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LIÈGE. H-G

l'arbre, ce qui est facilement reconnaissable aux stries annuelles ; les bouclions larges et plats sont découpés dans un sens perpendiculaire. Les bouclions à vin doivent être cylindriques et présenter même des irrégularités qui rendent la fermeture plus hermétique. Les bouchons coniques, réservés aux pharmaciens, bouchent plus mal. Un bon ouvrier fait 2000 bouchons par jour.

La fabrication mécanique se sert de machines spéciales qui découpent le liège en bandes, puis en carrés et qui le tournent enfin, au moyen d'un couteau animé d'un muuvement de va-et-vient, le bouchon tournant devant ce couteau qui s'affûte de lui-même. Cette machine peut tourner oOOO bouchons par jour.

Les bouchons doivent être lavés avec de l'acide oxalique, du chlorure d'étain ou de l'acide sulfureux, ce qui leur donne une teinte plus agréable. Les rognures, dont le poids s'élève à 60 p. 100 du poids primitif, servent à fabriquer des agglomérés et du linoléum.

La consommation des bouchons de liège est énorme. On l'estime à un milliard de bouchons par année pour l'Europe entière, à deux millions de bouchons par jour pour l'Angleterre et ses colonies.

La France, qui en consomme pour 3G millions de francs par an, a ses principales fabriques dans les départements du Lot-et- Garonne, du Var, des Landes et des Pyrénées-Orientales.

Les autres applications du liège sont moins importantes. Le liège mâle sert à décorer les jardins, à faire des bouées de sauvetage, des chapelets pour les filets des pêcheurs ; les Kabyles s'en servent, en Algérie, pour couvrir leurs demeures et même pour maçonner des murs au moyen d'argile. Le liège femelle sert à fabriquer des calorifuges, c'est-à-dire qu'on en recouvre les tubes conduisant la vapeur qui ne se condense plus aussi facilement qu'au contact de l'air froid; des garnitures pour les cabines téléphoniques, car le liège conduit très mal le son; des étoffes pour rendre insubmersible, des semelles hydrofuges pour chaussures, des semelles élastiques pour danseurs et danseuses, des

casques légers pour les pays chauds, des fonds de chapeau, des moules pour la passementerie.

On a également tiré parti des résidus du liège. Par combustion, on en obtient un noir très beau et très résistant,^lit noir d'Espagne ; réduits en poudre, on en fabrique des agglomérés et du linoléum.

Les agglomérés s'obtiennent en mélangeant la poudre de liège avec un lait de chaux, comprimant et séchant de manière à fabriquer des briques légères. Ces briques servent à tapisser les caves des brasseries, ce qui retarde la fusion de la glace, à construire les murs des poudreries qu'une explosion peut détruire sans qu'on ait à redouter de grandes catastrophes, à recouvrir les planchers des filatures pour amortir le bruit des machines.

Quant au linoléum, qui a été inventé en Ecosse, on l'obtient en recouvrant une toile avec une pâte formée d'un mélange de poudre de liège et d'huile de lin siccative. Cette toile sert de tapis. En recouvrant du mélange des feuilles de papier ou de carton, on obtient de belles tapisseries de tentures, faciles à laver. Le linoléum rend les parquets insonores, enlève l'humidité des appartements, et remplace avantageusement les toiles cirées. Par le moyen du gaufrage et par l'emploi des vernis colorés, on obtient des imitations de véritables tapis.

La poudre de liège peut enfin remplacer le lycopode des pharmaciens et servir pour les emballages délicats.

On a fait dernièrement des essais de pavage en liège devant la gare de Liverpool Street, à Londres. Ce pavage en liège et en bitume est très doux et excellent pour les chevaux; il avait été déjà employé auparavant en Australie.

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Le caoutéhouc est le produit de la sève d'un assez grand nombre de végétaux. En faisant des incisions dans ces végétaux, on obtient un liquide ayant l'aspect particulier du lait. Comme le lait, d'ailleurs, il est formé par de petits globules suspendus

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dans de l'eau. Ces globules donnent, par leur réunion, la substance appelée caoutchouc.

On trouve des plantes à caoutchouc dans l'Amérique du Sud et l'Amérique Centrale, en Asie et en Afrique.

Amérique. — Le meilleur caoutchouc est celui que produit le Siphonia elastica du Brésil. Les caoutchoucs des autres provenances sont beaucoup plus impurs, fermentent et dégagent une odeur acre et désagréable, et au Brésil même, c'est le caoutchouc de Para qui est le meilleur.

Le caoutchouc du Brésil arrive en Europe sous la forme de poires creuses, de larmes ou de plaques, selon les modes de préparation. Le Siphonia elastica est appelé seringueira par les indigènes, et le caoutchouc se nomme seringa. Chaque pied peut produire par année environ 8 kilogrammes de caoutchouc, depuis l'âgede dix ans jusqu'à la mort de l'arbre, qui vit prèsd un siècle. 11 affectionne la vallée de l'Amazone, où on le trouve sur une étendue de 600 lieues, dans les régions baignées par les rivières Madeira, Punis, Ilyurua. Hyutahy et Hyavary. Outre le caoutchouc, le Siphonia elastica donne une semence dont on extrait une huile excellente pour la fabrication des vernis etdes savons. On peut cultiver sous son ombrage le cacao, qui, comme lui, aime les lieux humides. La culture de cet arbre est donc pour le Brésil une source de grande richesse. Le Para exporte à lui seul chaque année 10 millions de kilos de caoutchouc, d'une valeur de 30 millions de francs.

L'ancien procédé d'extraction, nommé amiclio, avait l'inconvénient d'épuiser l'arbre; aussi est-il défendu aujourd'hui. Il consistait à envelopper le tronc avec une liane, sous forme d'hélice, et à faire des incisions dans l'écorcc au-dessus de la liane ; le suc coulait le long de- la liane jusqu'à une tasse placée à la partie inférieure. Le procédé employé actuellement est celui des tigellinhas, c'est-à-dire des petites tasses. Un pratique des incisions transversales, de deux centimètres au plus, et on place au-dessous de chacune d'elles une petite tasse qu'on lixe avec un peu d'argile. Quand le vase est plein, ou le vide dans un baquet. Le baquet rempli, on le porte lui-même à l'usine. Là, on

plonge une large spatule de bois dans le liquide laiteux, et on l'expose à la fumée d'un four où brûlent les fruits de certains palmiers. Après avoir renouvelé plusieurs fois la même opération, la spatule se trouve recouverte d'une feuille de caoutchouc très pur. Parfois, au lieu de spatule, on se sert d'une sorte de poire en terre glaise qu'on recouvre de caoutchouc par le même procédé. En délayant ensuite l'argile dans de l'eau, on obtient ces poires creuses en caoutchouc qui arrivent en Europe.

On a proposé, pour la préparation du caoutchouc, des méthodes moins grossières que les précédentes; mais, jusqu'ici, aucune n'a donné de meilleurs résultats. Strauss, par exemple, a proposé de coaguler le liquide laiteux avec de l'alun, puis de soumettre à la presse le produit obtenu. En mélangeant le suc tel qu'il sort de l'arbre avec un peu d'ammoniaque, on l'empêche de fermenter et on peut l'expédier au loin pour des usages particuliers.

Outre le Brésil, il y a encore en Amérique un grand nombre d'autres contrées qui recueillent du caoutchouc sur diverses espèces de végétaux : Buenos-Ayres, Carthagène, Valparaiso, Mexico, les Guyanes, La Martinique. Les végétaux producteurs sont : YHevœa Gui/anensis, le Sapota muileri ou balata, le Mimosops e/ata, le Siphonia eahuchu et diverses variétés de figuiers. Toutes ces variétés de caoutchouc ont peu de valeur à côté de celui du Brésil.

Asie et Afrique. — Le Siphonia eahuchu, le Ficus elastica, Vlatropha elastica, et d'autres espèces des Indes, fournissent encore du caoutchouc. L'Urceola elastica et autres variétés en produisent beaucoup dans l'archipel Indien, à Sumatra, Java, Penang, les Moluques, la péninsule Malaise, Manille, Bornéo et même en Chine. Ces variétés de caoutchouc sont très impures, car elles sont obtenues par des procédés très imparfaits. On se contente, dans ces contrées, de pratiquer des incisions dans l'arbre et de laisser couler la sève le long du tronc jusque dans une fosse creusée dans le sol. Le liquide fermente et se mélange avec de la terre et des débris de bois. A Java, la sève se coagule le long de l'écorce et donne un caoutchouc livré au commerce sous la forme de filaments assez purs.

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Quant à l'Afrique, le Gabon, l'Egypte et Madagascar en fournissent le plus, mais également de qualité très inférieure. Celui du Gabon est d'une odeur repoussante et à demi liquide ; il provient de lianes de la famille des apocinées. Le caoutchouc de Madagascar, obtenu de plusieurs variétés de figuiers et d'une liane ressemblant au houblon, est de couleur rosée et donne d'assez bons produits après vulcanisation. Le caoutchouc des lianes est obtenu par un curieux procédé. On coupe les lianes et on en fait des bottes, qu'on suspend au-dessus d'un récipient où coule goutte à goutte la sève qui s'écoule par les sections des tiges. Usages du caoutchouc. — Le caoutchouc est connu et employé par les indigènes des tropiques depuis un temps immémorial. Dans l'Amérique du Sud, ils en confectionnaient des tissus imperméables et divers ustensiles de ménage. La Gondamine, académicien français envoyé au Pérou, en 1736, pour y mesurer un arc du méridien, eut l'occasion d'en faire une étude approfondie. En 1751 et en 1768, Fresnau et Macquer en expédièrent, de Cayenne, des échantillons en France. Mais, jusqu'en 1791, le caoutchouc ne fut qu'un objet de curiosité; il ne devint réellement matière première utilisée par l'industrie que lorsque Grassart, à cette époque, en fit des tubes. Il est cependant juste de dire qu'en 1752, un descendant de Magellan avait déjà proposé de se servir du caoutchouc pour effacer le crayon et l'encre.

Les propriétés du caoutchouc pur sont fort remarquables : à la température ordinaire, il est mou et élastique ; à 0°. il devient dur comme du bois ; quand on le chauffe, il se ramollit et se soude sur lui-même sous une faible pression ; il devient visqueux à 150°, huileux à 230°, et peut alors servir de vernis pour préserver le fer de l'oxydation. Il est d'ailleurs soluble partiellement dans l'essence de térébenthine et la benzine, surtout dans le sulfure de carbone et l'essence de lavande.

Le caoutchouc, tel qu'il arrive en Europe ou aux États-Unis des pays producteurs, est très impur et demande à être dépouillé des débris d'écorce, du sable et des autres matières étrangères qui le souillent.

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C'est Nickel qui imagina, en 1837, le procédé encore en usage pour purifier le caoutchouc, lequel a reçu un grand nombre de perfectionnements successifs. Il consiste à broyer le caoutchouc entre des cylindres munis de dents et lavés par un courant d'eau. La matière élastique se soude sur elle-même et résiste au courant d'eau qui ne peut entraîner que les matières étrangères. Le caoutchouc est ensuite pétri entre d'autres cylindres chauffés à la vapeur, puis enfin fortement comprimé à la presse hydraulique et étiré en feuilles au laminoir.

Le caoutchouc ne fut utilisé industriellement qu'à la fin du xvm e siècle. On en fit des balles élastiques pour enfants et l'on s'en servit, sous le nom de gomme statique, pour effacer le crayon. Ses usages se multiplièrent rapidement, surtout après qu'on eut découvert le procédé de la sulfuration.

Le caoutchouc cesse d'être élastique quand la température est trop basse. En 1836, Charles Goodyear, aux États-Unis, trouva un procédé qui laissait au caoutchouc son élasticité à toutes les températures, mais présentait l'inconvénient de l'empêcher de se souder sur lui-même. Goodyear conserva sa découverte secrète, ne prit pas de brevet et fabriqua des chaussures imperméables avec son nouveau caoutchouc. Peu de temps après, Thomas Hancock, de Newington, près Londres, fit aussi la même découverte, prit un brevet et contraignit Goodyear à fermer sa fabrique.

Goodyear et Hancock avaient tout simplement découvert la propriété que possède le caoutchouc de conserver son élasticité quand on le plonge dans du soufre fondu à 1S0°. Le caoutchouc ainsi traité a reçu le nom de caoutchouc volcanisé, qu'on écrit aujourd'hui vulcanisé. Plusieurs perfectionnements ont été apportés à la vulcanisation du caoutchouc par MM. Hayvvard, Rattier et Guibal, Parkes, Aubert et Gérard, etc. Voici les procédés les plus employés.

Procédé Goodyear. — C'est le plus simple et le plus employé : le caoutchouc est malaxé, dans les cylindres broyeurs qui servent à sa purification, avec 6 à 8 centièmes de son poids de soufre. On façonne l'objet avec ce caoutchouc, qui a conservé

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la propriété de se souder sur lui-même, la vulcanisation n'étant pas encore produite. L'objet une fois façonné, on le chauffe à 130-140% ce qui combine le caoutchouc avec le soufre.

Procédé Hancock. — L'objet façonné avec le caoutchouc pur est trempé dans le soufre fondu à 130° pendant deux à trois heures.

Procédé Parkes. — Le caoutchouc est trempé dans un mélange de 40 parties de sulfure de carbone avec une partie de chlorure de soufre, puis on laisse évaporer dans une étuve chauffée à 21°. L'immersion ne dure que quelques minutes. On peut remplacer le sulfure de carbone par l'élher de pétrole et le chlorure de soufre par du bromure de soufre.

Procédés Gérard. - Pour les objets de grande épaisseur, on trempe le caoutchouc dans du polysulfure de potassium chauffé à 140% puis on enlève l'excès de soufre avec de la soude caustique pour empêcher le dégagement d'acide sulflmlrique qui se produirait sans cette précaution. Ainsi vulcanisé, le .caoutchouc prend une teinte noire et devient doux et lisse. '

Gérard incorpore aussi au caoutchouc, pendant le broyage avec les cylindres, un mélange de soufre et de chaux. On façonne, puis on vulcanise en chauffant à 104°. Ce procédé empêche le durcissement du caoutchouc avec le temps et le dégagement d'acide sulfhydrique.

En 1848, Goodyear découvrit encore le caoutchouc durci ou ébonite. En somme, c'est une combinaison du caoutchouc avec un grand excès de soufre. Mais le caoutchouc ainsi combiné acquiert des propriétés nouvelles qui ont été utilisées dans l'industrie. 11 devient noir, dur et élastique comme l'ivoire et la baleme ; il se laisse très bien polir et travailler au tour et à la scie.

Voici comment on le prépare. Le caoutchouc, qu'on peut choisir de qualité médiocre, est plongé pendant quarante-huit heures dans de l'eau chauffée à 30% puis on le lamine. Il est ensuite déchiqueté dans des appareils semblables à la pile à papier. (Voir Fabrication du papier.) La pulpe est alors séchée puis malaxée entre des cylindres chauffés par la vapeur. On

incorpore à la pâte moitié de son poids de soufre en canon finement pulvérisé et Ton mélange intimement. On lamine avec des cylindres et l'on chauffe enfin progressivement jusqu'à 135° pendant huit heures environ.

On peut augmenter la dureté de l'ébonite en y additionnant de la gutta-percha ou de la gomme laque. Pour augmenter son poids, on y ajoute de la craie, du sulfate de baryte, du carbonate de baryte, de la magnésie, du plâtre, de l'argile, etc. En l'agglomérant avec du sable, du silex broyé ou de l'émeri, on obtient d'excellentes pierres à aiguiser. L'addition de magnésie produit l'ivoire végétal, très blanc, très dur, très homogène, et dont on fabrique de belles billes de billard.

Les applications de l'ébonite sont innombrables. On en fait des chaînes, des boutons, des broches, des bracelets, des ornements de deuil, des manches de parapluie, des cannes, des peignes, des cravaches, des baleines pour corsets, ombrelles et parapluies, des cuves pour photographie, des robinets, des soupapes, des pieds isolants pour appareils électriques, des manches de couteau, des obturateurs d'une durée extraordinaire pour les armes, des navettes pour le tissage, des feuilles pour placage de meubles, des instruments de musique, des statuettes et des médaillons. Il remplace la corne et les bois durs pour les travaux de tabletterie et d'ébénisterie.

Mélangé avec des poudres colorées, l'ébonite produit des effets encore plus remarquables. Sous cette forme, oq lui donne le nom de vulcanite. Sous le nom de parkésine, on prépare aussi un produit ayant de la transparence et une teinte jaune clair qui imite l'écaillé blonde. La parkésine s'obtient par le mélange de l'ébonite avec de l'huile d'olive, du coton-poudre dissous dans la nitrobenzine, l'éther ou l'alcool, du chlorure de soufre, du naphte ou du sulfure de carbone, ce qui lui donne de la flexibilité. M. Aubert est même parvenu à imiter parfaitement le marbre, le jaspe et certaines pierres ornementales au moyen de l'ébonite. C'est également lui qui a indiqué un procédé pour reproduire les objets d'art au moyen de la même substance. L'objet à reproduire est d'abord moulé avec du plâtre qu'on

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sèche à l'étuve. On recouvre ce moule d'une première couche de caoutchouc dissous dans le sulfure de carbone avec du soufre et une matière colorante. Quand cette couche est sèche, on en met une seconde, puis une troisième et ainsi de suite jusqu'à l'épaisseur voulue. Le tout est enfin exposé pendant une dizaine d'heures à l'action de la vapeur d'eau surchauffée à quatre atmosphères dans une chaudière autoclave. Quant au plâtre, on l'enlève au moyen d'une brosse dure. La matière obtenue ressemble à l'ivoire ou à la corne.

Quant aux usages du caoutchouc pur ou vulcanisé, ils sont devenus véritablement universels. Nous devons nous borner à signaler les principaux.

Vers 1820, le caoutchouc fut employé pour la fabrication des tissus imperméables et des tissus élastiques. Depuis longtemps, on fabriquait déjà au Brésil des tissus imperméables en étendant, sur de la toile, une couche de caoutchouc frais. En Europe, Mackintosb (de Glasgow) imagina un procédé plus commode, qui consistait à laminer une mince feuille de caoutchouc entre deux étoffes. Actuellement, on préfère imprégner l'étoffe d'une masse pâteuse obtenue en dissolvant le caoutchouc dans de l'essence de térébenthine et de l'huile légère de goudron.

Les tissus élastiques furent confectionnés quelques années plus tard par Nadler. Le caoutchouc, découpé au moyen de couteaux en fils minces, est tissé à froid pour lui donner moins d'élasticité. On lui rend son élasticité en le chauffant vers 70 degrés.

En 1862, les Anglais et les Américains ont, les premiers, fabriqué des courroies en caoutchouc. Ce sont des toiles de coton ou de chanvre, enduites de caoutchouc et collées les unes sur les autres. Ces courroies sont plus résistantes que celles en cuir et ne serpentent pas.

La maison Aubert et Gérard, de Grenelle, à Paris, a mis dans le commerce, vers la même époque, les semelles de caoutchouc imitant le cuir.

Les balles d'enfants s'obtiennent par le procédé suivant. On

découpe quatre segments de sphère dans une lame de caouchouc mélangé avec du soufre. On soude les bords en pressant avec les doigts à la température de 2o à 30°, ou encore en employant comme soudure une pâte de caoutchouc, de soufre, de sulfure de carbone et de benzine. La balle est alors logée dans un moule creux de forme sphérique. On chauffe à la vapeur à 100°, la balle se gonfle alors et la vulcanisation se produit.

Les petits ballons à hydrogène sont fabriqués avec des lames minces obtenues par laminage à chaud. On les colore en rouge et on les vulcanise par immersion dans une dissolution d'orcanette dans le sulfure de carbone.

Les tubes se fabriquent en soudant les bords nettement découpés d'une longue bande de caoutchouc.

Les tapis anglais, dits kamptulicon, s'obtiennent avec un mélange de caoutchouc, de liège réduit en poudre, de bourre de coton et d'huile siccative. Le tout est laminé en feuilles par cylindrage.

Le caoutchouc est encore employé à la fabrication des rondelles élastiques pour serrer les rouleaux, des couvertures de livres de prix, surtout en Angleterre, des bandes de roues pour vélocipèdes, des rouleaux pour machines à imprimer les tissus ou les livres, des bandes de billards (cette application a d'abord été faite aux Indes), des jouets, des bouts de biberon, des instruments de chirurgie, des poires pneumatiques, des patères. pneumatiques inventées par Lavater, etc., etc.

Voici enfin, pour terminer, quelques petites applications intéressantes. Mélangé avec de la limaille de fer, le caouchouc donne un mastic excellent pour souder le fer avec le fer ou la fonte avec la fonte. Avec la chaux, et chauffé à 220°, il donne un mastic pour fermetures hermétiques et hydrofuges. En dissolution dans l'huile de pétrole blanche, il se mélange avec les couleurs qu'il rend plus brillantes ; il sert à vernir les cartes géographiques, les dessins au fusain et au crayon.

La glu marine, excellente pour cimenter les bois des constructions maritimes, les pierres, les tissus, s'obtient en chauffant 4 parties de caoutchouc, 34 parties d'huile de houille et 64 parties

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de gomme laque. Elle s'applique à chaud, à la température de 120 degrés.

Les déchets de caoutchouc sont utilisés dans l'industrie. On les dissout dans l'huile légère de houille ou l'essence de térébenthine, ou mieux encore dans un mélange de sulfure de carbone et d'un peu d'alcool. Cette dissolution pâteuse sert à coller les bois d'ébénisterie, les fleurs artificielles, les laines pour tapisserie, à relier les livres et les registres, etc.

L'industrie du caoutchouc est devenue considérable en Europe et aux États-Unis. C'est aux Etats-Unis surtout qu'elle a pris !e plus d'extension, principalement pour la fabrication des chaussures en caoutchouc, qui représentent à elles seules une valeur annuelle de 130 millions, c'est-à-dire la moitié de la production totale. Cette industrie donne du travail à 15000 ouvriers. En Europe, les principaux centres de travail du caoutchouc sont en Angleterre et en France, pays qui occupent le premier rang, puis en Belgique, en Hollande, en Autriche, en Russie et en Allemagne. D'importantes fabriques existent à Londres, Paris, Saint-Pétersbourg, Vienne, Berlin, et dans le duché de Bade.

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