COLORATION DES TISSUS
au moyen de l'acide sulfureux ou des bisulfites alcalins Les chimistes ont préconisé l'emploi de beaucoup d'autres matières décolorantes, mais on n'a pas encore réussi jusqu'ici a détrôner le chlore et l'acide sulfureux. MM. Tessié du Motay et Maréchal ont indiqué le permanganate de potasse. On a aussi essayé l'eau oxygénée, qui décolore facilement les cheveux les plumes, la soie, les os et l'ivoire. Au Hanovre, à Haën on utilise le bioxyde de sodium. Un procédé qui semble avoir plus d avenir est celui de M. Hermite. Il consiste à décomposer par un courant électrique une dissolution de sel marin et de chlorure de magnésium.
En définitive, le blanchiment des tissus est une grande industrie qui nécessite la construction de vastes usines spéciales dans les grands centres de tissage. La France occupe le premier rang par la perfection de ses procédés. Le blanchiment s effectue aussi très bien en Angleterre et surtout en Irlande où les eaux sont d'une grande pureté ; en Allemagne, en Autriche, en Suisse, en Belgique et en Russie.
Les bains de teinture se préparent de différentes façons. Les couleurs d'aniline, qui ont l'avantage de représenter la matière colorante à l'état de pureté, se dissolvent simplement dans 1 eau ou les alcools. Les matières colorantes végétales sont réduites en copeaux ou en poudre et dissoutes dans un liquide approprié. C'est ainsi qu'on emploie l'alcool avec l'orcanette les alcalis avec le rocou et le carthame, l'acide sulfurique avec 1 indigo.
Maintenant, deux cas principaux se présentent : ou le tissu fixe directement la couleur, ou bien il ne la fixe pas. Dans le premier cas, il suffit de plonger le tissu dans la matière colorante dissoute ; dans le second, il faut employer les mordants.
On appelle mordant toute substance capable de se combiner en même temps au tissu et à la couleur qu'on veut y fixer On conçoit donc qu'il faille un mordant spécial pour chaque espèce de tissu et pour chaque espèce de couleur. De là résulte une grande complication dans les procédés de teinture. Souvent le mordant a besoin de l'action de la vapeur d'eau pour se fixer
TEINTURE
sur le tissu. Nous ne pouvons énumérer tous les mordants, car la liste en serait trop longue. Les plus employés sont les sels d'alumine, de fer, d'étain, de cuivre, de chrome ; le tartre, l'albumine, le gluten, la caséine, le tannin, etc. Les acétates sont les meilleurs, à cause de la volatilité de l'acide acétique et de leur facile décomposition. Les mordants incolores n altèrent pas les couleurs; les mordants colorés modifient au contraire les teintes. Pour ne citer qu'un exemple, la garance donne du rouge ou du rose sur coton avec les sels d'alumine, du noir ou du brun foncé avec les sels de fer, du marron avec un mélange des sels d'alumine et de fer.
L'étoffe est trempée pendant plusieurs heures dans une dissolution chaude ou froide, suivant les cas, du mordant, puis lavée et séchée. On la trempe ensuite dans le bain de teinture.
Les couleurs minérales insolubles ne peuvent se fixer sur l'étoffe, même à l'aide des mordants. Dans ce cas, il faut employer une méthode spéciale de teinture. On provoque la formation de la couleur dans le tissu lui-même. Le tissu est d'abord imprégné de l'une des substances capables de donner naissance à la matière colorante. On provoque la réaction par trempage dans le second réactif. Par exemple, pour teindre en bleu de Prusse, on trempe d'abord dans une dissolution d'un sel de peroxyde de fer, puis dans une dissolution de prussiate jaune de potasse.
Le tissu teint, il faut le laver énergiquement pour enlever l'excès de couleur. On se sert de laveuses mécaniques. Puis on l'essore avec une turbine et on le sèche dans une étuve ou à l'air libre. Dans ce dernier cas, il faut avoir soin d'éviter l'action du soleil. Il ne reste plus enfin qu'à calandrer, c'est-à-dire laminer le tissu entre des cylindres, puis à le comprimer pour rehausser l'éclat de la couleur.
Les opérations nécessitées par la teinture sont parfois très longues. C'est ainsi que la teinture en noir de la soie, avec les charges qui ont pour but d'augmenter son poids, exige 37 opérations bien distinctes et 130 manipulations. Hâtons-nous de