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IX. — RELIURE

Les manuscrits sur papyrus se lisaient dans l'antiquité comme nous lisons encore aujourd'hui les journaux dans les cafés, c'est-à-dire en les enroulant autour d'un cylindre de bois tenu à la main. De là le nom de volute ou volume donné à l'ensemble de plusieurs feuilles groupées ensemble.

La reliure, telle que nous la pratiquons aujourd'hui, sous la forme carrée, fut inventée à Rome à la fin de la République, un siècle avant notre ère. Les parchemins ainsi reliés se nommaient tomes ou codices. Les tomes furent en usage partout où les Romains pénétrèrent, mais ils n'en restèrent pas moins d'une grande rareté jusqu'au n° siècle de notre ère. Ce procédé' de reliure était cependant très simple: les feuillets étaient placés entre deux plaques de bois, d'ivoire, de métal ou de cuir. On se crut obligé de recouvrir ces plaques d'un grand luxe d'ornementation. Cette reliure si riche se comprenait à cette époque, où les manuscrits et les livres étaient d'une extrême rareté et faisaient l'orgueil de leur propriétaire. Elle ne se comprendrait plus aujourd'hui, depuis que les livres sont devenus si communs et si bon marché. A Rome les couvertures étaient l'œuvre de bijoutiers et de joailliers qui les enrichissaient de reliefs en or, en argent, en acier, en ivoire, de pierres précieuses, d'émaux et de décorations en tous genres. Ce luxe de décoration se développa surtout au temps de Charlemagne. En même temps, les moines, enfermés dans leurs cloîtres, se

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