‹ Histoire générale de l'église [microforme]Chapitre 53 sur 77 · LIVRE DIX -HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DIX -HUITIEME

DEPUIS LA CONVERSION DES FRANCS EN 496, 3USQU’A L'EMPIRE pe JUSTINIEN EN 527.

Dans le changement entier de l'ordre politique du monde, causé tant par la substitution des nouveaux dominateurs de l'Occident à la puissance romaine, que par l'état de crise dans lequel l’'Empire demeurait en Orient, l'ordre ecclésiastique devait éprouver aussi quelque modification nouvelle. Instruits par l'Evangile a joindre la prudence du serpent à la simplicité de la colombe, c'està-dire, à ne point tenter le Seigneur, et à s’aider de tous les moyens de la sagesse, en atténdant tout de la Providence, l'Eglise et 1es pontifes chargés de son régime devaient se prêter aux conjonctures, sans rien relâcher de la loi divine, et sans juger de l’ordre temporel, qui n’est pas le leur, adorer les desseins du Ciel dans les révolutions une fois consommées, révérer les nouveaux maîtres établis dans les droits des anciens, et se concerter avec eux pour attacher solidement à Dieu les maîtres et les sujets.

Animé de ces dispositions, le pape Anastase ne manqua point d'écrire au roi Clovis, dès le commencement de sa conversion. Pour l’engager à s'acquitter du premier devoir d'un prince chrétien, il ne lui présenta pas la nourriture des forts; mais, mn: nt de l'éloge comme d'un lait accommodé à son état d'enfance « sus-Christ, il lui dit qu'il se réjouissait, avec l'épouse de c fait homme, de ce qu'elle venait de lui enfanter un fils sie ‘1. + leureux, capable de la défendre lui seul contre tous ses : bles et furieux ennemis. Il l'exhortait ensuite à prendre ; glise et le centre de son unité les sentimens que prit en enst : prince, et qui ont pareïillement distingué ses successeurs.

Il écrivit aussi à l'Empereur, nommé Anastase comme le pape, et rempli de dispositions bien contraires à celles du roi des F'ançais. Sans fonder sur lui de grandes espérances, il se proposait au moins d'empêcher que le schisme et les troubles ne fussent portés aux dernières extrémités en Orient. Il s’efforçait de rappeler à cet Empereur une partie des bons sentimens qu’il avait manifestés dans le temps de sa vie privée, et de l’amener à sacrifier au bien de l’Eglise le nom du patriarche Acace, mort dans l’anathème. Toutefois, il n'approuva point ceux qui prétendaient que cet évêque

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