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IV. — PARFUMERIE

Les parfums ont été employés dès la plus haute antiquité, principalement dans les cérémonies religieuses. On a découvert certains temples, bâtis avec un mortier renfermant du musc, dont les ruines dégagent encore actuellement l'odeur caractéristique de ce parfum. Les Égyptiens parfumaient leur café avec de l'ambre gris. Leurs vases, destinés à renfermer les boissons, étaient vernis au moyen d'une résine odorante. Les Hébreux, comme tous les peuples orientaux, aimaient avec passion les parfums. Ils en mettaient sur leurs vêtements, sur leurs lits pour se procurer des songes plus agréables ; ils en remplissaient leurs salles de festin.

Les cosmétiques, les pommades, tous les raffinements de la parfumerie moderne, étaient déjà connus des Grecs et des Romains. On se réunissait à cette époque dans les boutiques de parfumeurs, comme aujourd'hui dans les cafés ou dans les confiseries. L'embaumement des corps, les pratiques religieuses donnaient lieu à une grande consommation de parfums. Les Romains poussaient l'amour des parfums jusqu'à la frénésie. Ils en mettaient dans leur bain, en badigeonnaient les murs des maisons, les tentures des cirques. Les hommes et les femmes en remplissaient leurs vêtements. Ils allèrent même jusqu'à parfumer les chevaux et les chiens ! Ils faisaient usage de teintures pour les cheveux et la barbe, d'élixirs propres à rajeunir, embellir et fortifier, de dentifrices, etc., etc. Le fameux Apollonides découvrit les fards blancs et rouges.

Les principaux articles de la parfumerie actuelle sont les eaux odorantes, les extraits, les savons parfumés, les pommades, les dentifrices et les parfums secs.

Les eaux odorantes sont des essences dissoutes dans de l'alcool et qu'on laisse vieillir. La plus renommée de ces eaux est certainement celle de Cologne, dont l'origine est inconnue, et qu'on fabrique partout, même à Cologne.

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Voici la composition de l'eau de Cologne :

Alcool 27 litres.

Essence de néroli. 87 grammes.

Essence de romarin 56 grammes.

— de citron ]41

— d'orange 141

— de bergamote 56

Le vinaigre de Bully a la même composition que l'eau de Cologne, sauf addition d'acide acétique et de benjoin.

On obtient de bonne eau de toilette en ajoutant à un litre d'alcool, 4 à 5 grammes d'extrait de musc, 4 à 5 grammes d'ambre gris et quelques gouttes d'essence de rose.

Les extraits s'obtiennent en traitant par l'alcool les huiles, les graisses, la glycérine, la paraffine qui ont été chargés du parfum des fleurs par la méthode de l'enfleurage.

Les dentifrices ont des compositions très variées. Quant aux parfums secs, ils consistent en pâte d'amandes, obtenues avec les tourteaux d'amandes, en poudres à sachets, en boules odorantes, en parfums à brûler et en fards. L'Orient nous a donné le goût des pastilles à sucer odorantes, des baguettes parfumées, des papiers odorants, des médailles en plâtre parfumées, etc.

La France est le pays par excellence de la parfumerie et les autres peuples ne peuvent lutter contre elle, car la France reste toujours le pays du goût et d«s raffinements. Paris est le principal centre de fabrication du monde entier. Qui ne connaît les noms des Piver, des Claye, des Coudray, etc.? Après Paris, viennent les villes de Grasse, de Nice, de Cannes et aussi quelques localités de l'Hérault et de la Drôme. Grasse et Nice, qui fournissent Paris des matières premières, fabriquent aussi chaque année, en moyenne, 450 000 kilos de pommades, 225 000 kilos d'huiles parfumées, 3 millions de kilos d'eaux aromatiques et 35 000 kilos d'extraits spiritueux.

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