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PHOTOGRAPHIE
surtout pour les photographes en voyage, c'était de ne pouvoir être employé qu'humide, c'est-à-dire récemment préparé. Un grand nombre de recherches furent faites pour conserver sa sensibilité au collodion sec. Taupenot proposa de le recouvrir de gélatine ou d'albumine, Despratz de le mélanger avec de la résine, Russel de le recouvrir de tannin, mais toutes les difficultés furent vaincues par l'apparition d'un dernier procédé dit au gélatino-bromure d'argent, procédé encore suivi à l'heure actuelle.
Le procédé au gélatino-bromure d'argent est dû à Kermett, de Londres, et date de 1878. Ses avantages sont immenses : les plaques permettent de faire des photographies instantanées, tant leur sensibilité est extrême, et elles peuvent servir à l'état sec, de longs mois après avoir été préparées. Du coup, tout le monde devint photographe et le nombre des amateurs fut prodigieux. La photographie s'est universellement répandue parce que l'industrie livre aujourd'hui des plaques très bien préparées à un prix relativement modique. On n'est donc plus dans la nécessité de préparer soi-même des plaques à l'albumine ou au collodion comme dans le passé, ce qui obligeait à une manipulation toujours pénible et fastidieuse.
Voici comment on prépare les plaques au gélatino-bromure d'argent. On fait dissoudre de la gélatine dans de l'eau tiède, puis on ajoute successivement du bromure d'ammoniaque et de l'azotate d'argent. Cette opération doit être faite dans l'obscurité et en agitant sans cesse le, liquide pour que le bromure d'argent formé soit bien également disséminé dans la masse. On laisse la gélatine prendre par refroidissement, on la coupe en morceaux et on la lave pour enlever l'azotate d'ammoniaque qui s'est formé.
Ceci fait, on dissout la gélatine dans dix fois son poids d'eau tiède, on filtre à travers de la ouate et on fait couler sur le verre. Il faut enfin laisser sécher à la température ordinaire dans un courant d'air bien dépourvu de poussière, ce qu'on obtient d'ailleurs facilement en faisant passer l'air injecté à travers une épaisse couche de ouate.
Les meilleurs révélateurs sont l'oxalate de fer, l'acide pyro-
gallique et l'hydroquinone. Comme fixateur, on se sert toujours de l'hyposulfite de soude.
Positifs. — Les positifs n'ont pas subi des perfectionnements aussi considérables et de ce côté il reste encore beaucoup à l'aire pour obtenir plus de finesse. On se sert parfois de papier préparé au gélatino-bromure d'argent comme les plaques négatives, ce qui donne des photographies noires, semblables à de la gravure et d'un très bel effet. Il convient alors de se servir d'une lumière artificielle, celle du soleil étant trop vive. Le papier positif le plus employé est préparé à l'albumine et au chlorure d'argent. Le papier est d'abord recouvert d'une couche de blanc d'œuf et de sel marin, puis desséché et sensibilisé par un trempage dans une dissolution d'azotate d'argent. Ce papier peut être conservé longtemps dans l'obscurité. On vire avec du chlorure d'or et l'on fixe avec l'hyposulfite de soude. Le virage a pour but de recouvrir l'argent d'une mince couche d'or, ce qui rend la photographie beaucoup moins altérable et lui donne une teinte agréable à l'œil. On peut aussi remplacer le chlorure d'or par le chlorure de platine, qui donne à l'épreuve une très grande inaltérabilité.
Le procédé imaginé par Talbot permet aussi d'obtenir directement une épreuve positive. Les épreuves négatives sur albumine ou collodion apparaissent en effet en positif quand on les regarde sur un fond noir. De là un procédé très simple, employé par les photographes forains, pour obtenir en quelques minutes un positif. La couche sensible d'iodure d'argent est fixée sur une lame de fer très mince, colorée en noir au moyen d'un vernis. Les opérations s'effectuent d'ailleurs comme pour obtenir les négatifs sur verre.
En 1840, c'est-à-dire des l'origine de la photographie, il avait paru un procédé très remarquable pour cette époque, qui permettait d'obtenir de suite un positif sur papier. Ce procédé, imaginé par Petzhold, consiste à recouvrir une feuille de papier ou de carton d'un mélange d'acide gallique, de tannin et de nitrate d'argent. Il se forme un dépôt d'argent métallique blanc aux endroits qui ont reçu l'action de la lumière.
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