III
La culture du coton est pratiquée aux Etals-Unis principalement dans les Etats de Géorgie, de Virginie et de Caroline.
C'est en 1784 qu'on découvrit dans l'île de Bahama le fameux cotonnier Sea-Island, le plus beau du monde, celui qui a fait la fortune des Etats-Unis. On eu cultive aussi un peu partout SUT les bords du golfe du Mexique el dans l'Amérique Centrale, car le cotonnier y croît spontanément. Dans l'Amérique du Sud, on en trouve au Pérou, dans la vallée de la Chira; au Brésil, dans les provinces de Pernambuco, deCora, de San Paulo, de Maranhaô; le Honduras est très propice à sa culture, niais les habitants n'en veulent pas.
La culture du coton a surtout fait des progrès dans les Indes anglaises après la guerre de Sécession des États-Unis, laquelle
dura de 1801 à 1865 et faillit priver le inonde de colon. Les
Etats-Unis, qui avaient commencé la culture du col >n
1774, en exportaient en effet en 1860, à la veille de la guerre, plus de 723 millions de kilos représentant un revenu annuel d'un milliard de francs et les buit dixièmes de la production totale; du monde. Forcés de trouver du coton dans les autres parties du monde, les Anglais entreprirent de piauler des cotonniers un peu partout, et principalement dans les Indes. Les principales cultures cotonnières existent sur le plateau central de l'Inde et au nord-ouest, vers Bombay. En 1866, l'Inde produisait déjà du coton pour une valeur de 636 millions de francs.
C'est aussi de cette môme époque que date la culture en grand du cotonnier en l'Egypte et dans les provinces turques. La production, qui était do 580 000 quintaux en 1860, s'éleva brusquement à I 800 000 quintaux en 1866. Il en résulta une misère effroyable eu Egypte; car, l'argent affluant, les fellahs, grisés par une abondance passagère, se livrèrent à des dépenses exagérées qui les ruinèrent. Le coton égyptien est propre à la filature des plus fins numéros. La Turquie commença la culture du coton en 1862, près de Tarsous ; cette culture se répandit rapidement dans le reste du territoire, grâce aux capitaux anglais. Des essais heureux furent tentés également en Syrie, en Ana-
FILATURE
tolie, sur les côtes de la mer de Marmara, dans les îles de Chypre et Candie, à Malte et même en Grèce.
La Russie tire aujourd'hui ses cotons de la Crimée, du Turkestan russe, des pays situés entre Boukhara, Khiva et Tashkent, et même de la Perse.
Le coton était déjà cultivé avec succès en Algérie et au Maroc dès le xi e et le xn c siècle, principalement à Biskra, Mostaganem et M'Sila. Au xvi c siècle, les Vénitiens en exportaient de grandes quantités d'Oran et du Maroc. On trouve encore aujourd'hui le cotonnier à l'état sauvage en Tunisie, vestige certain d'une ancienne culture florissante. Le cotonnier ne prospère dans ces pays que sur le bord de la mer et dans les endroits bien arrosés. On a tenté, dans ces dernières années, mais sans succès, de reconstituer les anciennes plantations. La production, qui s'était élevée à lit 000 kilos en 1864, était déjà tombée à 36 000 en 1874.
On a fait également des essais de culture du' cotonnier dans un grand nombre de pays, mais sans beaucoup de succès jusqu'ici : en Australie, à Tahiti, à Naples, en Sicile, en Espagne, aux îles Baléares, en Corse, à la Guadeloupe, à la Martinique, au Sénégal, etc. Nous signalerons aussi les tentatives peu fructueuses faites en France, à Aix dès l'année 1790, à Dax et à Toulon en 1806, et à Remoulins, dans le Gard, en 1861.
3° Filature du coton. — Aux États-Unis, en Egypte, en Algérie, le fruit du cotonnier mûrit assez pour s'ouvrir sur les tiges et il suffit d'enlever à la main le duvet en laissant l'enveloppe sur l'arbre. Mais dans l'Inde, le Levant, en Asie Mineure, on est obligé de cueillir le fruit, de l'ouvrir et d'enlever le coton soit avec la main, soit au moyen de machines spéciales. Dans tous les cas, il est nécessaire de séparer les filaments des graines qui y restent adhérentes. C'est là ce qu'on appelle Yégrcnage.
Egrenage. — La première machine égreneuse a été inventée par Elie Whitney, mais elle a depuis subi de grands perfectionnements. Il y a actuellement deux espèces d'égreneuses : les
COTON