II
TABAC
aussi des scaferlatis avec des tabacs purs étrangers : Virginie, Maryland, Levant, Varinas et Latakié.
2° Les cigares sont fabriqués à la main, par des femmes. Une bonne ouvrière peut fabriquer jusqu'à 750 cigares par jour. Elle cboisit des débris de tabac, les assemble sur une plaquette de caoutchouc et les roule dans une feuille nommée sons-cnpe ; la masse intérieure se nomme la tripe. Elle recouvre le tout d'une feuille de qualité supérieure, nommé la robe ou cape. Il ne reste plus qu'à coller le bout conique avec un mélange d'amidon et de nicotine qui donne la couleur.
Les cigares communs sont fabriqués avec le môme mélange qui compose le scaferlati. Ce mélange doit être mis à digérer pendant vingt-quatre heures dans un bassin à eau, ce qui a pour effet de régulariser la teinte et la saveur. Les cigares à dix centimes renferment surtout des feuilles du Brésil et du Mexique et ne subissent pas de macération.
Les robes se font avec du bon tabac indigène (Gironde , Meurthe-et-Moselle, Savoie, Haute-Savoie et Dordogne).
Les cigares de luxe se fabriquent à Paris, à la manufacture de Reuilly, avec des tabacs du Maryland, de Java, du Brésil et de la Havane. Les véritables cigares de la Havane sont expédiés de la Havane même, où le gouvernement français a établi un entrepôt.
Signalons une innovation américaine assez originale. On fume aux États-Unis une grande quantité de cigares, fabriqués avec des feuilles de papier imprégnées de jus de tabac.
Les cigarettes se font maintenant à la mécanique, avec des débris de feuilles de cigares, broyées et passées au crible. La fabrication mécanique des cigarettes date de 1842.
3° La préparation du tabac à priser est longue et difficile. Elle ne se fait nulle part aussi bien que dans les manufactures françaises; elles en vendent beaucoup à l'étranger. Il est d'ailleurs à remarquer que la consommation du tabac à priser va sans cesse en diminuant, tandis que celle du tabac à fumer augmente constamment.
Les feuilles sont grossièrement hachées et mises en tas de