‹ Histoire générale de l'église [microforme]Chapitre 59 sur 77 · næ, et um ac 5, Col · texte numérisé non relu

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drorum motionem et perfectionem illinc oriri fecit, et conservari : et si contigerit aliquod eorum offendi, aut aliquo incommodo affici, non levem eorum curam à se gerendam esse statuit : sed etiam adversüs ultima membra naturalem ostendens affectionem, et consensionem, per manuum ministerium ductu oculorum curat quod laborabat. His vestrum quoque Apostolicum pontificatum comparare possumus, Ô sanctissimi et christiani sacerdotii caput vos canonicè reputantes. (Joan. archiepisc. Constant, ad Constantin. pap. an. 712.Labbe, t. 8, col. 138.)

Subnixè flagitamus precibus, ut sicut prædecessorum vestrorum pro auctoritate sancti Petri, servi devoti et subditi discipuli fuimus , sic et vestræ pietatis servi obedientes subditi sub jure canonico fieri mereamur. (S. Bonifac. episc. ad Zachar. pap. Labbe, tom. 8, col. 227.)

Paratus sum obsecundare edictis vestræ auctoritatis, veluti Den, in cujus Persond cuncta profertis. (Advent. episc. Metens. ad Nicol. pap. Labbe, tom. 5, col. 1502.)

Frustra solummodà loquitur, qui mihi similes suadendos ac surripiendos putat, et non satisfacit, et implorat sanctissimæ Romanorum Ecclesiæ beatissimum papam, id est Apostolicam Sedem, quæ ab ipso incarnato Dei Verbo, sed et omnibus sanctis synodis, secundüm «acros canones, et terminos universarum ; quæ in toto terrarum orbe sunt, sanctarum Dei ecclesiurum in omnibus et per omnia percepit, et habet imperium , auctoritatem, et potestatem ligandi et solvendi; cum hoc enim ligat et solvit etiam in cœlo Verbum, quod cælestibus virtutibus principatur. Si enim alios quidem satisfaciendos ducit, et beatissimum Romanum papam nequaquam implorat, simile quiddam agit ei qui fortè homicidii vel alterius cujusdam criminis redarguitur, et insontem se, non ei qui secundüm leges judicandi jura sortitus est, exhibere festinat ; sed tantum énutiliter, et sine lucro, aliis et privatis hominibus munditiam monstrare sui Satagit actäs, qui nullam habeant se solvendi à crimine potestatem. (S. Maximus. epist. ad Petrum illustr. edit. Paris. an. 1675, tom. 2, pag. 76.)

Domino verè sanctissimo ac beatissimo totiusque sanctæ matris Ecclesiæ piè regis Christi sanguine acquisitæ pontifici et universali papæ Nicolao. (Archiepisc. et coepisc. in regno Lothar. ad Nicol. pap. an. 860. Labbe, tom. 10, col. 141.)

Cüm respectus fidelium ad Apostolicæ Sedis, matris scilicet omnium, pia ubera opportunè intendat, fraternitas nostra propter variarum rerum eventus, suæque opportunitatis subsidia, propterque pastoralitatis jura divinitus tanto patri et papæ dignañter collata, frequentibus apicibus Apostolatüs vestri culmen pulsare decertat. (Synodic. 2 Concil. Suession. 3, ad Nicol. pap. an. 866. Labbe, tom. 10, col. 320.)

Eorum vulnerum.... quæ in membris sunt Christi, et Dei Salvatoris omnium nostrém capitis, et sponsæ catholicæ et Apostolicæ Ecclesiæ, unum , et singularem præcellentem atque catholicissimum medicum ipse princeps summus et fortissimus sermo, et ordinator, et curator, et solus ex toto magister Deus omnium produxit, videlicet tuam fraternam sanctitatem, et paternam almitatem : propter que dixit Petro magno et summo Apostolorum : Tu es Petrus etc. et iterüm : Tibi dabo claves, ctc. Tales enim beatas voces non secundüm quamdam utique sortem Apostolorum principi solum circumscripsit et definivit, sed per eum ad omnes qui post illum secundim ipsum efficiendi erant summi pastores, et divinissimi sacrique pontifices senioris Rome transmisit, etc. (S.Ignat. ep. ad Nicol. pap. recit. in Concil. Constantin. 4, œcum. 8. Labbe, tom. 10, col. 517.)

Domino sanctissimo et coungelico maximo summo sacerdoti et universali papæ Adriano, sancta et universalis Synodus Constantinopoli congregata..….. Orationes vestras, et assiduas redargutiones.…. pro ecclesiasticé pace alacriter exercuistis, ad expellendum lupum ab ovili Christi, tamquam veri pastores rationabilium ovèum Christi, quinimmo summi pastores, et principes omnium ecclesiarum. (Concil. Constantinop. 4 synodic. ad Hadrian. pap. Labbe, tom. 10, col. 673 et 674.)

Antiqua patriarchalium sedium privilegia renovantes, sacra universali synodo approbante, sancimus, ut post Romanam Ecclesiam, que disponente Domino

Go6 HISTOIRE GÉNÉRALE

super omnes alias ordinariæ potestatis obtinet principatum, utpote mater univer. sorum Christi fidelium, et magistra, Constantinopolitana primum, Alexandrina secundum, Antiochena tertium, Hierosolymitana quartum locum obtineant ; servatd cuilibet proprid dignitate : ita quod postquam eorum antistites à Romano pontifice receperint pallium , quod est plenitudinis officit pontificalis insigne, prestito sibi fidelitatis et obedientiæ juramento. ‘ucener ; et ipsi suis suffraguneis pallium largiantur, recipientes pro se professionem canonicam, et pro Romand Ecclesid sponsionem obedientiæ ab eisdem. (Concil. Lateran. 4 œcumen. decret. 5. Labbe, tom. 13, col. 937.)

Permettez-moi maintenant de vous demander quelle figure fait le pape dans ces passages ? Est-il présenté comme un inspecteur, ou comme un monarque ? comme un chef ministériel de l’Église, ou comme un chef commandant à l'Église ? Vous devez avoir remarqué que même le concile de Nicée appelle le pape, chef et prince de tous les patriarches, ayant puissance sur tous les princes chrétiens et sur tous leurs peuples ; etpourquoi? parce qu'il est vicaire de Jésus-Christ sur toute l'Église. Celui qui est le chef, le prince, la puissance, n’est pas un pur inspecteur. Celui qui est vicaire de Jésus-Christ, n’est pas vicaire de l'Église, comme celui qui est représentant du prince dans le gouvernement d’une ville, ne peut être appelé et n’est pas représentant de la ville même, comme si la ville lui avait accordé pouvoir sur elle; maïs il tient son autorité du prince et ne dépend pas de la ville. En quel sens et en quelle manière le pape est-il chef de l’Église? Comme le chef est monarque du corps, vous répond Jean, patriarche de Constantinople ; et comme le chef n’est pas ministre des membres, mais se sert au contraire du ministère des membres pour leur donner le mouvement ct leur conserver la vie : de même le pape n’est pas ministre des pasteurs de l'Église, mais il se sert au contraire avec autorité du ministère des pasteurs pour gouverner le corps de l'Église.

Mais vous ne voulez pas appeler le pape évêque, métropolitain ct patriarche de toute l’Église. Et cependant il a été appelé de ces noms par le concile de Nicée, par le diacre Théodore dans le concile de Chalcédoine , par les moines orientaux dans le concile de Constantinople, par les archimandrites de Syrie, par l’évêque de Ravenne, par les moines grecs dans le concile de Latran, par Sergius évêque de Chypre, par le troisième conrile général de Constantinople, par les évêques du royaume de Lothaire, et par 1e quarrieme concile général de Constantinople. Et vous, vous auriez scrupule de donner ces noms au pape ? Les conciles généraux n’en ont pas eu scrupule, et vous en auriez ? Le quatrième concile universel de Constantinople appelle le pape Adrien, universel, dans le même passage où il se donne ce nom : Universali pupæ Adriano, sancta et universalis synodus Constantinopoli congregata. Serait-ce trop que vous, petit membre d’une petite église, daignassiez plier la tête devant Grégoire XVI, et lui dire : Saint Père universel? N’avez-vous pas remarqué que l’évêque de Patare disait que le pape Silvère était roi dans l’Eglise, avec plus d’autorité que n'en ont les rois du monde sur leurs royaumes ? N’avez-vous pas observé qu’Avit de Vienne déclarait qu’on devait au pape la même soumission que des sujets doivent à leurs monarques ? N’avez-vous pas considéré que le concile romain de 877 disait au pape Jean, que Jésus-Christ l’avait établi leur chef et son vicaire sur la terre ? N’avez-vous pas lu que Hincmar taxait d’ignorance celui qui ne savait pas que toutes les églises sont sujettes à l’Église romaine , et tous les évêques sujets au pape? N’avez-vous pas vu que S. Boniface désirait selon les canons être sujet obéissant du pape Zacharie? Allons donc, ne vous faites plus scrupule d’admettre cette vérité, que tous les évêques, que toute l’Église est vraiment, sujette au pape. Vous voudriez que les évêques obéissent au pape comme au représentant de l'Église: et les conciles veulent qu’on lui obéisse comme au vicaire de Jésus- Christ ; et Adventius , évêque de Metz, était prêt à lui obéir comme au rcprésentant de Dieu même. Vous voudriez que l’on considérât le pape comme un inspecteur de l'Eglise, et on le considérait anciennement comme pasteur de l'Eglise, arme de la verge de l'autorité pastorale : et je suppose que vous savez que es

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DE L'ÉGLISE, 6o7

pasteurs ne se contentent pas de regarder leurs troupeaux, mais les conduisent, les gouvernent, les corrigent , leur commandent. Vous pensez que l'Eglise même a créé le pape son chef ministériel : et les synodes et les anciens pasteurs disaient que le pape a reçu son autorité universelle de Jésus-Christ même dans la personne de Pierre, et que l'Eglise n’a fait que la constater par ses décrets, Vous avez tant de peine à reconnaître dans le pape une puissance ordinaire sur tous les évêques : ct le concile de Latran, quatrième œcuménique, appelle la puissance du pape une puissance ordinaire sur toutes les Eglises, non par privilége, mais par disposition divine, et commande même aux patriarches de prêter au pape serment d’obéissance et de fidélité. Je trouve une grande différence entre vos pensées et celles des conciles; ne serait-ce pas une preuve que vous pensez mal , si toutefois il est vrai que l'Eglise catholique ait toujours bien pensé? Ecoutez donc ma conclusion : Tant que vous ne me démontrerez pas que les conciles même universels ont erré en reconnaissant dans le pape une autorité fausse, je veux l’appeler avec eux évéque universel de l'Église, pasteur des pasteurs, vicaire de Jésus-Christ, et non pas un inspecteur, un ministre, un évêque égal aux autres évêques. Je prétends par conséquent que le pape doit jouir, dans le règlement de la discipline ecclésiastique, de l'autorité qui appartient à ces titres. Êtes-vous content ? Si vous ne l’êtes pas, expliquez ces passages selon votre sens, mais d’après les règles de la grammaire, d’une bonne lo-

gique, d’une doctrine saine, et alors vous me trouverez plus docile à suivre votre parti.

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Sur la distinction entre le Siége apostolique et le pape. Quel en est le fondement, SE 1 science Ceux qui étudient l’histoire ecclésiastique ont besoin de quelques avertisse- qui est mens au sujet de cette célèbre distinction. Des hérétiques ohstinés, après avoir vomi mauté contre les papes les plus violentes injures, ajcutaient : sauf l'honneur et le res- établie pect dus au Siége apostolique. Sans doute qu’ils voulaient ainsi être en paix, et seul; et professer la communion la plus chrétienne, tandis qu'ils étaient ouvertement qu’à un opposés aux papes. Launoy, homme à paradoxes, a été un des plus zélés défen- nue noi seurs de cette distinction entre le saint Siége et le pape, quoiqu'’elle soit plus par que ancienne, et qu’elle eût déjà été réfutée par Melchior Cano'. Nec ulid ratione, Apôtres dit Tournely?, theologi illi se expediunt à tor veterum in gratiam infallibilitatis sension( pontificis Romani testimoniis, quâm ea non de ipso pontifice, sed de Romana inter se Ecclesia, seu Apostolica sede interpretando. En effet, Launoy et ses adhérens nymi : refusent tout net l’infaillibilité au pape, mais non pas au Siége apostolique, qui, occasio selon leur système, est toujours infaillible, quand même le pape viendrait à unitate crrer. Plût à Dieu, dit Tournely, qu'avec cette invention on pût terminer cer- ratione taines controverses épineuses! Mais non dissimulanduix, ajoute-t-il, difficile J tres s’ex esse in tanta testimoniorum mole, quæ Bellarminus, Launoius et alii congerunt, L qui dé non recognoscere Apostolicæ sedis, seu Romanæ Ecclesiæ certam et infallibilem avoue auctoritatem : at longè difficilius est ea conciliare cum Declaratione cleri Galli- testante cani, à qua recedere nobis non permtttitur. C'est-à-dire qu’il faut amener les Pères Cette ra à nos opinions, au lieu de nous conformer à la doctrine des Pères. Est-ce là une servatio règle de critique moderne? j’avoue que je ne la connais pas. | collocav Voilà comme les hommes sont ingénieux à se créer des supérieurs sans vie, unitate sans action et sans réalité, Certains esprits qui aiment la liberté trouvent leur d'un se compte à exalter l’Ecriture sainte et l’Eglise des premiers siècles, qui ne peuvent * Cunæus condamner personnellement leurs erreurs, comme le fait l'Eglise actuelle qu’ils templo s'efforcent de décrier. Voyez si vous n’y trouverez pas de la ressemblance avec parce q le système où l’on donne au Siége apostolique les prérogatives dont on dépouille nière ce le pape. Au seul nom du pape tout le monde comprend ce qu’on veut dire; et partout quand les Pères assurent qu’il est nécessaire d’être uni de communion et de foi imbecil avec le pape, il n’est personne qui n’entende de qui on parle. Mais savez-vous et on p ce que c’est que ce Siége apostolique infaillisle qui enseigne et condamne sépa- formés : rément du pape, et même avec beaucoup plus d’autorité que le pape ? Essayez, sur un si vous le pouvez, de vous en former une i‘Ke claire; pour moi j'avoue que je ne second : le comprends pas, et le P. Contenson 4 2 employé des argumens que Tournely | tures , € appelle zombreux et solides, pour démontrer que c’est incompréhensible. Mais Or si en attendant, n’est-il pas bien commode pour les hérétiques de se débarrasser de tenir qu la condamnation du pape, jusqu’à ce que le saint Siége les condamne péremptoi- les prot rement ; de rompre la communion avec le pape , et de dire vaguement qu'ils la préroga conservent avec le saint Siége? Quand ils déclarent qu’ils demeurent en union eat-ce 1 de foi et de charité avec le saint Siége, comment leur dire que cela n’est pas elle, sin vrai? Cependant bien des hommes préfèrent une idée obscure quand elle leur

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£ Lib. 6, de loc. c. 8. — 2 De Eccles. p. 2, q. 5, ae 3 — 3 V. Daller. de prim. c.10, 43. » Rive, p. P.

4 Theol. mentis et cordis, t. 3, c. 2, cor. 1.

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tissevomi > resix, et ment léfent plus ione, étatis mana érens qui, rait à r cerfficile >runt, bilern Salli- Pères à une

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DE L'ÉGLISE, Cog

est commode, à des idées claires et précises qui les condamnent. Ce système qui sépare la chaire de Pierre d'avec le siége apostolique, est destructeur de l’autorité pontificale aux yeux de ceux qui tiennent aux principes purs du catholicisme. Quand on cherche dans le Nouveau-Testament des preuves contre les protestans sur la primauté des papes d'institution divine (et ceci n'est pas une opinion des écoles, ni une pieuse croyance, mais un article de foi catholique), on n'en trouve d'autres que les suivantes : Tu es Petrus, ete.; Et tibi dabo, etc. ; Ego rogavi pro te, Petre, pasce oves meas, et autres semblables, Elles s'appliquent avec tant de force et de clarté à la personne de Pierre, que si l’on peut leur donner un autre sens, il n’y a pas un seul oracle dans l’Écriture sainte qu'on ne puisse éluder par des chicanes. Mais pour ce siége apostolique, pour cette chaire de Pierre, qui, séparée du pape, est un nom vague et sans signification , vous ne trouverez dans toute l’Écriture sainte aucun texte qui lui assure une ombre de prérogative ; et inventer à son gré sur de tels points des systèmes en l'air, est tout à la fois un scandale et une preuve de mauvais goût dans l'étude des sciences sacrées. Non, conserver dans l'Eglise l’unité de communion et de foi qui est opposée aux schismes et aux hérésies, voilà le grand objet de la primauté apostolique : c’est ce qui a fait reconnaître aux saints Pères qu’elle a été établie par Jésus-Christ. C'est pour cela, dit S. Jérôme, qu’il fallut établir un seul; et la primauté elle-même l'exige, puisque être le premier ne peut convenir qu’à un seul. Que voulez-vous de plus? cette nécessité d’un seul chef est reconnue non-seulement par tous les Pères et par tous les catholiques, mais encore par quelques protestans. Le calviniste Cowel!, parlant de S. Pierre et des autres Apôtres, dit : Unum ceæteris præponi necesse est, ad evitanda schismata et dissensiones tollendas. A la page suivante il ajoute : Zpsi duodecim Apostoli vix satis inter se convenissent, nisi unus ceæteris præfectus fuisset. Inde est illud S, Hieronymi : Inter duodecim unus eligitur, ut, capite constituto, schismatis tollatur occasio. Carthwright en donne une preuve d’analogie: Si necessarium est ad unitatem in Ecclesia tuendam unum archiepiscopum aliis præesse, cur non pari ratione toti Ecclesiæ Dei unus præerit archiepiscopus ? Hospinien, Hooker et autres s'expriment de même. Mais il faut faire une mention spéciale de H. Grotius5, qui démontre à fond cette nécessité par la raison, l’Écriture et les Pères, et qui avoue : Siné tali primatu exiri à controversiis non poterat, sicut hodie apud protestantes nulla est ratio qué ortarum inter ipsos controversiarum reperiatur finis. Cette raison parut si frappante à Calvin, qu’il ne put s'empêcher d'en faire l'observation au sujet de l’Ancien-Testament 5 : Cultüs suisedem in medio terræ Deus collocavit, illi unu:n antistitem præfecit, quem omnes respicerent, quo meliùs in unitate continerentur. On peut voir ce qu’il avait dit auparavant © sur la nécessité d'un seul évêque dans chaque ville, et y appliquer l'argument de Carthwright. Cunæus fait remarquer le désavantage qui se trouvait dans l’ancienne loi sub templo posteriore, cüm prophetas major vis afflatusque divinus non ageret, parce que, du moment qu'il n’y eut plus de prophètes pour résoudre d'une manière certaine les difficultés qui s’élevaient sur les Ecritures, la confusion se mit partout, on commença à disputer de tout, et suis se tenebris involvit human imbecillitas. C'est une observation remarquable dans la bouche d'un protestant, ct on peut en déduire de fortes conséquences pour l’Église catholique. Les réformés ne peuvent s'empêcher de voir que Jésus-Christ aurait fondé son Eglise sur un chaos semblable à celui qu’ils déplorent dans la Synagogue au temps du second temple, s’il ne l’avait pas munie d’un juge infaillible sur le sens des Ecritures , et nous reconnaissons que ce juge est le pape et l'Eglise universelle.

Or si la primauté est nécessaire dans l’Eglise, si cette primauté ne peut appartenir qu’à un seul pour maintenir l’unité, si tous les catholiques le croient, si les protestans le confirment, comment peut-on faire passer au siége de Pierre les prérogatives données pour conserver l'unité de l'Eglise? Qu’est-ce que ce siége ? est-ce une seule personne ou plusieurs ? Si ce n’est qu’une personne, qui sera-telle, sinon le successeur de S. Pierre? si c’est plusieurs personnes, comment

Exam. doctr. p, 106. — 2 In defense Wirgisti, p. 3ço. — 3 Vot. pro pace, t 4, art. 5.— 4 Discute Rivet, p. 69%. — 5 Lib. 4 nat. c. 6,$ 2, — 6 Cap. 4,n »

610 MISTOIRR GÉNÉRALE

maintenir l'unité? Faudra-t-il en venir à demander si, par ce Siége infaillible dans ses décisions, on doit entendre une chose sans raison et sans âme ? Voilà comme déraisonnent ceux qui veulent créer des opinions nouvelles sur la religion. Concluons donc qu’on ne peut distinguer le pape du Siège apostolique, de la chaire de 8. Pierre, que comme on distingue chaque évêque de son siége respectif, le prince de son trône, le juge de son tribunal. De méme que, quand l'évêque, le prince, le juge n'y est plus, on dit que le siège, le trône, le tribunal y est encore, termes qui signifient seulement que les prérogatives et les droits attachés à la dignité demeurent stables, quoique la personne qui les exerçait ne s’y trouve plus; ainsi à la mort du pape le Siége apostolique existe toujours, en ce sens que les droits et les divines prérogatives dc la primauté subsistent toujours, selon l'institution de Jésus-Christ, et passent à son successeur. Mais, comme pendant la vie de l’évêque le trône épiscopal n’est autre chose que l'évêque même revêtu des droits de son siége, comme pendant la vie du prince le trône n’est autre chose que le prince vivant et re. vêtu des prérogatives de son trône; de même, quand le pape vit, le saint Siége, la chaire apostolique n’est autre chose que le pape même qui exerce les droits de son siége et de sa primauté. Ainsi c'est parler exactement que de dire : Le pape décide ex officio, en d’autres termes ex cathedra, ex primatu, ex sede : ce qui arrive lorsqu'il parle comme souverain pasteur; ex officio, en d’autres termes ex cafhedra, exerçunt les fonctions de paître, régir et gouverner toute l'Eglise, selon le pouvoir qu'il en a reçu de Jésus-Christ; et non quand il parle comme particulier, quand il agit en qualité d'homme, car il ne cesse pas de l’être en devenant successeur de S. Pierre. Cette explication nous fait comprendre les deux célèbres textes de S. Léon que nos adversaires nous opposent. Dioscore avait été déposé par le concile de Chalcédoine pour des crimes abominables ; Anatolius de Constantinople, à l'occasion de la vacance du siége d'Alexandrie, le premier après celui de Rome, avait obtenu du concile que cette prérogative fût transférée à Constantinople. S. Léon s’opposa à cette nouveauté, et en donna pour raison que les crimes de Dioscore ne devaient pas nuire aux prérogatives de son siége!, aliud enim sunt sedes, aliud præsidentes ; c'est: àdire que les fautes des évêques ne doivent pas préjudicier aux prérogatives de leurs siéges, comme l’on dirait d’un siége rempli qu’aucun péché de l’évêque ne lui ôte les droits qui lui appartiennent comme évêque, ce qui équivaut à dire, les droits du siége. Tel et plus clair encore est l’autre témoignage de S. Léon* : Etsi enim diversa nonnunquam sint merita præsulum, jura tamen permanent $edium : hoc est, selon le juste commentaire de Coustant #, jura élla cüm sème ipsis sedibus, non sedentium merttis concessa, pro sedentium diversitate nom mutantur. On distingue les mérites de l’évêque des droits du siége; mais n'est-il pas vrai que ces droits sont attachés à la personne de l'évêque? A comen plus forte raison faut-il le dire des droits de la primauté romaine, qui est personnelle

r l'institution de Jésus-Christ, et dont les droits doivent aussi être personnels ?

fin, quand on parle des prérogatives de la primauté, vouloir les chercher hors de la personne du pape, c’est chercher la primauté elle-même hors de la persomne à laquelle elle a été attachée par institution divine. Je pourrais dire avec Ballerini que c’est là une démonstration. Telle est la doctrine des saints Pères, de l’Eglise, de tout Catholique. £go beatitudini tuæ, écrivait S. Jérôme au pape S. Damase, id est cathedræ Petri communione consocior ?. S. Augustin dit indifféremment #, tantôt que le saint Siége, tantôt que le pape Innocent condamna les Pélagiens, et il appelle le jugement de ce pape, apostolicæ Sedis episcopale judicium. S. Prosper ® dit dans le même sens : Sacrosancta B. Petri sedes per universum orbem, pape Zozimi sic ore loquitur. C’est ce que Sergius de Chypre exprimait dans la supyi'que présentée au pape Théodore, pur laquelle, dit Fleury lui-même”, i/ reconnaissait l'autorité du saint Siége fondée sur le pouvoir donné à S.-Pierre. On voit la même signification dans la demande que S. Zozime fit à Céles-

* 2 Ep. 106, al. 82 ad Anat.V. P. Ballerini oper. cire c. 14, 5, n. 24. — ? Ep. 119, al. 112, ad Maxim. Antioch. — 3 Præfat. ad epp. RR. PP. n, 11, — 4 Ep. à5 ad S. Damas. — 5 De pecc.orig. c. 8. — 6 Contra collat. n. 15.— 7 Liv, 38, n. 34.

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tin, demande que $. Augustin rapporte! en parlant de la lettre écrite par le pape Innocent 1 : Êtes-vous informé de la qualité des lettres que le Siége apostolique a écrites à ses frères les évéques de la province d'Afrique ? en effet, le fourbe hérétique lui répondit, mais faussement, qu'il consentait aux lettres du pape Innocent. On peut voir la lettre du pape S. Agathon, lue dans l'acte 8° du 6° concile œcuménique, et plusieurs autres monumeéns d'après lesquels le savant Coustant mit dans son tome des lettres des papes : Apostolicam Sedem pro Romano epiécopo sumptam.

Ainsi, toutes les prérogatives de la primauté apostolique étant unies à la personne du pape, un chrétien qui ne eonserve pas l’unité avec le pape, ne satisfait pas à l'obligation qu'a tout catholique de conserver l'unité de communion et de foi avec le centre de cette unité, comme l'exigent nécessairement les droits de la primauté, La prétention de conserver l'unité avec le saint Siége, sans la conserver avec le pape, est donc frivole, vaine, et absolument contraire à la notion catholique de la primauté; il faut avouer de bonne foi qu’on ne peut l’admettre sans compromettre sa religion et le bon sens. Comment dans un siècle si éclairé trouve-t-on de pareilles opinions ? Ego beatitudini tuæ, id est cathedræ Petri communione consocior. Qui non colligit tecum, dispergit. Quicumque extra hanc domum agnum comedit, profanus est. Si quis in arca Noe non fuerit, peribit regnante diluvio, disait toute l'Eglise par la bouche de S. Jérôme. Les prêtres catholiques diront toujours au pape, comme S. Pierre-Damien * : Vos apostolica Sedes, vos Romana estis Ecclesia. Us lui diront avec Jésus-Christ : Tu es Petrus.….. et tibi.….. pro te... tu confirma.…. pasce, etc.; et tous les discours humains ue vaudront jamais une parole de Dieu.

De Pecc, orig. c. 8 = 3 Opusc. 20, c, Le

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