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Fulgence écrivit plusieurs lettres importantes , et par leur objet, et par la qualité des personnes à qui elles s’adressaient. Telles sont les deux lettres, ou plutôt les deux traités adressés à Rome, à l'illustre vierge Proba; l’un sur la virginité et l'humilité, l'autre sur la prière. T'elles sont encore la lettre au sénateur Théodosé, qui, dprès avoir été consul, s'était donné tout entier à Dieu; et l'épitre à Galla, veuve d'un consul, touchant les devoirs d’une veuve chrétienne.
Les évêques relégués en Sardaigne, ayant reçu au milieu des plus grands embarras une lettre des moines de Scythie, chargèrent à l'ordinaire S. Fulgence d'y répondre au nom de tous les autres. Depuis plusieurs années, ces moines inquiets erraient de région en région, importunaient les évêques des plus grands siéges, et le souverain pontife lui-même, pour quelques expressions nouvelles de leur invention, voulant qu'au milieu des affaires les plus sérieuses, on s'occupât de leurs subtilités et de leurs imaginations, qu'ils donnaient pour un remède infaillible aux maux de l'Eglise, et pour un supplément à l'insuffisance des conciles. Ils prétendaient surtout ériger en article de foi cette proposition : Un de la Trinité a êté crucifié. Le pape Hormisdas les traita d'abord avec bonté, parce qu’ils parlaient alors fort modestement et qu'ils paraissaient n'avoir que de bonnes vues. Mais le temps et leur obstination les firent regarder comme des brouillons et des orguvilleux, qui, sous prétexte de religion, ne tendaient qu'à se faire valoir, aux dépens de la charité et de la concorde. Leur amour pour la nouveauté, ét leur attachement excessif à leur propre sens, commençaient même à rendre leur foi suspecte. Le pape ne les frappa néanmoins d'aucune censure, et ne prononça point sur la proposition qu'ils soutenaient, quoiqu'il parût très-enclin à la rejeter".
La chose en était là depuis quelque temps, quand ces moines oiseux , qui à force de contempler un atôme le prenaient pour un colosse, importunèrent à leur tour les confesseurs africains dans le plus grand embarras de leur exil en Sardaigne. S. Fulgence leur répondit par son traité de l’Incarnation et de la Grâce, souscrit de quinze évêques. Il ne soupconne pas la religion des moines scythes; cependant il n’adopte pas leur proposition; et suivant l'exemple des Pères et des conciles, il dit non pas simplement qu'un de la Trinité, mais qu'une personne de la Trinité est née de la Vierge. Ce docteur si profond et si éloquent regardait comme infiniment dangereux d'employer, pour nos mystères ineffables, des façons nouvelles de s'énoncer.
1 Sug. Germ. 1v Conc. p. 1514. Sug. Diosc. ibid. p. 162
[An 523] " objet, les sont e, à l'ilitre sur 6, qui, et l'épie veuve
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Lu seconde pu tie de ce raité es tout entire sur la grâee, contre le demi-pélagianisme de F de Bi, que | : moines de Scythie combattaient avec raison. ar, toute «saintes qu'avaient été la vie et la mort de Fauste, able de Lérius, puis évêque de Riez, il est certain qu'il ne reconmuissait pas la nécessité d'une grâce prévenante pour le commencement de toute action qui nous dispose au salut, et que ses écrits ont été justement flétris par le saint Siége, Si sa mémoire est toujours en honneur dans l'E. glise, c'est parce qu'il écrivait avant qu’elle eût condamné comme hérétiques les propositions qu'il soutenait. C'est pour cela aussi que S. Fulgence, en réfutant les principes de Fauste, s'étudie principalement à établir la doctrine catholique, sans imprimer de flétrissure à l'auteur.
Avec ce dernier ouvrage du saint docteur finit aussi son exil et celui de ses collègues, Thrasamond étant mort alors, et laissant la couronne à Hildéric son cousin-germain. Ce nouveau roi des Vandales, fils d'Hunéric et de cette princesse Eudoxie que Genséric avait enlevée quand il pilla Rome, était d'une bonté d'âme qu'on eût admirée dans le plus beau sang, et qui ne put jamais être dépravée par le dernier roi, quelque envie qu'il eût de faire durer la persécution après sa mort. Hildéric ne se crut pas ‘ie par des promesses extorquéés de force, et dont l’objet était si mauvais. Son premier soin, dès qu’il se vit maître du royaume, fut de rendre à ses sujets catholiques le libre exercice de leur religion , quoiqu'il ne la professât point lui-même". Ainsi finirent les persécutions des Vandales, après soixante-six ans de durée presque sans interruption. Les évêques bannis eurent la liberté de revenir dans leurs églises, et de donner des pasteurs à celles qui étaient vacantes, premièrement à Carthage, où l’on élut Boniface, renommé pour sa doctrine.
Mais à la première nouvelle de l’arrivée des saints confesseurs, tout le peuple de cette capitale accourut pour les recevoir, Dès qu'on les apercut on poussa des cris d'allégresse, et l’on se mit à chanter les louanges de Dieu en toutes sortes de langues. Les évéques, ayant pris terre, allèrent droit à la maison du Seigneur, accompagnés d’une m ltitude innombrable et serrée, qui marchait devant et après eux; de manière que, si l’on n'eût fait une haie de jeunes gens les plus robustes, il eût été impossible aux prélats d'avancer.
On s'empressait surtout vers Fulgence, mieux connu à Carthage à cause du séjour qu'il y avait fait depuis peu, et des triom-
* Vict. Tur. Chron.
596 HISTOIRE GÉNÉRALE (An 525] phes qu'il avait remportés sur l'hérésie, C'était à qui recevrait le premier sa bénédiction, Tous les yeux se portaient sur lui : les mères élevaient leurs enfans sur leurs bras pour le leur montrer. Une grosse pluie, qui survint, ne diminua point le concours; et comme le saint marchait la tête nue, les plus distingués de la troupe $e faisaient un honneur d'étendre sur lui leurs manteaux.
Après quelque séjour fait à la capitale pour la consolation générale des fidèles, il partit pour son diocèse. À peine fut-il hors de Carthage, que, malgré la distance considérable où en est la ville de Ruspe, il rencontra des troupes nombreuses de ses ouailles, qui venaient de toute part au-devant de lui avec des flambeaux allumés et des rameaux verts, chantant des psaumes et des cantiques. Ces marques de vénération parurent augmenter la modestie du saint pasteur. Quand il fut chez lui, il vécut presque toujours dans son monastère, où il refusa même de commander. Il se tint alors plusieurs conciles pour le rétablissement de la discipline, Dans celui de Junque, un évêque nommé Quod-vult-Deus, ayant, disputé la préséance au saint évêque de Ruspe, tous les pères ju-
gèrent en faveur de l'illustre Kulgence, qui accepta cette distinc-
tion dans la crainte de préjudicier à l'autorité ecclésiastique : mais voyant son compétiteur très-sensible à cette espèce d'humiliation, dans un concile qui se tint peu après à Suffecte, il supplia si instamment les pères de placer Quod-vult-Deus avant lui, qu'ils lui laissèrent quitter un rang qui n'était plus qu'une peine pour son humble charité.
Après divers conciles particuliers, l'évêque de Carthage en convoqua un dans cette ville de toutes les provinces de l'Afrique, et il s'y trouva soixante évêques‘. Entre autres dispositions, ils assurèrent le droit d'exemption aux monastères qui en jouissaient, et l’on cita, comme un réglement propre à la province de Bizacène, un décret plus ancien, portant que les monastères de l’un et l’autre sexe ne seraient pas, comme le clergé séculier, soumis à l'évêque diocésain ; mais que différentes personnes rassemblées de plusieurs endroits en communauté, pour se soumettre immédiatement à l'église de Carthage, par exemple, quoique leur monastère fût situé dans un autre diocèse, continueraient à dépendre de l'évêque de Carthage, non de l'évêque du diocèse où le monastère était situé, On trouva divers exemples de ce privilége, et l’on prouva même par des écrits de S. Augustin, que les monastères, fondés par ses disciples n'appartenaient ni aux fondateurs, ni à l’église d'Hippone, mais à la communauté. C'est ainsi que les évêques les
sVit. S. Fulg. c. 29. —% Tom.1v, Conc. p. 1630.
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(An 525) DE L'ÉGLISE, —— LIV, XVIII, 5g7 plus zélés pour la perfection évangélique, et les plus intelligens dans le choix des moyens propres à la maintenir, ne regardent pas comme contraire à la hiérarchie ce que l'Eglise, en réprimant tant d'abus, laisse néanmoins subsister depuis les premiers âges.
Le repos de Fulgence fut aussi laborseux que l'avait été son exil. Le premier fruit de son loisir fut son traité en trois livres de la Prédestination et de la Grâce, où l'on remarque, comme en plusieurs autres, qu'entre tous les disciples du grand évêque d'Hippone, nul n'a mieux compris ni expliqué sa doctrine que le pieux évêque de Ruspe. Il fit ensuite son célèbre traité de la foi, pour un pélerin nommé Pierre, qui partait pour les saints lieux, et qu'il voulait prémunir contre les hérétiques dont l'Orient fourmillait, 11 lui donne, sur la fin de l'ouvrage, quarante règles ou maximes d'autant plus dignes d'attention, qu'on ne peut s'en écarter, à ce qu'enseigne l'auteur, sans encourir la note d'hérésie, Le dernier ouvrage du saint évêque de Ruspe est la lettre au comte Régin, qui l'avait consulté sur quelques articles de la doctrine les sectaires nommés incorruptibles, et sur des points de morale relatifs à la vie militaire. La mort l'empêcha d'achever cet ouvrage : mais Régin, conservant au disciple le respect qu'il avait eu pour le maître, désira recevoir du diacre Ferrand les instructions qu'il avait demandées à son évêque.
S. Fulgence, un peu avant sa mort, se retira dans son monastère, où il redoubla ses austérités et sa ferveur, pour se préparer à ce grand passage : il y tomba malade, et souffrit pendant plus de deux mois des douleurs extrêmes. Les médecins lui conse:illèrent les bains et quelques autres remèdes; il les négligea, comme de vains adoucissemens qui ne pouvaient empêcher que la douleur, et non le dépérissement de la nature. Cependant, aussi charitable envers les autres que dur à lui-même, il rassembla ses moines et ses clercs quand il se sentit près de sa fin, et leur demanda pardon de la sévérité dont il craignait d’avoir usé à leur égard. Il distribua aux pauvres le peu qui lui restait, donna sa benédiction à tous les assistans, qui la lui demandèrent en fondant en larmes, puis rendit tranquillement son âme à Dieu le premier jour de janvier de l’année 533, la vingt-cinquième de son épiscopat, et la soixante-cinquième de son âge. Il fut enterré dans une église de Ruspe, où il avait placé des reliques des Apôtres, et où, suivant l'usage ancien, l’on n'avait encore enterré personne,
Avant cet événement, si considérable pour l'église d'Afrique, on vit, selon la remarque de S. Grégoire le Grand ‘, ce qui était
1 Greg. Dial. c. 3. | |
598 HISTOIRE GÉNÉRALE [An 525] jusque là sans exemple, un pontife romain dans la nouvelle Rome. Ce fut le pape Jean, natif de Toscane, lequei avait succédé, le 12 août 523, à Hormisdas, mort sept jours auparavant. Comme l'empereur Justin voulait contraindre les Ariens à se convertir, et leur enlevait leurs églises pour les donner aux catholiques, Théodoric, roi d'Italie et arien, obligea le Pape d'aller en ambassade à Constantinople, afin d’inspirer plus de modération à l'Empereur. Le roi goth était d'autant plus choqué de la conduite de Justin, que lui-même n'avait jamais songé qu’à gouverner en paix tous ses sujets indistinctement, sans aucun égard à la différence de leurs religions. On raconte même qu'il chassa un de ses officiers, dont il était fort content d’ailleurs, parce qu'il avait renoncé à la foi romaine pour embrasser l’arianisme, dans la vue de lui plaire. Comment me sera-t-il fidèle, dit ce prince, s’il ne l'est pas à son Dieu? Il joignit au Pape quatre ambassadeurs de rang sénatorial, leur recommanda instamment à tous de bien s'acquitter de leur commission, et menaça de traiter les catholiques d'Italie comme les Ariens seraient traités en Orient. x
Le pape Jean parut à Constantinople en saint et souverain pontife ‘. On prétend qu’en entrant dans la ville, il guérit un aveugle, en lui mettant la main sur les yeux, à la vue de tout le monde : car tous les citoyens étaient venus au-devant de lui jusqu'à douze milles, avec des croix et des cierges allumés. L'Empereur se prosterna à ses pieds, voulut être couronné de sa main, quoiqu'il l'eût déjà été par Epiphane, alors patriarche ; et ce prélat par honneur invita le Pape à officier dans la grande église; ce qu'il fit en latin le jour de Pâques, avec la pompe la plus auguste, et siégeant dans la première place : déférence qu'on n'avait pour aucun évêque étranger, quelque distingué qu'il pût être. Jean communiqua avec tous ceux des évêques orientaux qui révéraient le concile de Chälcédoine; et l'on n'en remarque point d'autre que Timothée d'Alexandrie, qu'il ait exclu de sa communion. Sans gêner l'Empereur d'une façon peu convenable, dans les mesures qu'il prenait pour la prospérité de l’église orientale, le pontife répondit néanmoins avec zèle aux intentions du roi Théodoric et aux vœux des fidèles d'Occident, menacés des plus fâcheuses représailles. En représentant vivement à Justin le péril que courait la foi en Italie, il en obtint que les Ariens de l'Empire demeureraient tranquilles *.
Mais les belles années de Théodoric étaient passées. Après qu'on lui eut sauvé la première occasion de flétrir la gloire d’un
# Mar. Chron. an 526. — ? Ibid. an, 525.
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[An 526] DE L'ÉGLISE. — LIV. XVII. 5og long et beau règne, il ne sut pas se sauver lui-même d’un nouvel écueil. Ce prince vieillissait, et la faiblesse de l'âge, que les principes de la vraie foi ne soutenaient point, le rendait soupconneux. Il fit arrêter deux sénateurs romains, les plus hommes de bien et les plus méritans de leur siècle, savoir, Symmaque et son gendre Boëce, tous deux consulaires, et tous deux honorés constamment de la confiance du roi'. On les accusait vaguement de vouloir rétablir l’ancienne autorité du sénat, et d'en traiter secrètement avec l'Empereur. Mais Boèce était coupable d’un crime plus capital, au jugement du prince arien, ou du moins des turbulens sectaires qui commencaient à obséder sa vieillesse, et c'était le zèle de ce savant homme pour la religion catholique qu’il défendait puissamment par ses écrits Il fut arrêté le premier, et pendant six mois que dura sa prison, il composa ses cinq livres de la Consolation de la philosophie : ouvrage parfaitement digne de son titre, et où l’on trouve en effet, avec l’onction d’une confiance filiale en la Providence, tous les motifs de consolation les plus propres à faire impression sur un philosophe chrétien. Il était versé dans toutes les sciences. On cite une lettre de Théodoric même à Boèce, qui fait foi, tant de la capacité universelle du savant, que de la haute et stérile estime du monarque. Il eut la tête tranchée l'an 524. Son beau-père Symmaque, qui n'était pas moins zélé pour la vraie religion, eut le même sort l'année suivante,
Il était juste que le souverain pontife eût un attachement particulier pour deux fidèles de ce ‘caractère. Ce fut un crime pour lui, dans l’esprit soupçonneux de Théodoric, dont les ombrages augmentèrent considérablement, à la nouvelle des honneurs extraordinaires que Jean avait reçus à Constantinople, Comme il arrivait à Ravenne pour rendre compte de son ambassade, n'ayant lieu de s'attendre qu’à des actions de grâces, il fut arrêté avec les sénateurs qui l’accompagnaient. Toutefois le roi d'Italie, craignant le ressentiment de l'Empereur, n’osa les faire périr d'une mort violente : mais il les tint dans une rude prison, où le pape Jean mourut de maladie le 18 mai 526, après avoir tenu le saint Siége près de trois ans. Son corps fut transféré et enterré à Saint-Pierre de Rome, et l'Eglise honore sa mémoire comme celle d’un saint martyr. Sa place fut remplie, le 24 juillet suivant, par Félix IIT, qui l'occupa plus de quatre ans.
Théodoric survécut peu à tant d’illustres victimes 5%, Un jour qu'on servait un grand poisson sur sa table, il s'imagina voir dans
‘ Mar. ibid. — % Hist. Miscel, 1. 15. — 5 Procop. 1, Goth. c. 1.
6oo HISTOIRE GÉNÉRALE [An 526 le plat la tête du sénateur Symmaque, qui le regardait d'un &:l menaçant. Il lui prit un grand frisson, ou plutôt un accès mortel de frénésie. On le mit au lit, et il expira peu de jours après, en pleurant son crime, sans pouvoir calmer des remords bien semblables au désespoir. Il fit cependant reconnaitre roi d'Italie, son petit-fils Athalaric, âgé de huit ans, sous la tutelle de sa mère Amalassonte ; et Amalaric, fils d'une autre de ses filles, fut déclaré roi des Visigoths en Espagne et dans la partie méridionale des Gaules, depuis les Pyrénées jusqu'au Rhône. Théodoric avait régné trente-sept ans, à compter depuis son entrée en Italie avec l'aveu de l’empereur Zénon, et trente-trois depuis la défaite du roi Odoacre, étant mort l'an 526, le 30 août, jour qu'il avait déterminé pour chasser des églises tous les prêtres catholiques. Telle fut la triste fin de ce prince, assez grand par la force et la droiture de son âme pour résister à la contagion de la barbarie et de tant d'années de prospérité, mais trop faible, sans le secours de la foi, pour ne pas ternir enfin la splendeur même de ses bonnes qualités naturelles.
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ait re- Sur cette question : Quelle autorité le Pape peut-il exercer sur la discipline e avec ecclésiastique ? ite du N'est-il pas clair que le pape a et doit avoir sur toute l’Eglise une juridiction ait dé- immédiate, universelle et monarchique ? Le réglement de la discipline ecclésias- . Telle tique regarde donc l'Eglise universelle et le pape même : je veux dire que les : conciles généraux, et aussi le pape seul, peuvent fixer des canons que toute l’Eà droï- glise doit garder inviolablement et sans résistance. et de Mais j’entends de loin les critiques modernes s’écrier : Quels préjugés d’une urs de éducation papistique! Eh bien ! je vous demande : le pape est-il chef de l'Eglise ? oui. Est-il primat de l'Eglise? oui. A-t-il autorité sur toute l'Eglise ? oui. Est-il )Jonnes évêque, métropolitain et patriarche de toute l'Eglise? oh! pour cela non. Qu’est-
ce donc que le pape? un chef et un primat éxspecteur de l'Eglise, qui représente l’Eglise universelle, qui a l’autorité pour mettre en mouvement et faire agir les juridictions subalternes, auquel les évêques et les fidèles doivent obéissance, quand il agit au nom de l'Eglise universelle , c’est-à-dire, quand il commande selon l'esprit de l'Eglise et les règles fixées par les canons universels.
Quelle confusion de termes! que de contradictions ! que de germes de mauvaises conséquences! Mais je continue. Le pape est-il monarque absolu et immédiat des évêques, des fidèles et de toute l'Eglise ? oui, ou non. Il n’est pas monarque, répondez-vous, je l’ai déjà dit et je le repète ; il est chef et primat, mais il n’est pas monarque. C’est assez. Mais pourquoi le pape n’est-il pas monarqne de l'Eglise universelle ? Nous donnons trois preuves pour démontrer qu’il l’est : la première, tirée de la nécessité d’un bon gouvernement ; la seconde, de l’institution de Jésus-Christ ; la troisième, de l’autorité et de la pratique de l'Eglise. N faut donc détruire ces trois preuves avant de faire d’un monarque un inspecteur; mais on n’y répond jamais directement.
On dit que, si le pape était monarque dans l’Egjlise, il s’ensuivrait qu’il serait évêque universel et unique de l'Eglise. Je réponds que le pape est vraiment évêque universel, et cette conséquence n’a rien d’absurde d’après les raisons qui la prouvent et que personne n’a détruites. Mais nous ne disons pas, et il ne suit pas de la monarchie papale, que le pape soit évêque unique dans l'Eglise. Tout évèque est aussi curé des curés dans son diocèse, mais il n’est pas pour cela l’unique curé du diocèse. Les Apôtres étaient aussi évêques universels, mais n'étaient pas pour cela évêques uniques de l'Eglise. ({c£. xx , 20.) Un concile œcuménique est supérieur à tous les évêques pris en particulier, n’est-il pas vrai ? Tous les évêques ne sont-ils pas obligés d’observer les canons d’un concile œcuménique ? Dira-t-on pour cela qu’il n’y a plus d’évêques, dans l’Eglise, parce qu’il y a un concile œcuménique qui commande aux évêques quant à la discipline ecclésiastique ? Non, sans doute, parce qu’il n’y a pas d’absurdité à ce qu’une puissance agisse et commande, mais avec subordination à une autre. Voilà donc comment le pape est monarque dans l’Eglise, est évêque des évêques, mais n’est pas l'unique évêque de l'Eglise, parce que les autres évêques particulers commandent aussi dans leurs diocèses, quoique avec subordination à l'évéque universel, c’est-à-dire, au pape. Cette distinction est-elle si difficile à comprendre?
Cependant, reprennent les critiques modernes, S. Cyprien dit que episcopatus unus est, cujus à singulis pars in solidum tenetur; donc tous les évêques possèdent éx solidum avec le p:pe le même évêché et la même autorité épiscopale. Je réponds : Il n’y a qu’un seul épiscopat ; sans doute, parce qu’il est de la même nature dans tous les évêques, et tous les évêques reçoivent dans l’ordination épiscopale le même caractère et la même autorité; mais je ne crois pas que ce soit là le sens le plus naturel du passage de S. Cyprien. Le voici, à mon avis : U n’y a qu’un épiscopat, mais quel épi<copat ? précisément l’épiscopat universel du pape : cet épiscopat universel est seul, parce qu’il n’y a personne, excepté le pape, qui soit évêque de toute l'Eglise. Mais c’est de ce seul épiscopat que les évêques particuliers possèdent ézx solidum une portion déterminée, parce qu’ils ont aussi une vraie juridiction sur leurs églises particulières, à condition pourtant qu’ils seront toujours subordonnés à ce chef qui a seul la juridiction universelle. Ainsi il a été dit à S. Pierre seul : Quidquid solveris super terram, erit solutum et in cœlis ; et voilà dans S. Pierre seul la puissance tout entière de l’épiscopat universel de l'Eglise. Mais Jésus-Christ donna aussi par la suite cette même autorité au corps entier des Apôtres unis à Pierre leur chef : Quæcumque solveritis super terram, erunt soluta et in cœlis ; de telle sorte que tous ne la possédassent pas toute, mais que tous en eussent in solidum une partie avec subordination à Pierre, qui en a lui seul la plénitude comme chef, et qui en a in solidum une partie avec les autres, comme leur égal. Par cette distinction, Pierre, comme chef, est évêque universel de l'Eglise ; et comme égal aux autres, il est évéque particulier de Rome. Je m'explique encvre par une parité, qui, si elle n’est pas parfaitement exacte, approche cependant beaucoup de l’exactitude. Le royaume de France est un seul royaume; pourquoi? parce qu’il n’y a qu’un roi qui commande à tout le territoire et au pays de France. Mais en même temps tous les propriétaires de ce royaume en ont une partie, parce que tous possèdent en particulier une partie du territoire de France, quoique toujours sujets aux lois du roi, qui seul possède tout le royaume. De qui tiennent-ils leur possession ? ce n’est pas du roi, mais de ceux qui possédaient auparavant ces terres et auxquels ils Jes ont achetées. Et cependant malgré cela ils sont sujets du roi, parce qu’ils ont lenr possession dans ce royaume quiest tout entier subordonné à son autorité, Le roi même a aussi sa portion déterminée de biens allodiaux qu’il possède, non comme roi, mais comme tout autre particulier et avec les droits de tout autre sujet. De même chacun des évêques reçoit son autorité et sa juridiction, fon du pape, mais de Dieu, dans son ordination. Chacun d’eux commande dans son diocèse particulier, mais en même temps est subordonné au chef de l'Eglise, c’est-à-dire, au pape, qui a juridiction universelle sur tous les diocèses particuliers.
Je ne prétends pas que mon explication du passage de S. Cyprien soit trèsexacte; mais prenez garde, dirai-je aux critiques, que la vôtre est tout-à-fait inexacte. S. Cyprien dit qu’il n’y a qu’un seul épiscopat, et que tous les évéques jouissent iz solidum d’une portion de cet épiscopat. Mais si par le nom d’épiscopat, vous entendez la pure autorité et juridiction épiscopale, alors je dis qu’il n’est pas vrai que tous les évêques jouissent avec le pape d’une portion de l’épiscopat ; chacun jouit de l’épiscopat tout entier, parce que chacun a une vraie et entière juridiction dans son diocèse, et si tous n’en avaient qu’une portion, aucun ne serait réellement évêque. Il faut donc entendre le mot episcopatus dans un <ens plus étendu ; et je le répète, ou l’on ne peut expliquer clairement ce passage, ou il faut l’expliquer dans le sens que j’ai déja présenté.
Du reste, faire du pape un chef purement ministériel, et un pur inspetteur général, c'est en faire un évêque comme tous les autres, et rien de de plus. On peut bien dire : Obéissez au pape; mais je pourrai toujours répondre : Oui, pourvu qu’il commande selon l'esprit des canons universels. Et quand cornmandera-t-il ainsi? Quand il commandera à mon gré.
Et qui ignore que beaucoup de canons universels doivent être variés et modifiés selon les temps et les circonstances ? mais l’inspecteur ne pourra ley varier, les modifier, ou il lui faudra attendre le consentement de l'Eglise, et
ainsi spectet sûr sel Quelle pecteu subsist tourne moins
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Const ciunt ; prout vis sit fratrun iis om put est cut Pet pulos e Ecclesi ({ Concil
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ainsi n’en jamais rien faire; ou bien il dépendra de moi de décider si l’inspecteur a varié et modifié selon l'esprit de l’Eglise, et je le déciderai à coup sûr selon mon esprit, un autre selon le sien, un troisième aussi à sa fantaisie. Quelle division, quel désordre dans l'Eglise, si nous faisons du pape un inspecteur, comme voudraient les critiques modernes! Il vaut donc mieux laisser subsister la chaire de S. Pierre pour donner des lois à toute l'Eglise, et tourner le dos à une chaire schismatique, mal fondée en raison et encore moins en autorité.
Je ne citerai pas tous les passages de l'Evangile, ni ceux des Pères, qui sont décisifs en faveur de la monarchie papale; les catholiques s’en servent à tout moment, sans que les schismatiques puissent y opposer une bonne réponse. Je veux seulement citer ici une petite suite d’autorités tirées des conciles et des docteurs des anciens siècles de l'Eglise, autorités qui doivent décider tout homme raisonnable en faveur de la monarchie du pape.