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DE L ÉGLISF. 97
de bien des erreurs vulgaires, sur l’article de la religion et des mœurs. Quand toutes les nations policées ne firent plus qu'un peuple, dont Rome était la capitale et le centre, la philosophie, rassemblant ces découvertes éparses, et puisant beaucoup plus encore dans les monumens des Juifs, devenus concitoyens des Gentils, prit un degré de force et de lumière, qui paraissait devoir enfin dissiper les réveries du paganisme. Il semblait au moins que les objets accessibles à la raison, en passant par tant d'esprits philosophiques, avaient acquis les qualités convenables pour entrer dans les classes subalternes d'intelligences, et pour pénéer jusque dans le peuple.
re ces Due ie loin d'éclairer le peuple, retinrent lâchement la vérité captive; et, après avoir connu Dieu, ils continuèrent de rendre les honneurs divins, avec le vulgaire abusé, à de vains simulacres d'hommes, d'animaux, de créatures et de chimères de toute espèce. Ainsi leCréateur demeurait toujours inconnu hors de la Judée, sinon à quelques Gentils qui fréquentèrent les synagogues répandues en différens endroits de l'Europe ainsi que de l’Asic. Quant à la science des mœurs, les principes les plus incontestables, et presque tous contestés par l'éternelle rivalité des sectes diverses, n’avaient plus qu’un air de problème et de paradoxe, plus propre à servir d’amusement à d'oiseux discoureurs, qu à influer efficacement sur la conduite. Ainsi nous voyons que les hommes les plus entêtés de leur science s'abandonnaient, suivant les reproches de l’Apôtre, aux passions les plus ignominieuses, à des excès qui ne contredisaient pas seulement leur spéculative et stérile sagesse, mais qui dégradaient la nature et rabaissaient l'homme au-dessous de la brute. On peut dire néanmoins que, las et confus de ses erreurs monstrueuses, l'esprit humain, par la profondeur même de ses plaies, se trouvait en quelque sorte disposé à en recevoir le remède.
Mais que de prodiges ne restait-il point à opérer au réparateur promis et charge d'enter la grâce sur la nature, tant pour la dégager de la sève infecte qui la viciait jusque dans le fond de sa constitution, que pour lui faire produire des fruits capables de plaire au Dieu de toute sainteté! C’est la merveille que nous allons considérer dans ce premier âge de l’Église, ou dans les six premiers siècles : temps
u’il suffit d'exposer à tous les esprits justes, pour faire concevoir de notre religion l’idée qu’elle mérite, pour prouver sa vérité et sa divinité. Mais, afin derendre cette preuve plus complète et plus efficace, avant de contempler la merveille de l'établissement et de la propagation de l’Église, nous considérerons cette Église en elle-même, nous fixerons quelques momens nos regards sur l’excelleuce de la foi chrétienne : puis nous ferons observer, dans le long cours de son premier âge, le prodige de sa conservation, qui s’y rend déjà si sensible; quoique ce dernier moyen ait encore plus de force par rapport à la perpétuité de l’œuvre de Dieu, dans les âges suivans.
En premier lieu, rien de plus frappant que le portrait de l’Église dès son pre« mier âge. Quoique les commencemens de toutes les institutions soient très-informes, le christianisme ne se montra pas plus tôt dans l’univers, qu’il ravit d'admiration une multitude “ie :pectateurs équitables et judicieux. Souvenezvous de ce que nous avons raconié de la vie toute céleste des premiers disciples, de leur détachement des biens de la terre, de cette charité généreuse, qui rendait leurs richesses communes entre eux, qui leur faisait déposer leurs trésors aux pieds des Apôtres ; ils n’en tiraient que le simple nécessaire avec leurs frères indigens, et coupaient ainsi la racine à la cupidité, à l’orgueil, à la mollesse, à l’injustice, à toute iniquité. Qu'il vous souvienne des règles de morale tracées d'après ces modèles et consignées dans leurs monumens divins. Tout corrompu qu'était le monde, avec quelle surprise ne dut-il pas voir un corps de doctrine, simple et sublime, reposant sur les maximes les plus sensées et les plus lumineuses, surpassant avec une disproportion infinie ce que les sages de toutes les régions et de tous les siècles avaient enseigné de plus honnête, de plus conforme au cri de la vertu et de la saine raison ? Pour disputer ce genre de gloire à la religion chrétienne, il a fallu changer jusqu'aux notions premières des vertus et de la vérité; faire varier les essences immuables des êtres, plus encore que les intérêts des passions, autant que les parties à jamais divisibles de la matière, d’où ces étranges raisonneurs tirent l'origine et la différence de nos pensées. Mais ce renversement
de tout principe et de toute raison, ou du moins l'excès d'impudence qui l'a faft tenter, etait réservé à la philosophie du X Villesiècle, Pour les philosophes les plus révérés de l'antiquité, comme c'eût été une extravagance d'avancer clairement et publiquement que les axiômes aujourd'hui les plus crrtains, nous paraltront peut-être également faux dans la suite, ils eussent pareillement rougi de publier, que c’est faiblesse d'esprit de révérer ces premières impressions de vertu, gravées dans la substance même de notre Ame par la nature, ou par l'éternelle rar. son, la même dans toutes les intelligences et dans tout les temps ; que la docilité à la voix de la conscience et la crainte des remords sont timidité puérile; que lu pudeur est un effet méprisable du préjugé, plutôt que la gloire du sexe; que le vice enfin et la vertu sont des mots vides de sens. Aussi, quelle que fût la dépravation des Gentils, plusieurs d'entre eux ne virent qu'avec admiration, dans la doctrine de l'Évangile, ce faisceau unique de lumières par rapport aux devoirs, cet assemblage de toutes les vérités qui règlent et sanctifient les mœurs, sans nul mélange de corruption ni, de travers. C'est pourquoi le degré d’indifférence ou d'affection où ils se trouvaient par rapport à la vertu, décidait parmi eux de leurs dispositions à l'égard du christianisme. C'est dans le temps même des-persécutions que l’on entendit Tertullien s'exprimer en ces termes : « Qui hait notre religion, n'aima jamais sincèrement la vertu. Elle a trouvé son premier persécuteur dans le plus vicieux des tyrans, et l'on peut juger de son excellence par la haine que lui a portée Néron. » Rien n'est omis, rien n'est porté à des excès déraisonnables, dans la morale évangélique : tout y conduit à Ja perfection et au bonheur de l'homme, au bon ordre du monde, à la sûreté du commerce et des rapports dans toutes les sociétés. En un mot, que les maximes de l'Evangile soient observées, et l'homme sera, aux yeux de sa conscience comme aux yeux de l'Eternel, tout ce qu'il doit être,
Les lois humaines se bornent à défendre les crimes grossiers. « C’est beaucoup pour vous de proscrire l'inceste et l'adultère, » disait S. Grégoire de Nazianze aux Geatils de son temps; et ce raisonnement se trouvera plus pressant encore, si on le fait remonter aux siècles antérieurs : pour le Chrétien, c'est un crime de jeter un regard passionné sur une femme, Ce n’est pas même un éloge pour lui de s'abstenir de la débauche comme de tout vice honteux, puisqu’il fait profession d'affliger sa chair, afin d'en prévenir les révoltes. « Vous prescrivez, ajoutait ce Père, l'amour des parens et de la patrie; et nous devons avoir pour tous les hommes l’amour que nous sentons pour nous-mêmes, sans en excepter nos plus cruels ennemis. A l'égard du serment, nous formons la seule société où il soit défendu non-seulement de se parjurer, mais de jurer en vain. Quant à l’usage des richesses, si tous nos frères ne les foulent pas aux pieds d’une manière effective, il est enjoint à tous de les posséder comme ne les possédant pas, ou de n’y point attacher leur cœur. Combien sommes-nous éloignés de ravir le bien d'autrui, nous qui devons abandonner la tunique à celui qui nous arrache le manteau! Nous bénissons ceux qui nous persécutent ; si l’on nous donne un soufflet sur la joue droite, nous suivons l'Évangile en présentant la gauche. Est-ce là une dis position à l'emportement et à l'injure, à la calomnie et aux faux témoignages ? Vos législateurs n’ordonnent que des œuvres : nos lois vont à la source du mal, aux pensées et à la sensation; elles punissent jusqu’au défaut de vigilance. C'est même un sujet de reproche parmi nous, de rester au même point de vertu, sans nous efforcer continuellement de monter à un plus haut degré. »
Continuons ce parallèle, et constatons avec précision, avec une pleine connaissance de cause, comment les sages les plus vantés pour quelque point particulier de morale, se démentaient et se déshonoraient par mille autres endroits. Parmi ces amateurs de la sagesse, l’un permettait les vols de souplesse, l'autre bravait avec arrogance les hommes peu favorisés de la fortune. D’obscènes épicuriens faisaient consister la perfection ainsi que le bonheur dans les raffinemens de la volupté. Le superbe stoïcien connaissait si mal la vertu, dont il faisait d'interminables éloges, qu'il était égal, à son jugement, de s’emporter contre le plus vil des animaux, ou d'égorger son propre père. Le plus renommé de tous, dans son plan de république, monument à jamais mémorable des écarts de l'esprit humain le plus éclairé, quand il n'a point la révélation pour flambeau ; Platon, surnommé
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hr de à es esmtntsblment tout ce qu'on lui a fait de reproches par rapport à la communauté des femmes, il voulut au moins donner la sanction des lois à mille usages licencieux qui conduisaient également à l'anéantissement de In pudeur, C'était une coutume légale chez certaines nations, de maudire leurs dieux quand ils paraissaient trop lents à se rendre propices. D para " égorgeant leurs hôtes, prétendaient faire un sacrifice agréable aux divinités domestiques. On sait ce que cachaient l'enthousiasme, les initiations et tous les mystères orientaux, où les pères immolaient leurs enfans, consacraient le déshonneur de leur filles, et des excès plus abominables encore. Telles étaient les conséquenres pratiques des er 2 et des principes, dans les maitres les plus
rs disciples.
Mehmet rt weupe de misanthropes, tristes jouets de leur orgueil, qui, s'efforçant tour à tour d’en varier la forme, donnèrent dans les écarts les plus insensés. Oublions , et ce triste censeur, qui n'excepte que ses vices de ce qui le fait continuellement gémir ; et ce moqueur cynique, qui la lanterne à la main, cherche l'homme en plein midi, et se condamne à n’habiter qu'un tonneau pour le plaisir puéril de l’ostentation ; et ce vagabond superbe, qui jette ses biens à la mer pour aller po ph se ps qu’il cc 4 tout avec lui : c'est le le ridicule, qui fait l’objet de notre censure.
la vie ue de Dérste n’est point exempte de tache , et sa mort est déshonore par ce lâche respect humain qui lui fit faire alors son bizarre sacrifice à Esculape. L'empereur philosophe, dont le panégyrique coûta trente ans de travail à Pline, s’abandonna aux dernières infamies. Le chef tant vanté de l'école péripatéticienne n’a pu cacher sa lâche passion pour une femme publique, qui lui ft supplanter son meilleur ami. La mort de plusieurs autres n’est devenue fameu:e que par les excès et le désespoir qui la leur procurèrent. On a su les horreurs également impies et cruelles des assemblées nocturnes de Julien et de ses hellénistes. Ils n'étaient pas plus irréprochables dans la recherche des honneurs et des biens dela fortune, cesimposteurs qui faisaient de si belles leçons de désintéressement et de modestie. Le cynique méprisant dont nous avons déjà parlé, foula aux pieds le faste de Platon , mais avec un orgueil plus fastueux encore et plus insupportable. L'instituteur vanté d'Alexandre le Grand est compté parmi ses plus lâches adulateurs. Pythagore ct Zénon tentèrent d’usurper la souveraine puissance. Enfin Hippias périt en voulant subjuguer sa patrie. Tels étaient les coryphées des sectes les plus fières de leurs vertus : car je ne parle ni d'Epicure, ni de son école ou de son troupeau, comme l’appellent d’autres philosophes, qui, par ce mot seul, en donnent une idée juste quant à l’honnéteté ou aux devoirs. Qu'on rapproche de ce tableau, je ne dirai pas les chefs révérés des premiers chrétiens, mais la multitude de leurs disciples sans distinction ; leur vie est assez capable de faire sentir de quel côté se trouve l'avantage de la comparaison. Qu'elle est édifiante et vraie, la peinture que nos premiers docteurs traçaient ce ces âmes pacifiques et bienfaisantes à l'égard de leurs plus cruels ennemis! « Malgré vos persécutions, disait Tertullién aux tyrans de son siècle, avec cette noble fermeté que donne le témoignage de la conscience, notre candeur et notre fidélité ne vous sont point suspectes. La tête nue, levant au ciel des yeux purs et des mains innocentes, nous offrons des vœux ardens pour l'Empire et pour l’Empereur; et nous lës offrons avec confiance, parce que nous y joignons, non quelques grains d’encens ou quelques coupes de vin arrachées à 1 avarice, non le sang infect d’un taureau languissant qui ne respirait que la mort , mais le digne tribut d’un corps chaste et d’une âme intègre. H est vrai que nous ne célébrons pas, comme vous, les fêtes du prince par de honteuses débauches ; nous n’imaginons pas que ce soit les honorer, que de faire ces jours-là ce qui profanerait les autres.jours. Nous ne crions point avec vous : Que Jupiter retranche sur nos années, pour ajouter à celles de César! Sans proférer leurs vœux avec cette ostentation imposante, les chrétiens se contentent de les faire entendre à leur Dieu. Mais quels sont les plus sincères ? De quelle religion , dites-nous, étaient les Niger et les Albin ? Ces rebelles, ainsi que les parricides qui se coulent dans le palais, le poignard ou le poison à la main, furent-ils jamais du nombre de nos
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frères, qui entrent néanmoins dans toutes les charges de l’état ? Vous les reconnaissez vous-mêmes pour vos plus fidèles et vos plus braves guerriers : et reprochât:s-vous jamais aucune lâcheté à des hommes qui puisent dans leur religion un mépris égal des plaisirs et de la douleur ? Ainsi, dans les tribunaux, est-il aucun de nous qui prononce des sentences d'iniquité, sachant que notre Dieu jugera les justices mêmes ? Nous reproche-t-on davantage, soit la perfidie dans l'amitié, soit la fraude ou l’infidélité dans le commerce ? La république nous est redevable, au contraire, de la vie des indigeas, qui périraient la plupart sans nos largesses. »
Cet apologiste éloquent , qu'on ne peut se lasser d'entendre, tirant enfin la conséquence de ces principes, et défiant généralement les persécuteurs de trouver aucun vice dans leurs saintes victimes : « Quel tort, leur dit-il avec assurance,
faites-vous point à l'Empire en proscrivant ainsi ses plus vertueux citoyens ? J'en appelle à vos sentences , magistrats préposés pour purger la terre des scélérats qui l'infectent : dans le grand nombre des coupables que vous condamnez, quels sont les larrons, les assassins, les parjures , les ennemis des mœurs ? S'y trouve-t-il un seul chrétien ? S'il y en a dans vos prisons, tout leur crime n’estil pas d'être chrétiens ? Les jugemens mêmes par lesquels vous prétendez nous flétrir, font notre plus grande gloire. En condamnant à la brutalité d'un impudique nos vierges, intrépides à la vue des lions rugissans, vous manifestez à jamais que la perte de la pudeur est un plus grand malheur pour le chrétien que la perte de la vie. »
Quant 4 la charité et à l’union admirable des fidèles entre eux, elle fut telle, dans les premiers temps de l'Eglise et long-temps après, qu’elle excita l’émulation et la jalousie des idolâtres. On a dù remarquer que Julien l’Apostat, après mille efforts pour établir cette concorde et cette cordialité merveilleuse entre ses hellénistes , leur tit d'humilians reproches sur l’inutilité de ses tentatives.
Si la vertu s’affaiblit quand elle est moins exercée ; si la charité se refroidit, et si l'iniquité abonde en sa place ;on voit toujours paraître, comme nous l'avons fait, et comme nous aurons encore mille occasions de le faire observer , on voit au moins par intervalles des âmes d’une élévation et d’une énergie extraordinaires , dont l'exemple et le zèle rendent aux mœurs chrétiennes leur intégrité primitive. Non-seulement dans les premiers siècles, mais dans tous les temps et sous tous les ciimats, on trouve et l'on ne cessera de trouver des modèles de ia vraie justice, malgré le torrent de la perversité. Au moins est-il incontestable que le christianisme a aboli ou absolument flétri les excès les plus déshonorans pour la nature humaine. Cette affreuse débauche, dont les poètes et les philosophes païens s’entretenaïent avec indifférence, et que nous n osons plus nommer, l'Evangile l’a tellement stigmatisée, en réformant les idées sur ce point, que depuis .son établissement on a regardé ceux qui en sont souillés comme des monstres dignes d’être anéantis par le feu, avec tout ce qui pourrait perpétuer la mémoire de leurs infamies. N’a-t-il pas de même aboli, dans toute l’étendue de sa domination, les immolations impies des victimes humaines ? Oui, la foi seule a pu empécher, et les adorateurs barbares, soit de Moloch, soit de tant d’autres démons homicides, de les rassasier du sang le plus cher; et les Romains, de sacrifier leurs semblables à Jupiter Latial ; et les Grecs, de les immoler à leurs morts illustres ainsi qu’à leursdieux. Elle a introduit une sorte de clémence ou d'humanité jusque dans les horreurs de la guerre. Elle a du moins corrigé l'énorme atrocité des guerres antiques , où l’on méconnaissait le droit le plus sacré des gens ; où l’on égorgeait de sang-froid les combattans les plus signalés par leur valeur ; où il s'était établi un usage, presque inconcevable dans nos mœurs, d’immoler l'enfant à peine sorti du sein de sa mère, d'égorger les légions vaincues et désarmées, de jeter des peuples entiers dans les fers , d'atteler les rois et les reines au char du triomphateur, de réduire les femmes d'un rang auguste à des indignités mille fois pires que la mort. Enfin, notre religion , amie des hommes et si digne d'en être aimée, comme nous le verrons encore mieux par la suite, cette maitresse bienfaisante des nations n'a point été satisfaite qu'elle n'eût affranchi le genre humain, qu’elle n'eût abrogé légalement , ou sagement restreint, le droit accablant de la servitude, Parlerons-nous du mariage, qu'elle a seule ramené, en tant de climats et d'une
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