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PAPIER
toujours un peu jaune de la pâte, produit du blanc. On se sert surtout d'indigo, d'outremer artificiel, de bleu d'aniline ou de Paris.
Les papiers colorés s'obtiennent par l'adjonction de matières colorantes dans la pàto blanchie. Nous ne pouvons indiquer ici la composition de ces matières colorantes, qui sont excessivement variées et qui diffèrent la plupart du temps d'une usine à l'autre. Nous nous bornerons à en mentionner quelques-unes.
Le rose est un extrait de bois de Lima; le violet un extrait de bois de Campêche. Le bleu s'obtient avec l'outremer ou le bleu d'aniline ; on peut aussi ajouter successivement dans la cuve du sulfate de fer et du ferrocyanure de potassium. Le jaune s'obtient en ajoutant successivement dans la cuve de l'acétate île plomb et du bichromate de potasse. Le vert est un mélange des deux couleurs précédentes, le bleu et le jaune. Le chamois est le résultat de l'adjonction successive d'un mélange de sulfate de fer et de sulfate de cuivre avec du chlorure de chaux. Les couleurs d'aniline sont aussi très employées, mais elles s'altèrent très facilement à la lumière.
Les papiers colorés sont employés pour une foule d'usages, particulièrement pour les lettres et les enveloppes de fantaisie. On a reconnu que le papier jaunâtre fatiguait beaucoup moins les yeux à la lecture du jour; le soir, au contraire, la coloration verte est préférable. Presque tous les papiers de journaux sont aujourd'hui légèrement teintés en jaune.
Le collage a pour but de rendre le papier non poreux et de l'empêcher de boire et d'étendre l'encre ordinaire. Avec les encres grasses d'imprimerie, la porosité du papier n'a pas les mêmes inconvénients; cependant on colle aujourd'hui tous les papiers, même ceux qu'on destine à la typographie. Jadis on ne collait le papier que sur ses deux faces. Quand on grattait 1 encre avec un canif, on mettait à nu une couche de papier non collée, et la nouvelle écriture faisait tache. Il fallait frotter avec de la poudre de sandaraque. On colle actuellement le papier dans toute sa masse, ce qui évite l'inconvénient que nous venons de signaler.
La meilleure substance pour coller le papier est la gélatine, mais c'est aussi la plus chère et celle dont la préparation exige le plus de soins et de main-d'œuvre. On obtient cette gélatine en faisant bouillir longtemps avec de l'eau des pieds de mouton ou des débris de tannerie, puis en ajoutant de l'alun, ou encore du sulfate ou du chlorure d'aluminium, de manière à rendre la gélatine imputrescible et insensible à l'action de l'humidité. Les Anglais pratiquent beaucoup le collage à la gélatine. Ce collage n'a lieu qu'à la superficie, en trempant le papier, après sa confection complète, dans un baquet contenant une dissolution de gélatine.
En France, en Allemagne, etc., on préfère coller le papier dans toute sa masse par le procède'' indiqué par M. Obry en 182 ) . On emploie un mélange d'alun, de fécule de pomme de terre et de résine dissoute dans du carbonate de soude. Ce mélange est ajouté dans la pile ou cuve raffineuse.
Enfin, pour donner du corps au papier, augmenter sa blancheur, lui enlever sa transparence quand il est mince, augmenter son poids et diminuer son prix, on a l'habitude d'ajouter à la pale raffinée des substances minérales très blanches, insolubles dans l'eau et pouvant être réduites eu poudre impalpable. La meilleure de ces substances est le kaolin ou l'argile très blanche ; viennent ensuite le plâtre cru et surtout le sulfate de chaux précipité chimiquement, plus blanc que l'argile, mais qui s incorpore difficilement dans le papier.
L'usage immodéré de ces substances minérales rend le papier cassant et l'écriture difficile en émoussant les plumes. Certains papiers de luxe, d'un aspect séduisant, ne se conservent pas pour la même raison.
3° Transformation de la pâte en feuilles. — Jusqu'à la lin du xvui c siècle, le papier fut fabriqué à la main, par les procédés usités par les Chinois et les Japonais depuis un temps immémorial. La pâte, très fluide, c'est-à-dire mélangée de beaucoup
sur une toile métallique tendue au
eau,
Hait
ise
igout
fond d'un cadre de bois. L'eau s'écoulait à travers la toile, et il restait une mince feuille de papier, qu'on faisait sécher. Pour
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cela, on disposait une pile de feuilles de papier et de feutres, chaque feuille étant comprise entre deux feutres, puis on comprimait le tout. L'eau des feuilles s'infiltrait dans les feutres, en même temps <pie le papier s'étalait et s'amincissait. Il* ne restait plus qu'à sécher complètement en suspendant les feuilles à des cordes dans une étuve. On collait la surface avec de la gélatine et on satinait par compression dans un laminoir à cylindres d'acier.
Les premiers papiers, ainsi fabriqués au xu e siècle avec d'excellents chiffons de chanvre et dé lin, étaient remarquables par leur solidité. Cela était nécessaire pour qu'ils pussent alors soutenir la concurrence contre le parchemin. Plus tard, leur qualité diminua.
On distinguait deux sortes de papier, suivant leur degré de finesse : le vergé et le vélin, La toile métallique, dont les fils étaient en cuivre, laissait des empreintes transparentes sur la euille de papier aux endroits où la pâte était un peu plus mince. Ces empreintes se nommaient des vergeures, d'où le nom de papier vergé. De plus, les petites baguettes minces en bois, destinées à consolider le cadre et qui étaient au même niveau que les fils de la toile, produisaient des empreintes plus larges, nommées des pontuseaux. C'est seulement en 1730 que Baskervillé fit fabriquer des papiers plus fins et plus favorables à l'impression au moyen de formes d'un tissu plus serré. Ce nouveau papier se nomma vélin. Actuellement encore, mais seulement dans des cas particuliers, on fabrique du papier à la main. Ce papier est destiné aux actes officiels ou au tirage des ouvrages de luxe. Il est supérieur comme qualité au papier fabriqué à la mécanique, à cause de son feutrage plus parfait ; de plus, son collage superficiel empêche les ratures.
En 1791), Louis Robert, employé dans la papeterie François Didot, à Essonnes, près Paris, conçut le premier l'idée d'une machine propre à fabriquer mécaniquement le papier. L'État lui accorda une somme de 8000 francs pour l'encourager dans ses tentatives. Robert céda son brevet à Léger Didot fils qui, aussitôt après la paix d'Amiens, alla chercher en Angleterre ce