I. — DENTELLES
Les dentelles sont connues depuis une haute antiquité; elles étaient portées par les Grecs et les Romains. Après avoir disparu pendant plusieurs siècles, au moyen âge, elles reparurent avec éclat vers la fin du xiv e siècle en Europe, d'abord en Belgique et en Italie. Bruxelles fabriquait les dentelles au fuseau, Venise les dentelles à l'aiguille. Plus tard, aux xvi" et xvn c siècles, les dentelles furent recherchées partout avec empressement. Non seulement les dames s'en paraient, mais les hommes rivalisaient avec elles; on en ornait les chevaux aussi bien que les carrosses.
Il y a deux espèces de dentelles : les dentelles aux fuseaux et les dentelles à l'aiguille. Les premières se fabriquent sur un petit métier portatif très simple, au moyen de fuseaux et d'épingles. Comme fil, on emploie le lin, le coton, la soie, la laine, soit blanc, soit coloré ; on se sert même de fils d'or, d'argent et de crin. Quant à la dentelle à l'aiguille, appelée aussi point, elle se fabrique uniquement avec des fils blancs, à l'aide d'une aiguille qu'on pique sur un dessin que l'ouvrière tient à la main.
La fabrication de la dentelle est si compliquée et si variable suivant la mode, qu'on n'a guère songé que dans ces dernières années à remplacer le travail de la main par un métier mécanique. Les machines sont d'une complication extraordinaire et d'un prix considérable. Elles exigent de plus un très grand empla-
TISSUS A MAILLES
cernent Celle de M. Malhère, par exemple, qui date de 1881 est
2000 T rrf He ^ méCaniqUe " EHe met - œuvTe
2000 fuseaux et déplace de 200 à 300 épingles
On fait des dentelles dans le monde entier. Il y a autant
d espèces de dentelles qu'il y a de autres de fabricLou "
chaque centre donne son nom au produit qu'il fabrique. Les
pays grands producteurs de dentellessont la France, la Belgique
Ang jterre, l'Allemagne, l'Espague et le Portugal. Sur^ O00000 ouvrières que peut posséder l'Europe, ces pays en fournissent a eux seuls les quatre cinquièmes. Le salaire de ces ouvrières est très faible généralement. Il ne s'élève guère en moyenne qu'à 10 ou 15 centimes par heure de travail
France. - La fabrication des dentelles donne du travail en France a environ 200 000 femmes et Jeunes filles, dont 50 000 à 60 000 pour la Normandie seule. Les dentelles françaises ont une
écT^ A T lteStabIe - " EHe ne tient P as -ulement, écrivait M. Aubry en 1867, à l'esprit d'initiative ni à ce goûi
parfait qui préside à nos créations indigènes; elle est la conséquence mamfeste de la concentration de deux forces qui ne se rencontrent dans aucune industrie nationale, combinées en proportions aussi complètes et aussi harmoniques, savoir ■ le génie de 1 homme dans la conception du dessin et la vulgarisation commerciale du produit; le génie de la femme dans I exécution dun travail essentiellement de son ressort et dans son appropriation à tous les caprices d'une mode essentiellement française. »
IBfit rTV'? , f f' iqUait PaS enC ° re dG denteIIes ' *■«*. en f f 7 î f ht ^ ChâteaU de L ° nrai > P rès d 'Alençon un
atelier de dentelles. Il y fit venir trente ouvrières de Venise
sous a direction d'une dame Gilbert. Cette dame voulut aussi faire fabriquer le point de Venise par les ouvrières normandes ■ mais, devant un manque d'habileté qu'elle ne put vaincre elle' pagina un point nouveau, dit point d'Alençon, dont la renommée devintimmense. Chaque ville, entraînée par l'exemple voulut également avoir son point particulier '
La dentelle d'Alençon est une véritable œuvre d'art, tant il y