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VI. — GUTTA-PERCHA

La gutta-percha est la sève d'un arbre nommé perlcha ou niato par les indigènes et Isonandra rjutla par les botanistes. Elle est connue de toute antiquité dans les Indes Orientales, la Chine et les îles Malaises. Les Anglais la connurent dès 1G."0, mais elle ne commença à être sérieusement utilisée qu'en 1-842, après les travaux du docteur Montgomery, qui habitait Singapour. En 18ii, des délégués commerciaux, ayant remarqué à Singapour les divers ustensiles fabriqués avec la gutta-percha, envoyaient à Paris une note pour recommander cette nouvelle substance à l'industrie parisienne.

La production de la gutta-percha est malheureusement très limitée. L Isonandra gutta ne croît qu'à Bornéo, Sumatra, Java et dans la péninsule de Malacca ; la majeure partie de la résine fournie par cet arbre vient de Singapour.

L'exploitation de Vlsonandm, de ce bel arbre qui peut monter a 20 mètres de hauteur avec un diamètre d'un mètre à la base est d'ailleurs barbare et menace celui-ci d'une destruction complète. L'arbre est coupé, puis on y pratique des incisions dans toute sa longueur. La sève qui s'écoule est recueillie dans des noix de coco ou des feuilles de palmier, puis on la fait bouillir el on la pétrit sous forme de cylindresoude plaques. Unarbre peut donner jusqu'à 18 kilos de gutta. On conçoit qu'un semblabh mode d extraction soit susceptible d'anéantir sous peu un produit dont l'utilité augmente chaque jour davantage. Aussi le prix de la gutta-percha va-t-il sans cesse en croissant; il est plus que temps de prendre les mesures nécessaires pour éviter h disparition de Vlsonandra. M. Jungfleisch a indiqué un nouveau mode d'extraction des feuilles qu'il épuise par le toluène On entraîne ensuite le toluène de la solution par un courant de vapeur d'eau à 100°. On extrait ainsi des feuilles de 9 à 10 p. 100 de leur poids en gutta-percha.

Cette rareté de la gutta-percha a conduit les botanistes et les chimistes à lui chercher des succédanés. La résine du Sapota Mullen, qui croît au Brésil, n'a pas donné les résultats qu'on en attendait; M. Edouard Heckel, professeur à la Faculté de Marseille, a recommandé le Butyrospermum Par/ciî, bel arbre qui croît en abondance dans l'Afrique Centrale, dans la vallée supérieure du Nil, dans le Haut-Niger, le Bouré et le Fouta- Djallon. La sève de cet arbre fournit une résine analogue à la gulta-percha ; son fruit, semblable à la prune, est comestible, et ses graines servent à la préparation d'un beurre très employé par les indigènes. Les indigènes désignent cet arbre sous le nom de bassia ou karité.

L'écorce extérieure de bouleau, bouillie longtemps avec de 1 eau, donne une matière se résinifiant à l'air, susceptible de remplacer la gulta-percha dans les moules usités en galvanoplastie.

D'autre part, certains chimistes ont tenté de préparer de la gutta-percha artificielle. Voici un procédé, dont nous ne certifions pas l'efficacité : on chauffe à 150°, jusqu'à dissolution complète, du copal, du soufre et de l'essence de térébenthine

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