III. — PAPIERS SPÉCIAUX
Le papier marbré se fabrique d'une façon toute spéciale. On commence par faire bouillir de l'eau avec de la graine de lin, puis on ajoute de la gomme. Ceci fait, on projette sur ce liquide des gouttes de couleur mélangée avec de l'alcool et du iiel de bœuf. En agitant le liquide avec un peigne, on produit des ondes, des veines, des dessins en un mot de forme voulue. Il ne reste plus alors, pour marbrer le papier, qu'à le passer sur ce bain.
Le papier satiné s-'obtient en introduisant du sulfate de chaux ou de l'alumine dans la couleur, puis par un brossage énergique.
Le papier est velouté au moyen de la tontisse de laine, obtenue dans la tonte des draps. Celte tontisse est teinte, puis moulue, réduite en fine poussière et enlin blutée, c'est-à-dire passée au tamis. Le papier est d'abord recouvert d'une couche de mordant, composé d'huile de lin cuite et de céruse broyée. II ne reste plus qu'à fixer sur ce mordant la poussière de tontisse, en soulevant cette poussière au-dessus du papier par un courant d'air.
Le papier doré ou argenté s'obtient en collant des feuilles d'or ou d'argent sur le papier préalablement recouvert du mordant ci-dessus décrit. L'argent est pur, mais l'or est faux. Le papier maroquiné ou gaufré, qui imite les beaux cuirs de Cordoue, exige une préparation plus compliquée. Le papier est collé, puis coloré, puis collé de nouveau et enfin recouvert d'une dissolution d'alun, de salpêtre et de crème de tartre. Après cette préparation, on gaufre le papier en le faisant passer entre deux cylindres lamineurs, gravés l'un en relief, l'autre en creux. Le cylindre creux sert en même temps de cylindre imprimeur
PAPIERS PEINTS
pour les fonds qui doivent être colorés. Quant aux reliefs, il faut avoir eu soin de les imprimer avant le gaufrage.