V. — CLICHAGE OU STÉRÉOTYPIE
Supposons qu'un éditeur veuille tirer plusieurs éditions d'un même ouvrage à des époques différentes. S'il est obligé de conserver les mêmes caractères pendant plusieurs années, il est évident qu'il va immobiliser un matériel très dispendieux et qui pourrait lui servir pendant ce laps de temps pour imprimer d'autres ouvrages. La stéréotypie a pour but d'obvier à cet inconvénient. Elle se propose de reproduire simplement et économiquement les formes au moyen de moulages. En possession du moulage des formes, l'éditeur peut attendre, aussi longtemps qu'il sera nécessaire, le moment venu de réimprimer l'ouvrage. La stéréotypie offre encore d'autres avantages. En permettant la reproduction illimitée d'une même forme, elle met l'imprimeur dans la possibilité de tirer à la fois sur plusieurs machines, ce qui se fait notamment pour les journaux, où le tirage rapide est de toute nécessité. En outre, elle évite l'usure des caractères, ce qui est important pour les ouvrages de grande valeur, où les derniers exemplaires sont moins bien imprimés que les premiers. La multiplication des formes permet un tirage bien régulier, car il devient possible de remplacer la forme usée par une nouvelle.
La stéréotypie doit être aussi vieille que la typographie ellemême ; mais, avant le xvm e siècle, ses procédés étaient très primitifs et bien imparfaits. En 1720, William Ged, orfèvre à Edimbourg, eut l'idée d'enfoncer la forme dans une plaque d'argile et de couler du métal dans ce moule. C'est au moyen de ce procédé «pie parurent à cette époque plusieurs éditions de Bibles et de livres de prières.
En 178G, l'Alsacien Hoffmann perfectionna ce procédé ; il employa un mélange d'argile et de gélatine, ou encore de plâtre, de gomme et de fécule. En même temps il perfectionnait l'alliage versé dans la matrice, en le rendant plus fusible au moyen du I. 4