirable sainteté, qui habitait les rives du Danube assez près de Vienne". Comme Séverin, c'est le nom du solitaire, jouissait de la plus grande vénération parmi tous les habitans de l'Autriche et de la Bavière, qui le nomment leur apôtre, Odoacre, ne put passer dans le voisinage sans être frappé de sa renommée. Avant d'entrer en Italie, il voulut obtenir sa bénédiction : il vint dans l'appareil le plus modeste; il pénétra jusqu'au fond de la grotte où le saint était comme enseveli, et qui était si basse, que le prince barbare, d’une taille extraordinaire,
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[An 474] DE L'ÉGLISE, — LIV. XVIL 493 fut obligé de se'téhir courbé pour ne pas toucher à la voûte, Odoûcte n'avait rien dans ses Vétémenis ri dans tout son extérieur qui püt'le‘füire connaitre : toutefois Comme il prenait congé du solitätré/ Sévérin ne lé salua pas seulement comme le chef de la nätiün, mais il lui prédit toute la suite de ses prochains succès, « Vous allez en Italie, lui dit-il, et vous n'êtes vêtu que de pauvres foürrüres; mais vous sérez bientôt l'arbitre des plus hautes for- «unies. 2'T1 ui dit mêmé avec précision qu'il régnerait treize à quétorie ans® Quarid'Odbätre se vit en ‘effet roi d'Italie, il se souvint de l'Hôiritié de Dieu, et lui écrivit de lui demander tout ce qu'il voudrait; dvec assurance de l'obtenir. L'humble Séverin ne voulut point paraitre dédaîgner la libéralité du prince, et \demända:le räppél d'un exilé, qu'il obtint dussitôt. ! je
“On'ignore le lieu dé H'naissance de cét illustré solitaire, qui prit le plus grand som delà tenir cachée. Dans üne assemblée où toutes lés personnes’ distinguées par leur piété et par, leur rang témoignaient une grande énvie/d'äppréndre quelle terre l'avait va naître, ün prêtre, nomme Parmenius, foft considéré
du saint, avec qui il vivait dans‘une ébrte de familiatité ; fui de-
mandä, au om de tous'les autres, dans le’ style figuré de ces peuples, sur quel'bord s'était levé l'astré qui éclatfäitenfin la Norique. Mais homme dé Diéu détournant là lotanpe ‘fans s'elfarouchiér, ét le prénant sur üñ’ton bädin : Parm nus} jui dita, né m'aimez:Yous pas assez pour payer ma fahtün, en” Cas que je sois un’ ésclave füugitif? ‘Crôyez-moi ; ajouta-t'il ; l'ekistenée que nous avons ici-bas est si peu dé chose, qu'il he’ faut nôûs connaître que par célle que noùs devons avoir dans l'étérrité. Épargnons-nous, moyennant une discrétion qui coûte'si peu, fa grl tation dela vanité qui, pour être ridicule, n'en ‘est pas moins dängereuse. » On n’importuna pas le saint davantagé; mais on ne douta point qu'il ne fût d’une très-noble extraction, s4 modestie sans cela n’aurait pas caché si soigneusément son Grigine. La pureté même avec laquelle il parlait la langue latine, montrait qu'il était né dans quélque bonne ville d'Italie, et très-probablement à Rome, où il ÿ'avait une famillé sénatoriale ét consulaire du nom de Severin.
Il s'était d'abord retiré dans les solitudes de l'Orient, pour s’y formér à la perféction; puis il était revenu dans la Haute-Panno- Me, par une inspiration spéciale de l'Esprit de Dieu, qui voulait présenter ce grand objet d'édification aux regards de tant de nations qui allaient changer la face de l'univers. Il convertit beaucoup de Barbares, et leur imprima à tous le respect de la vraie