‹ Histoire générale de l'industrie. 1, Industries du règne végétalChapitre 156 sur 214 · III-OS · texte numérisé non relu

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écrit Audiganne, sont postérieurs à 1830; mais à une époque plus lointaine, vers le commencement du siècle, des élans indus- ■ tnels énergiques s'étaient déjà manifestés sur ce sol Douze hommes avaient alors formé une société de fabrication, et par la réunion de leurs ressources, assez peu considérables isolément, ils avaient donné naissance à une force collective puissante. Ils essayèrent de fabriquer quelques articles nouveaux et de modifier un peu les anciens ; ils conduisirent leurs affaires de telle sorte, qu'au bout d'un court intervalle la plupart d'entre eux purent fonder une maison particulière. »

C'est là un exemple à méditer et à imiter dans bien des cas Les draps anglais, belges et allemands sont supérieurs 'aux draps français, du moins pour les qualités fines. Ces pays font aussi, d'ailleurs, des draps de fantaisie.

Les draps fins se fabriquent surtout dans l'ouest de l'Angleterre. Ceux d'Ecosse sont d'une grande originalité. La nouveauté anglaise est fort recherchée. Les mettons, tissus mélangés de laine et de coton, donnent des pardessus incomparables On les fabrique surtout à Batley. Les grands centres de fabrication sont Leeds, Morley, Wakefield, Osset, etc.

Les draps belges luttent avantageusement avec les draps anglais, grâce à un outillage supérieur. Leur bas prix est extraordinaire. Les centres de fabrication sont Bruxelles, Verviers, Hodimont, Benaix, Ecclo, etc.

L'Allemagne produit des draps unis d'une qualité exceptionnelle et d un apprêt brillant. L'exportation en est considérable La Russie exporte beaucoup de drap en poils de chameau pour les pays d'Orient.

3° Tapis. — La tapisserie est également un tissu formé d'une chaîne et d'une trame; mais la chaîne est entièrement couverte par la trame qui apparaît seule à l'endroit et à l'envers. Pour les articles riches, on se sert principalement du métier dit à haute hsse, parce que la chaîne est tendue verticalement ; quand elle est tendue horizontalement, le métier est dit h basse tisse.

Les tapis ont été connus de toute antiquité par les peuples

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orientaux, qui trouvaient dans leur emploi, outre une satisfaction pour leur luxe, un moyen commode de se préserver des ardeurs du soleil. Les Grecs et les Romains, comme les Égyptiens et les Babyloniens, tendaient également des tapisseries le long des murs de leurs appartements et en recouvraient leurs meubles.

La fabrication des tapis, après l'invasion des Barbares, reparut en Europe, grâce aux Sarrasins qui l'avaient empruntée à l'Orient. Les croisés ramenèrent aussi avec eux des ouvriers tapissiers. Aubusson et Felletin, en France, datent déjà de cette époque. L'Eglise elle-même recouvrit à l'intérieur ses édifices avec des tapisseries, et plusieurs abbayes, telles que celles de Poitiers et de Saint-Florent à Saumur, en fabriquaient de très renommées.

Au xv e siècle, les tapisseries les plus célèbres provenaient surtout de Bruges et d'Arras, 'mais ces villes cessèrent d'en fabriquer au milieu du xvm e siècle, quanil les boiseries commencèrent à se substituer aux tapisseries.

A l'époque de la Renaissance, les tapisseries italiennes furent aussi très recherchées, car les dessins en étaient dus aux plus habiles artistes peintres. Plus tard, au xvi' siècle, ce furent les manufactures françaises des Gobelins et de Beauvais qui jouirent de la plus grande renommée. Au xxuf siècle, les meilleures tapisseries de consommation courante se fabriquaient à Venise, à Bruges et à Oudenarde, à Aubusson et à Felletin, à Abbeville, à Rouen, à Rergame, etc.

Le goût des tapisseries se développant de plus en plus dans toutes les classes de la société, la richesse s'égalisanl aussi de plus en plus, il fallut substituer aux tapis de luxe anciens des tapis d'un prix moins élevé. Ce résultat fut atteint par des procédés mécaniques. On fabriqua \amoqaetle, créée déjà à Bruxelles et à Tournai à la fin du xvn c siècle.

La moquette est une étoffe à trame et à chaîne de fils de chanvre ou de lin, veloutée en laine. On en fait des tapis, des dossiers de siège, etc. La carpelle est un tapis de feutre imprimé. Les Anglais fabriquèrent d'abord mécaniquement les moquettes et les carpettes au commencement de ce siècle. En France, cette

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fabrication se développa, surtout à partir de 1842, à Aubusson Tourcoing, Abbeville, Amiens, Roubaix, Nîmes, Tours, Bordeaux' Besançon, etc. D'abord exclusivement en laine, ces tapis communs se firent ensuite avec du chanvre, du jute et du coton.

Depuis la création des tapisseries communes, les tapisseries de grand luxe sont en décadence. Cela se conçoit, quand on songe que les tapis des Gobelins et de Beauvais valent de 2000 à 4000 francs le mètre carré. Ces prix sont excessifs et ne concordent plus avec la médiocrité des fortunes Pour la tapisserie et les étoffes d'ameublement de grand luxe, la France est d'ailleurs sans rivale dans le inonde. Les artistes tapissiers d'Aubusson excellent surtout dans la reproduction des tableaux, comme ceux des manufactures nationales des Gobelins et de Beauvais.

La première manufacture nationale de tapisseries fut fondée en 1535, par François I", au palais de Fontainebleau, sous la direction de l'Italien Francesco Primaticcio. Henri IV en installa d'autres à Paris, et la plus remarquable fut celle de Chaillot placée dans une ancienne fabrique de savon et connue pour cette raison sous le nom de la Savonnerie. Mais les manufactures nationales ne reçurent un grand développement que sous Louis XIV, qui fonda les deux manufactures qui subsistent encore actuellement : la première à Paris, en 1662, sur l'emplacement de la teinturerie créée à la fin du xv e siècle par Jean Gobelin, de Beims ; la seconde à Beauvais, en 1664.

Après la Bévolution la manufacture des Gobelins était tombée en grande décadence. Elle ne redevint prospère que sous la savante direction de l'illustre chimiste Chevreul. Le tissage y est exécuté sur des métiers à haute lisse, à la main et avec une sage lenteur, par de véritables artistes. Quant à la teinture, on y procède plutôt comme dans un laboratoire que dans une véritable usine. On y fait plus spécialement des tableaux d'histoire.

La manufacture de Beauvais fabrique au contraire des tapisseries pour ameublement, sur des métiers à basse lisse, 'avec des laines plus fines que celles des Gobelins.

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En Europe, les principales manufactures do tapisseries sont à Londres, Bradford et Halifax en Angleterre, où l'on travaille surtout pour l'exportation selon le goût des différents peuples ; à Tournai et à Ingelmunster, en Belgique ; à Vienne, en Autriche ; en Prusse, en Saxe, dans la Hesse-Électorale, où l'on produit surtout des articles à bon marché.

Les pays musulmans et orientaux sont toujours restés maîtres dans la fabrication des tapis. Ceux de l'Inde et de la Perse sont très remarquables par leur richesse, leur goût délicat et l'harmonie de leurs colorations. Les tapis turcs sont très recherchés. Malgré la sobriété de leurs dessins, ils ont une harmonie pleine de charme et une coloration chaude. Chaque paysan travaille lui-même à son métier de tapisserie. Les centres de fabrication sont dans l'Anatolie, à Koula, Gheurdès et Ouchack. Ces tapis sont désignés dans le commerce sous le nom de tapis de Smyrne. Là, ce sont les femmes et les jeunes filles qui tissent ; les hommes lavent les laines et les teignent. Les tapis ras ou kilims sont spécialement tissés par des femmes grecques. Les femmes algériennes imitent parfaitement ces tapisseries de l'Asie Mineure. Il faut aussi mentionner les tapis fabriqués à la mode orientale en Serbie et en Bulgarie. Ceux de Pirot en Serbie et ceux de Berkovitza en Bulgarie, les plus renommés, sont très décoratifs, à trame forte et serrée. et n'ont ni endroit ni envers.

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A cause de la faible résistance de la soie son tissage mécanique offrait plus de difficultés que celui des autres textiles. Après un grand nombre de tentatives, le problème fut enfin pratiquement résolu par Jacquart, ouvrier lyonnais, que Pernon aida de ses capitaux. En 1806, le brevet de Jacquart fut acheté par la ville de Lyon moyennant une rente annuelle de .'1000 francs. Les ouvriers lyonnais ne pardonnèrent jamais cette découverte à leur illustre compatriote, sous le fallacieux prétexte que sa machine supprimait le travail des ouvriers. N'est-ce pas au

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Le velours est connu dans l'Inde de toute antiquité. Les prem.ers tissus de ce genre furent importés en Europe 7 es Vémtiens et les Génois. Dés le xv siècle, il se fonda des tlage de velours a Milan, Florence, Lucques e, Gênes. La fabricant

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ouvrier venu de la ville de ce nom, en Hollande, à la fin du xvm e siècle. En France, c'est principalement Amiens qui possède le monopole de cette fabrication. On en fait aussi beaucoup en Prusse.

Les velours ordinaires en soie se fabriquent spécialement à Lyon, centre principal de cette industrie, à Avignon, à Nîmes, à Toulouse et à Tours. Ceux de Gênes, de Milan, de Venise et de Naples sont aussi très renommés. Crevelt, en Hollande, en fabrique de remarquables par leur prix modique.

Citons encore les velours d'Allemagne, ceux de Manchester et de Glasgow, en Angleterre, velours de coton, ceux de l'Inde et de la Chine qui, fabriqués à la main, rivalisent cependant avec ceux d'Europe.

Le velours exige une fabrication toute spéciale. C'est une étoffe à deux chaînes. La chaîne inférieure forme le bâti de l'étoffe, tandis que la chaîne supérieure soutient le poil qui s'entrelace avec la trame et la chaîne inférieure.

Signalons encore quelques autres étoiles spéciales de soie : le damas, la gaze et la peluche pour chapeau.

Les damas de soie se fabriquaient dès le xi" siècle à Damas, en Syrie, et on les utilisait comme tissus d'ameublement. A la fin du xin" siècle, on en fit également à Gènes et à Avignon. Louis XI installa la première fabrique en France, au Plessislez-Tours, l'an 1470, où il lit venir des ouvriers génois. Au xvi e siècle, les fabriques de damas de Lyon étaient prospères. En 1823, Roubaix et Rouen entreprirent la fabrication des damas en laine et en coton.

La gaze, originaire de Gaza, en Syrie, est une étoile légère et transparente, d'abord fabriquée exclusivement en soie, puis plus tard avec un mélange de lin et de soie. On y entremêle aussi des fils d'or et d'argent.

La peluche pour chapeau de soie est une sorte de velours dont le poil, au lieu d'être ras, est long, brillant et couché. Les chaînes sont en soie crue, la trame en colon et le poil en soie cuite. On fabrique également la peluche avec du coton, de la laine, du poil de chèvre et du duvet de cygne. La peluche de

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soie a été inventée en 1833 par J.-B. Martin, tisseur à Lyon, qui fonda de nombreuses manufactures à Lyon, à Tarare, à Roanne, à Metz, à Pont-à-Mousson, etc.

Sous le nom de peluche-duvet, on fabrique aussi, surtout à Lyon, pour garnitures de robe, manchons, manteaux, etc., un tissu dont les chaînes sont en soie, la trame en coton et le poil en duvet de cygne.

L'une des branches les plus importantes du tissage de la soie, et même des autres textiles, est la fabrication des rubans et des lacets. Il y a trois espèces de rubans : la nouveauté, les rubans de luxe et les rubans communs. Les deux premières espèces ne peuvent se faire qu'à la main, car le mode de tissage varie à chaque instant selon les caprices de la mode et la fabrication de nouvelles machines serait trop dispendieuse. Les rubans communs seuls peuvent être fabriqués à la machine : ils forment d'ailleurs les deux tiers de la consommation totale.

Sous la désignation de rubans, on comprend, outre les rubans de soie, les variétés connues sous les noms de ruban-passementerie, la plus recherchée, mais qui exige un mécanisme à chaque instant renouvelé à cause des changements de mode, de ruban-velours simple ou avec bordures de dentelles, de guipures, etc., de ruban-cravate, de galon et lacet, de tissu élastique.

^ En France, la fabrication des rubans de soie, pure ou mélangée, s'est surtout concentrée à Saint-Étienne. Ces merveilleuses étoffes, aux couleurs si vives, ornement des femmes, sont fabriquées au milieu des canons et des fusils, dans la fumée des usines métallurgiques. Cette industrie s'était d'abord installée à Saint-Chamond, vers le xi° siècle. De là, elle s'est lentement déplacée et peu à peu transportée jusqu'à Saint-Étienne.

A Saint-Étienne, la fabrication des rubans est disséminée dans un grand nombre d'ateliers. On peut évaluer à 60000 le nombre des personnes vivant de cette industrie dans le département, dont 25000 pour Saint-Étienne seul. Cette fabrication exige des ouvriers habiles. Chose curieuse, tous les perfectionnements ont été faits par de simples ouvriers, jamais par

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desmécaniciens de profession ou des ingénieurs. Il est très facile de s établir rubanier à Saint-Étienne, et à peu de frais. Il suffit d'acheter deux ou trois métiers, et d'engager quelques ouvriers habiles; mais l'avenir de la maison, par suite de la concurrence effrénée, dépend d'un hasard heureux, d'un modèle adopté par le caprice de la mode. On y compte plus de deux cents maisons de fabrication et de vente. Paris est le grand marché de vente des rubans de luxe.

Le ruban tissé, il faut le teindre; aussi trouve-t-on à Saint- Etienne des teintureries importantes et de véritables artistes. Pour former ces artistes, on dut créer des écoles de dessin qui ont produit des résultats excellents; elles ont servi de modèle a des institutions semblables dans les autres grands centres industriels de France.

Les lacets de soie se fabriquent spécialement à Saint-Chamond à Izieux et à Nîmes. Ce travail est exclusivement fait par des femmes. On compte plus de 10 000 ouvrières dans le seul rayon de Saint-Chamond.

Coventry, en Angleterre, fabrique surtout des rubans communs ; la Prusse, les provinces Rhénanes se font remarquer par leurs lacets, leurs tresses, leurs galons. La fabrication des rubans est aussi très active à Vienne, en Autriche, et dans les environs, car les femmes autrichiennes aiment beaucoup les rubans pour se parer. La rubanerie de la Suisse diffère essent.ellement de celle de Saint-Étienne. Bàle possède de grandes usines, admirablement outillées, mais non plus ces ateliers de famille comme ceux de Saint-Étienne. Cette fabrication en grand permet de livrer à l'exportation à meilleur marché qu'en France. La Suisse, grâce à l'abondance de ses capitaux, à la vie sobre et régulière de ses ouvriers, est d'ailleurs un pays essentiellement industriel.

La fabrication des tissus élastiques en caoutchouc pour bretelles, ceintures, jarretières et bracelets, est originaire d'Angleterre, où elle a pris naissance vers 1855. Lucien Fromage, de Rouen, est l'inventeur d'un métier produisant mécaniquement ces sortes de tissus. Les principales fabriques se trouvent à

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Leister el à Birmingham, en Angleterre; à Rouen, Lyon, Amiens, Bernay, Paris, Saint-Étienne, en France; mais Rouen est le centre le plus important de fabrication.

Maintenant que nous avons étudié en détail les différentes industries se rattachant au tissage de la soie, nous de.vons voir comment se répartit, dans les différentes contrées du monde, l'ensemble de cette branche, si importante de la fabrication des tissus.

La France, et Lyon en tète, occupent le premier rang dans l'industrie des tissus de soie. On peut évaluer à un demimilliard de francs la valeur annuelle des produits fabriqués dans le groupe lyonnais qui comprend, outre la ville de Lyon, toutes les usines tissant diverses variétés de soieries dans les départements voisins : l'Ain, la Loire et l'Isère. On estime à 230000 le nombre de personnes vivant de cette industrie. Lyon a toujours été à la tête du progrès industriel et de l'esprit d'initiative. Dès 1804, la municipalité lyonnaise créait une école des beaux-arts, d'où sont sortis une phalange d'artistes et de dessinateurs. Elle a également fondé des écoles professionnelles et imaginé la première le système des Expositions publiques.

Citons encore les villes de Nîmes et de Tours, qui fabriquent surtout des tissus de soie pour ameublement, et les départements du nord de la France qui, grâce à leurs procédés mécaniques plus perfectionnés, à leur activité plus grande, tendent de plus en plus à absorber à leur profit le travail de la soie.

La valeur des soies ouvrées produites en France s'élève à environ 600 millions, de francs par an, dont les deux tiers sont destinés à l'exportation, ce qui exige la mise en œuvre de près de quatre millions de kilogrammes de soie. La France ne produisant guère que le quart de cette quantité, il faut demander le reste à l'importation.

Après la France, c'est l'Allemagne qui tisse le plus de soie ; on évalue sa production annuelle à environ 300 millions.' L'Autriche n'entre en ligne que pour 40 millions seulement. En Allemagne, le centre le plus important de cette industrie est Crefeld, dans les provinces Rhénanes ; viennent ensuite

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la Westphalie, le Brandebourg, la Bavière, le Wurtemberg, le duché de Bade. Le tissage de la soie a été importé dans ces pays par des ouvriers lyonnais et tourangeaux qui durent s'expatrier à la suite de la révocation de l'édit de Nantes. Il en fut d'ailleurs de même en ce qui concerne l'Angleterre et la Suisse. Vienne, en Autriche, possède de nombreux tissages de soie; on y fabrique d'excellents tissus pour le blutage des farines.'

L'industrie de la soie est très prospère en Suisse. Zurich tisse les étoffes et Bâle les rubans. Ces deux places font 150 millions d'affaires par an en ces articles. En 1872, les fabriques de Bâle ont produit 125 millions de mètres de rubans.

L'industrie de la soie s'est très peu développée en Angleterre. Manchester etCoventry sont cependant remarquables pour leurs cravates de soie, l'Ecosse et l'Irlande pour leur popeline. Citons encore, en Europe, les étoffes de Moscou et du Caucase, en Bussie ; les tissus communs de la Belgique, ceux de Gênes, de Venise, de Florence, de Côme, en Italie, ceux de Valence et de Barcelone en Espagne.

Si les Etats-Unis produisent peu de soie, en revanche ils en tissent beaucoup. La première fabrique fut fondée en 1810 à Manslïeld, dans l'État de Connecticut. En 1889, les États-Unis possédaient 472 fabriques dans les États deNew-York, de New-Jersey, de Pensylvanie, de Connecticut et de Massachusets. Le principal centre de fabrication est Paterson, dans l'État de New-Jersey, où plus de 8000 ouvriers sont employés dans 38 fabriques. On estime à 50000 le nombre total des ouvriers ;tisseurs de soie aux États-Unis. La valeur des produits fabriqués s'élève à 436 millions de francs. L'Orient, pays originaire de la soie, tisse toujours d'admirables étoffes avec ce précieux textile. Les soieries de la Turquie, de l'Egypte et de la Tunisie se font remarquer par la grande richesse de leur coloris et leurs dessins originaux. Celles de la Perse sont des merveilles de goût. Des fils d'or et d'argent sont mélangés avec les fils de soie, jetant à la lumière un éclat qui charme l'œil.

Les tissus de l'Inde ont une renommée universelle depuis la plus haute antiquité, mais les productions actuelles n'ont plus

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la même valeur que les anciennes. Les tissus les plus recherchés sont ceux de Tanjore, dont les pagnes pour femmes, mélange de soie et de coton, sont parsemés de fleurs d'or. Citons aussi les produits du Bengale, de Bombay, de Madras, de Mysore

La Chine, toujours stationnaire, tisse des soieries surtout remarquables par Fétrangeté des dessins. Le Japon, tout en conservant les saines traditions du passé, possède un esprit créateur qui empêche son industrie de dégénérer comme celle de la Chine. Ses artistes obtiennent de jolis effets que l'Europe a tout avantage à imiter. En somme, les soieries du Japon, sauf pour quelques articles exceptionnels, luttent avantageusement avec les produits similaires des meilleures fabriques d'Europe

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