SUCCÉDANÉS
On cultive aussi beaucoup l'agave aux îles Bahamas. En Algérie, cette plante est surtout commune dans le département d'Oran et dans la vallée du Chélif, à l'extrémité occidentale du département d'Alger. Elle est exploitable au bout de la troisième année de plantation; on la coupe alors chaque année. Les Arabes la font servir à plusieurs usages. Avec les hampes, ils font des constructions légères; avec la moelle, ils fabriquent des cuirs h rasoir; des libres des feuilles, ils font des mèches de fouet. Pour extraire ces fibres, ils se contentent de gratter les feuilles au couteau.
Les fabriques de cordages font maintenant un grand usage des fibres de l'agave. On pourrait aussi s'en servir pour tisser des étoffes grossières.
5° Palmiers. — Les palmiers fournissent des libres que l'industrie utilise aujourd'hui.
Lecofferdam est une matière ligneuse qu'on obtient en déchiquetant le périsperme corné de la noix du coco. On en fabrique des cordes, des tapis, des paillassons, des nattes. Légèrement tassé, le cofferdama été proposépour le cuirassement des navires. Un décimètre cube ne pèse que 00 grammes, c'est-à-dire quatre fois moins que le liège. Il aveugle les voies d'eau et n'est pas facilement combustible. Les essais n'ont pas réussi.
On utilise à Java, aux Antilles, aux îles Maurice et Bourbon, plusieurs variétés de pandanus dont les feuilles servent à tresser des nasses destinées au transport des denrées coloniales.
Vabaca ou chanvre de Manille est un précieux textile des Philippines. 11 peut être acclimaté à Saigon, comme l'a reconnu le directeur du Jardin botanique de cette ville. Comme il ne pourrit pas à l'humidité, on en fabrique d'excellentes cordes pour les navires. On en fait aussi des étoffes très solides et des câbles pour mines. L'abaca est la fibre des feuilles d'un bananier très répandu dans toute I'Océanie.
A Madagascar, à Pondichéry, à Chandernagor ; dans l'Inde, en général, on fabrique beaucoup d'étoffes grossières avec les fibres des feuilles d'un palmier, nommé raphia, ou palmier bambou.
WM
FILATURE
6° Textiles d'origines diverses. — Los textiles suivants ont encore peu reçu d'applications. Nous les donnons surtout à titre de curiosité.
Alfa, de l'Algérie, de la Tunisie et du Maroc, servant à fabriquer des cordes, des filets, des nattes, des tapis, du crin artificiel, et surtout de la pâte à papier. Le sparte d'Espagne et de Grèce sert aux mêmes usages.
Hibiscus cannabinus, de la famille des malvacées, se rouissant dans l'eau comme le chanvre, cultivé dans l'Inde, d'une grande ténacité, permettant de fabriquer de bons coutils. Crotalaria juncea , ait gony, de l'Inde.
Kanaff , des bords de la mer Caspienne, d'une solidité extraordinaire, de trois mètres de hauteur, employé en Russie pour la fabrication des sacs.
Écorce de filao, de l'arbre à pain ou rimier, de l'Australie, pour nattes et étoffes grossières.
Caraguata, ne pourrissant pas dans l'eau, employé dans la Guyane, le Paraguay, l'Equateur, le Venezuela, pour la fabrication des filets et des câbles.
Pulu, des îles Hawaï, duvet d'une fougère.
Kendyre ou tourka, des bords de l'Amou-Darya, dans les steppes de l'Asie, dit jute russe, excellent pour la fabrication des sacs et des filets de pêche, car il est incorruptible et sa couleur brune le rend invisible aux poissons dans l'eau. C'est une plante de marécages, qui affectionne les terrains salés.
Hamidi, ou filaments de l'écorce des mûriers, que M. Khourl parvient à isoler par le rouissage, puis un dégommage par le chlorure de chaux. On peut en fabriquer des rideaux et des couvertures de lit.
Falfetone, du Sénégal et de l'Amérique du Sud, très abondant aussi en France et en Italie. La tige fournit une excellente filasse, fine et blanche, supérieure au jute, pouvant remplacer la soie. Ecorces de bouleau, de tilleul, d'aune, d'épicéa. — L'écorce de tilleul est filamenteuse, flexible et tenace. Les habitants de Chantilly et du département de l'Oise en fabriquent des nattes, des tapis et des cordes.
LAINE
Aiguilles des arbres résineux. — On fadrique à Rcmida, dans laThuringe, en Allemagne, des tissus hygiéniques avec les fibres retirées des aiguilles des arbres résineux. Ces fibres sont mélangées avec de la laine. Le traitement chimique, nécessaire pour isoler les fibres, donne en outre de l'huile et une essence employée dans la fabrication des savons. On utilise surtout les aiguilles du pin sylvestre.