III-H
COLORATION DES TISSUS
dire que la plupart de ces manipulations se font aujourd'hui mécaniquement.
Signalons en passant un procédé de teinture de la soie en or qui est original. Ce résultat s'obtient au moyen de la galvanoplastie. Au prix de quelques centimes d'or, on peut ainsi obtenir la soie dorée nécessaire pour la fabrication d'une robe de bal.
Les grandes usines de teinture sont naturellement situées dans les localités mêmes de fabrication des tissus. Lyon, Saint- Etienne, Roanne, Paris, teignent les étoffes de soie; Roubaix Reims, Amiens, Paris, les étoffes de laine; Rouen, Roanne, les étoffes de coton ; Amiens, les velours de coton.
IMPRESSION
Par la teinture, on se borne à donner à l'étoffe une couleur uniforme; par l'impression, on dépose des couleurs différentes avec des dessins plus ou moins compliqués. L'art d'imprimer les étoffes fut pratiqué dès une haute antiquité chez les Indiens, les Egyptiens et les Assyriens. Jusqu'à la fin du xvn siècle,' l'Europe tira tous ses tissus imprimés de l'Inde, d'où les noms d'indienne et de perse donnés à ces tissus, exclusivement de coton. Ce n'est qu'à partir de cette époque que les Hollandais, puis ensuite les Suisses, entreprirent enfin ce genre de fabrication en Europe. Mulhouse dut son étonnante prospérité aux établissements fondés par Kœchlin, Schmaltzer et Dollfus en 1746, véritables établissements modèles dans cette industrie. La Suisse occupa pendant longtemps le premier rang, jusqu'au jour où l'Angleterre, la 'France et l'Allemagne fondèrent à leur tour de vastes usines pour l'impression des tissus. En 1736, Abraham Fey, de Genève, fonda une manufacture à Rouen ; trois ans plus tard, en 1759, Philippe Oberkampf, jeune ouvrier allemand, créa celle de la vallée de Jouy, près Paris, qui acquit bientôt une renommée universelle! A la fin du xvm e siècle et au commencement du xix", grâce aux travaux de savants illustres, Rerthollet, Chaptal, Guyton de Morveau, Darcet, Vauquelin, Robiquet, Clément De-
IMPRESSION