I. — GRAVURE EN RELIEF
La gravure a pour but de reproduire les dessins en les gravant soit en relief, soit en creux, sur une table spéciale. Les traits en relief ou en creux étant encrés, il suffira de presser une feuille de papier sur la table pour obtenir la reproduction exacte du dessin. La gravure en creux donne de meilleurs résultats que la gravure en relief, mais elle exige des procédés de tirage plus pénibles, et la main-d'œuvre exigeant un plus long temps est plus coûteuse. La gravure en relief, au contraire, se prête à toutes les opérations de la typographie; aussi tous les inventeurs ont-ils toujours cherché à obtenir des reliefs d'une grande finesse et d'une grande rigidité.
L'invention de la gravure en relief remonte à une très haute antiquité. L'Orient possède des toiles, peintes par les procédés de la gravure, qui remontent à un âge extrêmement éloigné. Pline raconte que Varron put reproduire à l'infini les portraits d'un grand nombre de personnages, ce qui ne peut s'expliquer sans la gravure.
Si l'antiquité connaissait déjà la gravure, on peut cependant affirmer que cet art n'a pu atteindre sa perfection qu'avec l'invention du papier. Le papier seul, en effet, possède assez de résistance pour ne pas s'écraser sous la pression, ce qui est une condition essentielle pour la netteté des traits déliés.
Gravure sur bois. — La gravure sur bois est la plus ancienne
GRAVURE
et son origine se perd dans la plus liante antiquité. Elle était certainement connue en Chine et dans les Indes avant le xiv" siècle, époque où elle fit son apparition en Europe et où elle prépara l'avènement de la typographie. Elle fut très mal accueillie par les artistes de cette époque, car, il faut bien l'avouer, les gravures obtenues par ce procédé étaient d'une imperfection fâcheuse ; elle eut cependant pour résultat de répandre le goût du dessin parmi les gens du peuple.
Au début du xv c siècle, la gravure sur bois était pratiquée avec succès dans les Flandres; le papier de chiffon, déjà connu à cette époque, devait faciliter les tirages. C'est ainsi qu'on a découvert à Malines une gravure sur bois, datant de 1418, qui représente la Vierge et l'enfant Jésus dans un jardin. Albert Durer, né en 1471 à Nuremberg, donna à la gravure sur bois un cachet plus artistique ; aussi la voit-on briller d'un grand éclat jusqu'à la fin du xvi c siècle. La France, à cette époque, posséda d'excellents artistes, graveurs sur bois. Puis, à partir du siècle suivant, cet art tomba dans l'oubli et ne servit plus qu'à imprimer de grossières images pour les habitants de la campagne. Il faut arriver à l'année 177o pour lui voir reconquérir son ancienne splendeur en Angleterre, grâce aux efforts de Thomas Bewick, de Newcastle. Bevvick, au lieu de tailler le bois dans le sens du fil, comme cela se pratiquait avant lui, eut l'idée de le tailler dans le sens perpendiculaire, ou debout. Ce procédé ne commença à être appliqué en France que vers 1815, par Thompson. M. Godard, d'Alençon, les graveurs Andrew, Best, Leloir, après avoir grandement perfectionné les outils, dotèrent la France d'excellentes gravures sur bois. L'Allemagne, patrie d'origine de cet art, se laissa devancer par l'Angleterre et la France dans la renaissance de la gravure sur bois.
La matière première, exclusivement employée pendant longtemps, fut le bois de poirier, très homogène et à fibres serrées; on lui a préféré le buis dans ces dernières années.
La gravure sur bois, plus hardie et plus rapide que les autres gravures en relief, est le meilleur moyen de répandre