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Aujourd'hui cette région, autrefois si déshéritée et si triste, possède plus de 800000 hectares de sapins; elle exporte de grandes quantités de hois et de résine dans toutes les parties de l'Europe et jusque dans l'Amérique du Sud. Ces résultats sont dus en grande partie à M. l'ingénieur Chamhrelent, qui a percé la croûte imperméahle d'alios et creusé de nombreux canaux pour l'écoulement des eaux.

La France n'est pas le seul pays où on ait entrepris les reboiments sur une vaste échelle. On rehoise maintenant dans un grand nombre de contrées jadis prospères „et devenues arides à la suite de déboisements provenant de l'incurie. Citons l'Algérie, jadis le grenier d'abondance de l'Europe, l'Espagne, l'Italie, les îles Canaries, les steppes de la Russie.

En Algérie, les meilleures espèces pour reboisement sont: le pin des Canaries, l'eucalyptus d'Australie qui, absorbant l'eau des marais avec ses puissantes racines, l'ait ainsi disparaître les fièvres, et dont la gomme fournit un revenu considérable ; plusieurs espèces de bambous peuvent aussi s'y acclimater. C'est à M. Hardy qu'on doit l'introduction de l'eucalyptus d'Australie à Alger. Aujourd'hui, quand on veut fonder un nouveau village, on commence par planter des eucalyptus qui assainissent le pays et font disparaître les fièvres paludéeunes. L'eucalyptus prospère également en Espagne.

En Russie, dans les steppes, on plante surtout l'ailante. Aux Açores et aux îles Canaries, on cultive l'eucalyptus, le thé et principalement le pin, dont le bois sert à la confection des caisses d'oranges. On sait, en effet, que ces îles produisent à elles seules autant d'oranges que le reste du monde.

Le boisement des dunes présente des difficultés particulières à cause du peu de solidité des sables mouvants que la mer et le vent rejettent à la cùte. Les dunes les plus remarquables de France s'étendent le long du golfe de Gascogne, entre Rayonne -et l'embouchure de la Gironde. Jusque vers la lin du siècle dernier, ces dunes s'avançaient, annuellement, d'une vingtaine de mètres dans l'intérieur des terres, ensevelissant tout sous elles. En 1787, l'ingénieur des ponts et chaussées Brémontier conçut le J - 9

projet d'arrêter le mouvement des sables par des plantations depins maritimes. Brémontier avait en effet remarqué que l'aridité des dunes était plus apparente que réelle. Les sables conservent toujours une certaine humidité et leur cohésion est suffisante pour fixer les racines. Leur mobilité était donc le seul obstacle à vaincre pour pouvoir y réaliser des plantations. Brémontier parvint à immobiliser les sables, pendant le temps nécessaire à l'enracinement des pins, au moyen de cordons de fascines, de palissades en madriers et en recouvrant les semis avec des branches de pins. -

Sur d'autres points du littoral, sur la Manche, par exemple,, où la violence du vent est considérable, on consolide les sables avant toute plantation en semant des graines d'Arundo arenaria, vulgairement appelé gourbet ou oyat. En Russie, on arrive au même résultat en plantant des baguettes de saule et en semant le genêt des teinturiers. Les baguettes de saule s'enracinent dans le sable : étouffées ensuite par les pins, elles donnent, en se consommant, un excellent engrais.

Le pin maritime n'est pas la seule essence propre au boisement des dunes. On peut également employer le pin sylvestre, le pin laricio, le saule, l'aune, le peuplier, le chêne de Banister dont les racines sont puissantes, qui prospère dans les plus mauvais sols et dont la force de végétation et de reproduction est énorme.

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