‹ Histoire générale de l'église [microforme]Chapitre 50 sur 77 · HER · texte numérisé non relu

HER

bio HISTOIRE GÉNÉRALE (An 485 erreurs; que la reconnaissance devait | engager à délivrer T E ue de ses perfides ennemis, comme Dieu avait délivré son état ‘un rebelle et d’un tyran. Il le conjurait par tout ce qu il ya a de Bus touchant et de sacré, de chercher à à se rendre. Je Seigneur pro Îce, en se proposant l' PAR des empereurs Léon ef. GCIEN, tes il était le successeur légitime. Il lui représentait en afin ses s propres exemples; comment, en remontant sur le trône, il avait ÉSr L à Rome en faveur du concile de Chalcédoine, et, s'était. ne contre l'usurpateur du siège deS. Marc, Cgsth-dise contre e Pi ierre- Monge, contre ses sectateurs et ses faüteurs. pété Dans 1a lettre à à Acace ", le pontile reproche à à ce politique} irre- ? ligieux ses tergiversations : et son sile a fécté s sur des objets : à l'égard desquels il importait si fôrt à |’ édification de l "Eglise qu'il s 'expliquât nettement. Revenant encore ICI à : l'étrange conduite dé l'Empereur, si contraire ‘à à ce qu'il il avait donné lieu d'espérer : : « Vous deviez, dit- il, re] résentér à ce prince tout ce qu'il a fait contre Piérré d'Alexandrié et pour. Timothée le catholique ; car on sait assez le crédit que vous avez : ‘auprès de Zénon. Pourquoi ne l'e employiez-vous pas à détourner l’ Empereur de rétablir l’hére-

sié qu'il avait abattue? À quoi vous servira sans cela le zèle que

vous avez montré contre le premier fauteur de l'impiété, c'est-àdire contre le tyran Basilisque P Voulez-vous en perdre | l'éternelle récompense? voulez-vous vous perdre à jamais vous-même, pour avoir livré aux loups dévorans le troupeau du Seigneur, ou du moins pour avoir pris la fuite comme un lâche mercenaire? Vous ne sauriez même vous couvrir du prétexte honteux de la crainte et de la lâcheté, puisqu'on sait très-bien que vous n'avez rien à risquer pour ce monde; mais craignez pour l'éternité : c’est pour vous que je tremble. Je me rassure sur le sort de l'Eglise, qui ne dépend ni de vos efforts ni des miens, après les promesses de Jésus-Christ; mais redoutons le sort du coupable pilote qui abandonne le gouvernail pendant la tempête. Le vaisseau de l'Eglise sera conservé; mais ceux qui l'abandonnent comme ceux qui s'en écartent, périront infailliblement ; et c'est l'abandonner, que de ne pourvoir point à sa sûreté. » FAT avait pris son parti : toute Le éloquence pontificale ne füt pas capable de le faire changer. L'Empereur n'était pas mieux disposé. Ainsi, les évêques Vital et Misène, envoyés par le pape à Constantinople, et porteurs de ses lettres, au lieu des honneurs accordés en pareil cas au premier siège, au feu de voir accourir l'évêque et le clergé pour leur réception, trouvèrent à l'entrée du détroit une troupe de soldats qui les fouillèrent et les mirent en prison, après leur avuir enlevé

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[Aa 484] DE L'ÉGLISE, — LIV, XVII. 513 leurs papiers‘. Ou craignait surtout qu'ils ne remissent des lettres de Rome, capables d'émouvoir les esprits dans Constantinople, On ne trouva rien de semblable, mais on connut par les instructions du pupe à ses légats qu'ils avaient défense de communiquer avec Pierre-Monge, et même avec le patriarche Acace. On employa les menaces de mort, les “aresses et les présens, pour leur faire promettre le contraire, et l’on réussit. Alors on les tira de la tour d'Abydes, où on les avait emprisonnés. Ils entrèrent dans la viile; on les fit paraître en public et dans le lieu saint avec Acace et les apocrisiaires de Pierre-Monge, qu'ils reconnurent pour évêque légitime d'Alexandrie : scandale énorme, qui donna tant d'assurance à l'hérétique faction, que dès-lors on lut tout haut dans les tables sacrées le nom de Pierre-Monge, qu'on se aontentait de lire bas avant l’arrivée des Romains.

Tel est l'opprobre dont le saint Siège fut couvert par deux de ses légats : car pour le troisième, qui était Félix, défenseur de l'Eglise romaine, il répondit à tout ce que ce titre exigeait de lui. Etant tombé malade en chemin, il ne put arriver à Constantinople qu'après ses collègues, qu'après même qu'ils furent tirés de prison. On l'y remit à leur place, et on le traita encore plus mal qu'eux; mais il fut inébranlable, et se montra constamment digne de l'Eglise qu'il représentait. Plus glorieux dans les fers que ses collègues à la cour, il eut la consolation d'être vivement applaudi du peuple orthodoxe de la ville impériale, qui fit une protestation en forme contre le procédé des deux autres, et qui trouva moyen, dans une assemblée publique, d'en attacher une copie à leurs vètemens.

Cyrille, abbé des acémètes, et d’autres abbés de Constantinople écrivirent avec zèle au souverain pontife; et Cyrille fit partir pour Rome un de ses religieux nommé Siméon , afin que ces avis y parvinssent plus sûrement et y produisissent un plus grand effet. Cet abbé, par différens traits de zèle et de prudence, avait tellement mérité la confiance du pape Félix, qu’il était prescrit aux légats de ne rien faire sans le voir auparavant, et sans avoir concerté toutes leurs opérations avec lui. Siméon arriva heureusement à Rome, et assez tôt pour informer le pape de ce qui s'était passé avant le retour des deux légats Misène et Vital, qui revinrent peu de temps après, et se présentèrent tout pleins de confiance, chargés des lettres de l'Empereur et du patriarche de Constantinople. Tout y était pallié, tout y était présenté sous une face avantageuse. On y parls’. ca termes honorables du concile de Chalccdoine, qu'on assurait avoir été souscrit par Pierre-Monge; et l'on

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514 HISTOIRE GÉNÉRALE (An 484) prodiguait des éloges à cet intrus, tandis qu'on accusait grièvement Jean Talaïa. Le pape tint un concile : on examina mûrement l'affaire des légats, on lut les lettres des catholiques de Constantinople, on entendit les légats eux-mêmes, et on les confronta avec le moine Siméon, qui n'eut pas de peine à les confondre. Aussitôt après, Vital et Misène furent excommuniés, et déposés de l'épiscopat,

On confirma les sentences portées par le saint Siége. contre Pierre-Monge, déjà qualifié d'hérétique. Pour Acace, on se,con. tenta de blâmer sa conduite peu conforme à.elle-même, en ce qu'ayant taxé Pierre d'hérésie dans ses lettres au pape Simplice, loin de le faire connaître pour tel à Zénon, il avait fait voir, par une duplicité et des ménagemens indignes d'un évêque; que la faveur de la cour lui était plus chère que la foi. Le pape voulut encore tenter de, le ramener, et lui représenta :paternellement qu'il avait péché, mais qu'il était toujours temps d'obtenir le pardon de sa faute: par;un: repentirsincère, en n'y retournant plus, et en s'efforçant dela réparer.

L'obstiné patriarche; qui dans le fond ne pensait pas mieux que Pierre-Monge, ne quitta point la communion de l'hérétique, et même ne lui conseilla pas ouvertement de recevoir le concile de Chalcédoine. Bien informé de toute cette conduite, le pape, vu l'importance de l'affaire, rassembla en concile les prélats d'Italie, et prononça la sentence de condamnation contre Acace. Elle contient tous les griefs dont on le chargeait, ses usurpations sur la juridiction de ses-confrères, sa communication avec les hérétiques condamnés par lé saint Siége, et autrefois par lui-même, leur promotion au sacerdoce et à l'épiscopat, le mauvais traitement infligé aux légats, et plus encore son personnage de suborneur à leur égard. « Enfin vous n'avez pas voulu répondre, ajoute-t-on, devant le siége apostolique, où vous étiez cité selon les canons par l'évêque Jean. Que votre partage soit donc avec les scélérais dont les intérêts vous sont si chers, et sachez que par la présente sentence vous êtes privé, tant de l’honneur du sacerdoce, que de la communion catholique. » Soixante-sept évêques souscrivirent avec le pape, qui signa, Cœléus Félix, évêque de l'Église catholique de Rome.

Il s'agissait après cela de notifier ce jugement à Constantino:

ple : commission fort délicate dans les circonstances. Tutus, ancien clerc de l'Eglise romaine, en fut fait défenseur à cette fin. Il se mit en route, plein de bonne volonté, et il eut l'adresse, de se dérober aux gardes qui le guettaient à l'entrée du Bosphore; mais il ne put parvenir à remettre la lettre du pape au patriarche. Par le conseil du défenseur, quelques moines acémètes eurent le courage de l’attacher au manteau d'Acoce, comme il entrait dans l'é-

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glise. Hs furent surpris, jetés dans les fers et si cruellement traités, qu'il en périt quelques-uns‘. Alors le faible défenseur fit voir qu'ilest plus difficile de surmonter le péril que de l'affronter, 1 entra én composition, il se laissa suborner, il communiqua avec celui qu'il venait exclure de la communion.

Cé fut un: suroroît accablant de douleur, d'humiliation et d'embarras pour le pape, quand il reçut à ce sujet les lettres de quelques abbés zélés. Il avait mandé, par Tutus même, au peuple et au clergé de Constantinople, la sévère condamnation des légats Misène:et Vital : afin de leveree premier scandale, il fallut encore plus vite user de la même rigueur contre Tutus. Dès qu'il fut de retour à Rome, on le convainquit en plein concile, par les lettres écrites contre lui. Il confessa lui-même sa lâcheté ; il fut honteusement privé de la charge de défenseur avant le temps où elle devait cesser, car elle était passagère, et outre cela privé de la communion, Le pape eut soin d'en informer les plus religieux cénobites de Constantinople, les chargea de publier cette réparation du dernier scandale, et d'avertir les fidèles que tous ceux qui voudraient être réputés catholiques eussent à se retirer de la communion d'Acace".

Bien assuré de la protection de l'Empereur, et content de la faveur des puissances du siècle, le patriarche méprisa tous'les décrets du chef de l'Eglise, et se porta dès-lors aux plus grands excès, Pour comble d'audace aussi bien que d’impiété, i} ôta le nom du pape des sacrés dyptiques, et par tout l'Orient fit chasser de leurs siéges une multitude d'évèques orthodoxes, leur en substitua d’herétiques , et ne laissa tranquilles que ceux qui professaient ou favorisaient l’hérésie. Ainsi, les prélats catholiques furent contraints de chercher des asiles dans l'Occident, où l'Eglise était moins tourmentée par les barbares ariens et idolâtres , que dans l'Orient par le successeur des Constantin et des Théodose. Acace fit traiter avec une rigueur particulière Calendion, patriarche d'Antioche, qu'il avait ordonné lui-même, et qui fut relégué dans les affreux déserts de l'Oasis. I colora cette inconséquence de prétextes spécieux : mais la vraie raison, c'est que ce digne prélat demeurait dans la communion du pape et du patriarche légitime d'Alexandrie, Jean Talaïa, et qu'occupant une si grande place, son autotorité et son exemple étaient du plus grand poids pour la bonne cause. Il rétablit aussi Pierre le Foulon, qu'il avait tant de fois condamné, n’exigeant autre chose de ce scélérat diffamé que la signature de l’'Hénotique.

# Nicephor. xvr, 17. — © Gest. de num. Acac. in fin.

516 HISTOIRE GÉNÉRALE (An 494) Zénon, de son côté, afin d'appuyer la séduction, se para de tous les dehors du zèle pour le progrès et la pureté de la foi, Il: s'intéressa auprès d'Hunéric, roi des Vandales, fils et successeur de Genséric, en faveur de l'église de Carthage, qui était sans évêque depuis vingt-quatre ans. Sur les instances redoublées de l'Empereur, elle eut permission de se ehoisir un pasteur, quoiqu'à des conditions dures et onéreuses; ce qui n'empècha point que Île peuple ne conçût une joie extrême quand il vit ordonner Eugène. Îl y avait une grande partie des citoyéns qui n'avatent jamais vu d'évêque assis dans cette première chaire de l'Afrique. Mais tous se crurent au-comble du bonheur, quand:ils virent éclater les vertus du nouveau prélat; sa douceur, son humble affabilité, sa charité tendre et agissante, ses aumônes prodigieuses, une bienfaisancé à laquelle personne n'échappait, et qui était inépuisable, quuiqu'il ne réservât jamais rien pour le lendemain. Les barbares s'étaient emparés de tous les fonds de l’église ; mais le digne usage que l'évêque fuisait des oblations, engageait une multitude de personnes ‘à lui apporter journellement des sommes considérables, qu'on lui vit toujours distribuer avant la nuit, à moins qu'on ne les lui eût remises trop tard. Ainsi il s’attira indistinctement l'affection 'ét le respect, non-seulement des catholiques, mais des Vandales mêmes. Telle fut néanmoins la première cause d’une persécution plus cruelle que n'avait été celle même de Genséric. Tant d'hommages rendus à la vertu d'Eugène excitèrent une jalousie furieuse dans les évêques ariens, principalement dans le cœur de Cirila, le plus puissant d'entre eux. Ils exagérèrent au roi les dangers que courait sa communion ; et l'on commença par empêcher que personne ne parût dans l'église catholique en habit de barbare. C'est ainsi que les Vandales se nommaient eux-mêmes, pour témoigner leur aversion et leur mépris de la mollesse romaine. Hunéric fit mettre à la porte de l'église des gardes, ou plutôt des bourreaux qui, voyant un homme ou une femme entrer avec l'habit de Vandale, leur jetaient sur la tête de petits bois dente lés, dont ils leur entortillaient les cheveux; puis les retirant avec force, ils leur arrachaient la chevelure avec la peau de la tête. Quelques personnes en moururent, et un grand nombre en perdit les yeux. On promena des femmes, la tête ainsi écorchée, précedées d’un crieur, pour leur faire honte et jour intimider la multitude. Il y avait à la cour d'Hunéric un assez bon nombre de catholiques, dont les talens rares et les vertus éprouvées les avaient jusque là maintenus dans plusieurs charges de confiance et de disunetion. Non-seulement on les chassa du palais; mais on les fit conduire dans les plaines d'Utique, et on les réduisit impitoyable-

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(An 484) DE L'EGLISE, — LIV, XVII 5 19ment, malgré la délicatesse de leur complexion et la différence de leurs habitudes, à couper les blés, aux plus grandes ardeurs du soleil, Mais ce ne fut là que le prélude de la persécution d'Hunérié, monêtre de cruauté, qui fit périr tous ses proches pour assurér le royaume à ses enfans, et crut sanctifier ses penchans sanguinâirés en les tournant contre les ennemis de ses vices et de ses erreurs. Plusieurs ‘saints personnages furent instruits, par des visions effrayantes, de ce que l'Eglise allait, souffrir : l'effet ne tarda point ï confirmer ce qu'ils avaient annoncé.

Les premières violences tombèrent sur les personnes consacrées à Dieu. Le roi commanda qu'on fit assembler les vierges catholiques, qu'elles fussent honteusement visitées par les matrones, et qu’à force de tourmens on les obligeât de déposer contre les ecclésiästiques. On les suspendit avec de gros poids aux pieds, on léur appliqua des lames de fer enflammées sur le sein et sur les côtés; et dans cet état, on les pressait d'accuser les prêtres et les évêques d'être leurs corrupteuxs. Plusieurs périrent dans ces tortures, un plus grand nombre en demeura estropié;, mais pas.une seule n'accusa le moindre clerc'.

Le tyran, voyant qu'il ne pouvait déshonorer le clergé par cet indigne stratagème, s’emporta sans prétexte et sans ménagement. En une seule fois, il rélégua dans le désert des ministres ecclésiastiques de tous les ordres, avec d’autres fidèles de leur famille ou de leur suite, au nombre de quatre mille neuf cent soixanteseize personnes, parmi lesquelles il se trouvait quantité d'infirmes et de vieillards si décrépits, que plusieurs avaient perdu la vue. Félix d’Alurite, qui comptait quarante-quatre ans d'épiscopat, languissait d’une paralysie qui ne lui laissait pas même l'usage de la langue. Les fidèles, ne sachant comment l'emmener, firent prier Hunéric de le laisser près Carthage en quelque réduit, où il ne pouvait plus guère vivre. Le barbare répondit : « S'il ne peut se tenir à cheval, qu'on l’attache à des bœufs qui le traineront où je lui ordonne d' aller”. » Il fallut en effet le lier en travers sur un mulet, et le transporter comme une masse insensible,

Les confesseurs furent rassemblés dans la ville de Sicque, d'où les Maures les devaient conduire dans le désert. On les enferma dans une prison qui était supportable, et où les fidèles du lieu vinrent les consoler ; mais on les priva bientôt de cette satisfaction, parce qu’ils paraissaient plus fermes que jamais. Il n'y avait pas jusqu'aux enfans qui ne signalassent leur constance, en résistant aux efforts de quelques mères aveuglées par leur tendresse,

# Vict. Vitens. lib, 2. — ? 'hid. num. 9.

518 HISTUIRE CÉVÉRARE [An 484] Ë ! ù \ . > nul ai iré à la ocrseui voulaient les rebaptiser pour les soustraire à la » rs be On resserra doncilés prisonniers dañs ün cachot affreux et si étroit; qu'ils étaient entassés les’ üns sur les autres, sans avoir même-Fespace libré poüt satisfaire ‘aux bésoins naturels :

produisit une infectiôn tontägieuse ét Une’ hosrible multi-

J ; pan Le (O0 2AIeLUOT LEE, rc den qui engérdrés dans vente cotru] ton , es y dévoraient toutrvivariss historien Victor”, qui én parle, comme témoin ouuldiré; dit qu'ayant trouvé moyen d'éntrer dans Ge, cachot;, en donnant de l'argent aux Maurés tandis que les Vandales étaient -endormis , il enfonçait jusqu'aux genoux dans l'ordure et bé pe fit enfin partir, sous la conduite des Maures. Ts sortirené de'cè-cloaque; non-seulement les habits dégoûtans de saleté, mais leuxs cheveux mêmes, Îeur visage’ ét touté leur personne dans un\état que:la: délicatesse dés lecteurs ïe nous permet pas de ‘peindre aunaturel. Ils'chäntaient cépendant des cantiques d'actions-de ‘grâces; et s'estimaient heureux de souffrir ces indignités-pour la gluite du Fils dé Dieu. Lés peuples accouraient de tous côtés pour dés voir, portant des ciérges allumés , demandant leur bénédiction pour'eux et por leurs enfans qu'ils leur présentaientsset se:plaignunt, avec etfusion de larmes, de rester sans pastéurs;en:proie ‘aux loups dévorans. Mais on repoussait avec brutalité es pieux fidèles; où, après leur avoir laissé exercer leur libéralité enverslès confesseurs, on prenaît à ceux-ci ce qu'ils leur avaient donné: On reriarqua une femme qui avançait avec précipitation, tirant un‘enfänt par la main, et lui disant ; « Cours, mon ‘petit ami; vois£u comment tous ces saints se pressent d'aller recevoir leur couronne?» Ceux qui les eccompagnaient la blàinaient-de-son imprudenee et de sa dureté. « Priez pour moi, leur dit-elle,:ét pour ‘éet enfant qui est mon petit fils; je l'emmène, de veur que l’ennerni de nos âmes ne le surprenne seul et ne lui fasse souffrir-ane ‘mort infiniment plus funeste, »

Les-évnfesseurs se montraient plus sensibles aux périls des fidèles qu’à leurs propres maux, quoiqu'on pressât inhumainement ieur marche : car plus ils recevaient de témoignages de vénération, moins on leur donnait de relâche. Quand les viillards où les enfans n’en pouvaient plus, on les piquait avec des dards, ou on leur jetait des pierres pour les faire avancer. Quand excès de la fatigue en abattait de icmps en temps, on commandait aux Maures de leur attacher des cordes aux pieds, et de les traîner comme des bêtes mortes; en sorte que ces chemins rudes et tout pierreux

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