GUTTA-PERCHA
ou du pétrole. Après refroidissement, on ajoute de la caséine dissoute dans de l'eau ammoniacale et de l'esprit-de-bois, puis on chauffe le tout à io0°. On colore avec du brou de noix. Il ne reste plus qu'à laver le produit et à le dessécher.
La gutta-percha doit être purifiée comme le caoutchouc, au moyen d'un traitement mécanique. Elle est d'abord réduite en copeaux minces au moyen d'un couteau, puis lavée à l'eau froide. Elle est ensuite triturée et mise en bouillie au moyen de cylindres armés de dents sur lesquels coule un filet d'eau qui entraîne les impuretés. Enfin, on la fond dans une chaudière à li;;°; puis, après refroidissement, on la réduit en feuilles au moyen d'un laminage.
Les propriétés de la gutta-percha sont très remarquables. Elle se soude sur elle-même comme le caoutchouc; elle se ramollit dans l'eau chaude à 130°, et redevient dure et cassante à basse température. Elle se dissout dans le sulfure de carbone, le chloroforme, l'huile de naphte, la benzine et l'essence de térébenthine. Pour la rendre plus souple et plus élastique, on lui ajoute du caoutchouc ou un peu de gomme laque. On la rend moins altérable en la chauffant dans une dissolution de soude caustique ou en lui ajoutant du suif ou de la paraffine. Enfin, en la combinant avec un excès de soufre, on la transforme en une matière dure, noire, susceptible d'un beau poli et qui se laisse travailler comme la corne et l'ivoire. En ajoutant à cette substance des poudres colorées, on en fabrique des peignes, des baleines, etc.
Les applications de la gutta-percha se multiplient chaque jour. Ses deux principaux usages sont la fabrication des câbles électriques et celle des moules pour la galvanoplastie. Nous aurons l'occasion de revenir un peu plus tard sur ces deux applications qui font de la gutta-percha une substance si précieuse. On en fabrique encore des courroies, des tubes, des entonnoirs, des cuvettes pour la photographie, des instruments de chirurgie, des ronds de serviettes, des fioles pour contenir l'acide fluorhydrique, des peignes, des brosses, des manches de couteau, des semelles de souliers, des chaussures imperméables,
des chapeaux à l'usage des marins, des rouleaux d'impression, des objets moulés de toutes sortes.
Elle peut être appliquée avec avantage à la décoration, car elle prend la coloration et l'éclat du bronze florentin par l'incorporation de certains sulfures métalliques. On peut aussi lui donner un éclat métallique en la soumettant à l'action des vapeurs nitreuses ou en la faisant bouillir dans une dissolution concentrée de chlorure de zinc.
L'industrie consomme une grande quantité de gutta-percha. On peut estimer sa consommation annuelle à un million de kilogrammes pour l'Angleterre et à 60 000 kilogrammes pour la France. Il ne faut pas oublier que c'est l'Angleterre qui fabrique la presque totalité des câbles électriques du monde entier.
Térébenthines. — La térébenthine est la sève de plusieurs espèces d'arbres résineux. La térébenthine de Chio, extraite par incision du Pistacia terebinthos des Indes, de la Perse, de Syrie et surtout de Chio ; la térébenthine de Venise, extraite du mélèze dans la Suisse et surtout dans le Tyrol ; la térébenthine des Vosges onde Strasbourg, extraite du sapin argenté d'Alsace : ces diverses térébenthines ne sont guère employées qu'en médecine. La plus belle de toutes est celle de Strasbourg. Son odeur suave rappelle celle du citron. On l'obtient en crevant les ampoules qui la contiennent et qui se forment sur l'écorce des jeunes tiges. Uabiétine, qu'on extrait de la térébenthine de Strasbourg, sert à préparer la vanilline.
La seule térébenthine véritablement industrielle est celle du pin, dite de Bordeaux ou des Landes. Elle constitue le principal revenu forestier du sud-ouest de la France.
La térébenthine se récolte de mai en septembre. Tous les huit jours on pratique, au moyen d'une hachette, une nouvelle incision dans l'écorce de l'arbre, de manière à entailler légèrement le bois. Ces entailles se font horizontalement et elles sont parallèles les unes aux autres, de manière à former une même
rangée verticale. On fait ainsi le tour de l'arbre, en pratiquant chaque année une nouvelle rangée verticale. Chaque arbre vit de soixante à quatre-vingts ans, fournissant 3 à 4 kilogrammes de térébenthine par an.
Jadis, on se contentait de laisser couler la sève le long de l'écorce, jusqu'à un trou pratiqué en terre au pied de l'arbre, ce qui donnait un produit souillé de sable, de terre et de débris de bois. De plus, une partie de l'essence se perdait par évaporation. Actuellement, on préfère la méthode Hughes et Ader, qui donne une résine pure, blanche, riche en essence et plus abondante. La résine est recueillie dans des vases adaptés à l'écorce.
On donne le nom de galipot ou barras à la résine desséchée sur l'arbre, laquelle coule naturellement ou par des entailles mal fermées.
L'essence de térébenthine brute doit être purifiée. Pour cela on la filtre à travers une couche de paille et on l'expose au soleil, mais ce procédé a l'inconvénient de laisser évaporer une partie de l'essence. On préfère filtrer la résine à travers un sac de toile dans lequel arrive un jet continu de vapeur d'eau. Avec le résidu, filtré à travers la paille, on prépare l'essence et la colophane.
La térébenthine sert à la fabrication des vernis et de la cire à cacheter. Par distillation avec de l'eau, on en retire l'essence de térébenthine et un résidu sec, nommé braisée, arcanson ou colophane, dont on fait des torches, des allume-feux, de la poix, des savons mousseux, etc. En chauffant à 2."i0 o un mélange de résine et de soufre, on obtient un bitume artificiel, soluble dans la benzine et le chloroforme, sensible à l'action de la lumière comme le bitume de Judée.
La meilleure térébenthine de pin vient des régions comprises entre Bordeaux et Bayonne, mais on en recueille aussi de grandes quantités dans divers autres pays, notamment en Algérie, dans la province d'Alger où il y a 50 000 hectares de pins, dans la Sarthe où 40 000 hectares sont couverts de pins, en Portugal, en Autriche, dans les environs de Bade, en Allemagne, en Grèce, surtout à Chalcis.
Ne quittons pas les arbres résineux sans indiquer deux pro-
duits qui ne sont en somme que des variétés de térébenthine : le baume de Canada, extrait par incision de YAbies balsamea dans l'Amérique du Nord, et la poix de Bourgogne, extraite de YAbies excelsa, dans les montagnes de l'Europe Centrale et surtout en Finlande. Ces deux substances sont employées en pharmacie.
Laque. — Le célèbre laque du Japon est obtenu au moyen de la sève d'un arbre, le Rhus vernicifera, qui fournit en outre de la cire et un bois jaune très apprécié dans l'ébénisterie. La sève est d'abord recueillie au moyen d'incisions faites dans le tronc ; plus tard, on coupe l'arbre et on incise ses branches après macération dans l'eau, ce qui donne encore de la résine. Quant au vernis lui-même, sa composition est très variable suivant sa destination. On mélange à la sève du sulfate de fer, du vermillon, de la poudre de pierre à aiguiser, de la colle forte de riz, etc. Les objets recouverts de laque se fabriquent principalement à Tokio, Kioto et Osaka. Cette industrie donne lieu à une exportation considérable. Quant à son origine, elle se perd dans la nuit des temps.
On a tenté d'acclimater le Rhus vernicifera en Europe. Citons surtout les essais du professeur Rhein, de Francfort, qui fit des plantations dans cette ville en 1885, à son retour d'un voyage au Japon. Il serait à désirer qu'on pût fabriquer le laque en Europe, car c'est évidemment le vernis par excellence. Les Anglais et les Hollandais, qui font des imitations de laque japonais, ont essayé de remplacer le véritable laque par d'autres résines. En Hollande, par exemple, on se sert d'un mélange de copal de Zanzibar et d'encre de Chine.
Succin. — ■ Le succin ou ambre jaune est une résine fossile qu'on rencontre dans certaines couches de terrains riches en lignite, ce qui démontre bien l'origine végétale de cette substance. Les gisements les plus importants de succin se trouvent sur les bords de la mer Baltique, dans la Poméranie et la Prusse Orientale. Son exploitation est faite pour le compte du gouvernement prussien. Une partie des couches succinifères sont situées au-dessous des eaux de la mer. Balayées par les vagues, les
couches se délitent et mettent la résine en liberté. On la recueille au moyen de filets.
On trouve aussi de l'ambre, mais en faible quantité, dans les terrains ligniteux de la France, de l'Angleterre et dans quelques parties de l'Allemagne. On exploite aussi l'ambre en Birmanie : à Mandalay on le transforme en chapelets, parures, ornements et statuettes religieuses.
Le succin est susceptible d'un beau poli. Il sert comme pierre d'ornementation pour la fabrication des colliers, des boucles d'oreilles, des pommes de canne, des tuyaux de pipe, etc. Il est employé pour la préparation des vernis, mais seulement après avoir été fondu en vase clos, ce qui le rend soluble dans l'alcool et les essences. Il sert également à préparer des parfums. L'huile de succin était jadis très employée dans la parfumerie. En traitant par l'acide azotique une dissolution d'huile de succin dans un mélange d'alcool et d'ammoniaque, on obtient le musc artificiel.
L'huile de succin est d'ailleurs l'un des produits de la distillation sèche du succin.
Gomme laque. — C'est une résine élaborée par plusieurs végétaux des Indes et de la Cochinchine, des figuiers, des nerpruns, des acacias, des madugas, des crotons, etc. Elle est produite par la piqûre d'un insecte, le Coccus laccse. On procède à la récolte avant l'éclosion des œufs de l'insecte, avant que les jeunes, en sortant de leur prison, aient emporté une partie de la matière colorante. Pour la récolter, on casse les branches, on les fait sécher au soleil, et on détache la gomme laque.
La gomme laque est employée en teinture et dans la fabrication des vernis, des mastics et des cires à cacheter. On l'utilise aussi dans la chapellerie et pour la préparation des meules factices, des marbres factices et des agglomérés pour l'électricité. Dans le commerce on trouve plusieurs variétés de gomme laque : la laque en bâtons, c'est-à-dire la branche de l'arbre elle-même supportant sa résine ; la laque en grains, c'est-à-dire la résine séparée de la branche; la laque en écailles, qui résulte de la fusion de la laque en grains, filtrée à travers une toile et coulée
en plaques minces. La laque en bâtons est la meilleure, celle qu'on préfère toujours en teinture. Les beaux maroquins rouges du Levant sont teints au moyen de cette substance.
Sang-dragon. — Résine extraite des fruits d'un palmier rotang, le Calamus draco, et d'autres végétaux divers, le Pterocarpus draco, et le Bracxna draco. Les fruits du Calamus draco, gros comme une noisette, sont recouverts d'une résine rouge. On les fait bouillir dans l'eau pour fondre et détacher la résine. Cette résine, fortement astringente, est employée comme dentifrice et surtout pour la préparation des vernis rouges.
Copal. — La résine copal a des origines très diverses. Il en vient du Bengale, du Brésil, de la Guyane, de Carthage, de Sierra-Leone en Afrique, du Congo, de Zanzibar. Là se trouve, le long des côtes, une immense forêt de 200 milles de longueur; elle fournit en abondance une résine très parfumée. Le copal est principalement employé pour la fabrication des vernis. La Nouvelle-Calédonie fournit le kaori, qui est estimé. Le copal tendre ou gomme damar de Batavia sert à décalquer, à durcir la stéarine des allumettes et des bougies et en pharmacie.
Mastic. — C'est le suc d'un pistachier (Pistacia lentiscas), qui croît surtout à Chio. Les Orientaux mastiquent cette résine. En solution éthérée, elle sert à remplir les cavités des dents.
Sandaraque. — Résine extraite d'un conifère, le Callitris quadrivallis, qu'on trouve dans l'Atlas, en Algérie et au Maroc.
Résines médicinales. — Les résines suivantes sont surtout employées en médecine.
Résine courbaril ou animée, de plusieurs légumineuses de la Guyane.
Résine élémi, de YAmyris elemifera, arbuste de l'Amérique du Sud.
Résine labdanum, du Cistus creticus, arbrisseau de l'île de Candie.
Résilie tacamaque, de plusieurs Icicas de la Guyane. • Résine degaïac, du Gaiacum officinale, grand arbre des Antilles, surtout de Saint-Domingue et de la Jamaïque. La résine est extraite par incision. On coupe aussi les branches, on chauffe
l'une des extrémités de la bûche et la résine s'écoule par l'autre. Ce médicament a beaucoup perdu de son antique réputation.
Résine de jalap, delà racine du Convolvulus schiedanus, du Mexique, qui croît spontanément dans les régions humides et montagneuses, purgatif puissant.
Gomme ammoniaque, du Dorema ammoniacum de la Perse et de l'Arménie.
Résine galbanum, de plusieurs ombellifères de l'Ethiopie, de l'Afrique et de la Perse.
Gomme séraph ique ou sagap enum , d n Féru la persica de l 'Égyp te et de la Perse.
Opoponax, du Levant.
Résine bdellium, du Ralsamodendron africanum, du Sénégal, et de YAmyris gummifera de l'Inde.
Asa fœlida, racine du Fenda asa fœtida, de la Perse, obtenue en coupant la tige et recueillant le suc qui s'écoule de la racine. Les Orientaux s'en servent pour parfumer leurs mets.
Aloès, des feuilles de plusieurs aloès originaires du Cap et cultivés dans les Indes Occidentales et Orientales, en Grèce, en Egypte. Le meilleur procédé d'extraction consiste à coupelles feuilles, à les suspendre et à recueillir dans un vase le suc qui s'écoule. Celui du Cap est le plus recherché. Purgatif énergique.
Gomme gulte, du Garcinia morella et de plusieurs autres végétaux de l'Orient. Purgatif énergique. Donne une belle couleur jaune par émulsion avec l'eau. Les alcalis la colorent en rouge vif. Vient du Siam et de Ceylan.
Résine gomarl, du Rursera gummifera, de la Guyane et des Antilles.
Résine damar, de plusieurs conifères de la Malaisie, des Indes, de l'Australie, très employée surtout pour la fabrication des vernis. (Voir Copal.)
Résine scammonée, de la racine du Convolvulus scammoitia, de la Grèce et de l'Orient. Celle d'Alep est la plus recherchée comme purgatif énergique.
Euphorbe, de VEuphorblaresinifcra, purgatif énergique.
Résines baumes. — Ces résines sont parfumées par ellesmêmes ou dégagent une odeur agréable quand on les chauffe. Encens ou oliban, du Boswellia serrata, des Indes Orientales, de l'Arabie et de l'Abyssinie, employé de temps immémorial dans les cérémonies religieuses de l'Orient.
Myrrhe, du Balsamodendron myrrha, des côtes abyssiniennes de la mer Rouge, connue comme parfum depuis toute antiquité. Employée comme parfum, pour préparer les clous fumants et les dentifrices.
Benjoin, du Styrax benzoin, du sud de Sumatra, de Java, de Siam, de la presqu'île de Malacca. Chauffé, il donne une huile parfumée et de l'acide benzoïque, employé dans l'industrie, mais aujourd'hui l'acide tiré du benjoin a cédé la place à l'acide benzoïque artificiel extrait de diverses substances. Son mélange avec du sucre, du salpêtre, du storax, de l'encens, de la cascarille, constitue l'encens des églises. Mélangé avec du charbon, du salpêtre, du baume de Tolu, du santal citrin, il sert à préparer les clous fumants, les pastilles du sérail, les bâtons aromatiques. Il sert aussi à préparer le lait virginal des parfumeurs.
Bannie de Tolu, du Myroxylon toluiferum, de l'Amérique du Sud. Très employé en médecine comme sirop.
Copa/tu, de plusieurs plantes du genre Copaifera, du Brésil, de la Guyane, du Mexique, des Antilles. Odeur désagréable, saveur amère et nauséabonde. Très employé en médecine. Pour l'obtenir, on perce des trous dans l'arbre jusqu'à ce qu'on rencontre la veine contenant le baume. Celui-ci jaillit parfois avec violence.
Baume de la Mecque, de YAnyris opobalsamum, arbrisseau de lÉgypte et de l'Arabie. Employé en Turquie comme parfum.
Styrax, retiré de l'écorce du Liquidambar orientale, de l'Arabie et de l'Ethiopie. L'écorce est écrasée, puis bouillie avec de l'eau de mer. Le baume surnage à la surface du liquide.
Baume de Gurgum de l'Inde, de Ceylan, de Java, du Siam, de la Cochinchine, analogue au copahu par ses effets.
Storax, du Styrax officinale de l'Asie Mineure.
Liquidambar, àuLiquidambarstyraciflua, arbre de la Louisiane,
du Mexique et de la Floride, où il porte le nom de copalme. Baume du Pérou, de plusieurs papillionacées du Pérou. Employé pour aromatiser les pommades.
Usages des résines. — Les résines servent en médecine et à fabriquer de la cire a cacheter, des bougies et des torches, du noir de fumée, des huiles par distillation, des savons économiques, des matières colorantes (gomme-gutte, gomme laque, sang-dragon) et surtout des vernis.
Nous allons dire quelques mots de la préparation des vernis, d'après le Dictionnaire de chimie industrielle de Bouant.
On donne le nom de vernis à tout liquide qui, étendu sur une surface, devient dur, brillant et capable de préserver la surface de l'action de l'air et de l'humidité. Les vernis ne doivent pas s'écailler tout en demeurant inaltérables.
La fabrication des vernis semble remonter au xii" siècle, en Europe du moins, car on les a employés en Orient depuis l'antiquité la plus reculée. Ils se composent de résines dissoutes dans l'éther, l'alcool, l'essence de térébenthine, l'essence de pétrole ou dans une huile siccative.
Les vernis à l'éther, les plus siccatifs, mais les moins usuels, sont surtout employés pour réparer les accidents survenus aux bijoux et aux émaux, ou encore pour recouvrir d'autres vernis et leur donner plus d'éclat.
On fait surtout usage des vernis à l'alcool. On peut remplacer l'alcool vinique par l'acétone, l'esprit-de-bois, la benzine, l'éther de pétrole, le sulfure de carbone. Les résines les plus utilisées sont la sandaraque, la térébenthine, le mastic, le copal, la colophane, le galipot, la laque, le benjoin, l'élémi, l'animée. On colore avec de la gomme-gutte, du sang-dragon, du safran, du sandal, du rocou, de la cochenille, des couleurs artificielles de goudron. Les vernis à l'alcool, très siccatifs, très brillants, très adhérents, très transparents, ont l'inconvénient de se fendiller facilement.
Les vernis à l'essence, moins siccatifs, mais pins souples, plus élastiques, sont moins brillants. Ils se polissent bien et se fendillent difficilement. On se sert surtout de térében-
Hl
thine, degalipot, de copal, de sandaraque, de mastic et de laque.
Quant aux vernis aux huiles siccatives, ce sont les moins siccatifs, mais les plus souples, les plus solides, ceux qui se polissent le mieux et s'écaillent le plus difficilement. On emploie surtout les huiles de lin, de résine, parfois de pavot et de noix, et les résines de copal, de succin, de caoutchouc. On utilise aussi l'asphalte. Les vernis aux huiles servent principalement à recouvrir les peintures exposées aux intempéries de l'air et dans la carrosserie.
Gommes. — Gomme arabique, de diverses variétés ^acacias de l'Inde, de l'Australie, de l'Egypte, du Maroc, de Tunis, des colonies portugaises d'Afrique, du Cap de Bonne-Espérance. La gomme transsude à travers l'écorce des arbres. Elle est employée dans la confiserie, l'apprêt des toiles, l'épaississage des mordants et des couleurs pour indiennes auxquelles elle communique aussi plus d'éclat, pour la fabrication de l'encre, des cirages, des enveloppes et autres papiers gommés. Elle est aussi très employée en médecine sous la forme de sirop. C'est la plus importante de toutes les gommes.
La gomme arabique artificielle se prépare en faisant bouillir de la graine de lin avec de l'acide suif uriquc et de l'eau, filtrant et ajoutant de l'alcool qui précipite la gomme artificielle.
Gomme du Sénégal, de plusieurs variétés d'acacias du Sénégal, de la Gambie, du Soudan. Elle est à peu près identique à la gomme arabique, qu'elle a presque complètement remplacée en France. Ses usages sont les mêmes d'ailleurs.
Gomme de France, du cerisier, du merisier, du prunier, de l'abricotier. Elle sert surtout à l'apprêt des feutres en chapellerie. La meilleure provient des merisiers de la Forêt-Noire.
Gomme adragante, de YAstragahis verus de l'Inde, de l'Asie Mineure, de l'Arménie, du nord de la Perse. Elle sort à travers l'écorce sous forme de filets contournés. Elle est usitée en pharmacie pour la préparation des sirops épais.
Gomme de Bassora, de certains cactus, presque insoluble dans l'eau où elle se réduit en poudre.
Gomme de Cajueiro, de l'acajou à fruit du Brésil, de la Gua-
RÉSINES, BAUMES, GOMMES, CAMPHRE, ETC. n-9[
deloupe, de la Guyane. Sert à fabriquer des vernis et à gommer les tissus.
Gomme du Feronia elephantum, de l'Inde : elle remplace la gomme arabique.
Gomme d'acacia Angico, du Brésil où elle abonde. Meilleure que la gomme arabique.
Gomme de Sydney, ou de Kaori, de la Nouvelle-Zélande et de la Nouvelle-Calédonie. Sert à la fabrication des vernis.
Camphre etcelluloïd. — Le camphre semble avoir été inconnu des Romains et des Grecs. Il a été introduit en Europe, par les médecins arabes, aux xi et xn c siècles.
II est extrait de végétaux de la famille des laurinées, en Chine, au Japon, à Sumatra, aux îles de la Sonde, mais principalement du laurier-camphrier du Japon. Au Japon, ce laurier croît principalement dans les provinces méridionales de Tosa, Hino-a et Satsuma, loin de la mer et dans les régions montagneuses. Le tronc de certains de ces arbres, au feuillage toujours vert, atteint parfois un diamètre de 3"\50. Tout arbre abattu doit être immédiatement remplacé par un autre plus jeune. Pour obtenir le camphre, les racines et les branches sont coupées en morceaux, puis bouillies avec de l'eau dans de grandes marmites dont le chapiteau est garni de paille de riz ou de roseaux. Le camphre vient se sublimer en cristaux sur la paille. On le raffine en Europe en le sublimant dans des vases en verre. Pour cela, on le chauffe avec un peu de chaux et de la limaille de fer.
Le camphre de Bornéo et de Sumatra se trouve dans les cavités du tronc du Drgobalanops aromatica. Les Orientaux l'emploient contre les rhumatismes.
^ Quant au camphre du Japon, il est employé en médecine à l'état de poudre, en dissolution alcoolique (eau-de-vie camphrée), comme eau sédative (mélange d'eau, d'ammoniaque, de sel marin et d'eau-de-vie camphrée), et surtout à l'état de camphre monobromé pour produire le sommeil. Il est employé pour chasser les insectes des étoffes et pour fabriquer le celluloïd.
On prépare maintenant du camphre artificiel en oxydant avec
l'ozone, le camphène obtenu en distillant le monochlorhydrate de térébenthène.
Le celluloïd a été inventé en 1869 par Hyatt aux États-Unis. C'est un mélange de camphre et de coton-poudre non explosible, dont l'union est obtenue par l'action combinée de la chaleur et de la compression.
Le coton-poudre est préparé en trempant du bon papier à cigarettes, pendant un quart d'heure, dans un mélange chauffé à 35° de 5 parties d'acide sulfurique et de 2 parties d'acide azotique. Puis on lave à l'eau, on triture dans une pile à papier pendant trois heures, on blanchit avec le permanganate de potasse, on lave à l'acide sulfureux et à l'eau.
Le coton-poudre, mélangé avec le camphre et les matières colorantes, passe sous des meules métalliques, puis est comprimé avec la presse hydraulique qui réduit le tout en plaques. Ces plaques, comprimées ensuite entre des feuilles de papier buvard, de manière à leur enlever toute humidité, sont concassées, mises à macérer dans de l'alcool, puis de nouveau laminées.
On obtient de la sorte une substance dure, tenace, élastique, transparente, facilement combustible, nullement fragile, analogue à de la corne. Par l'adjonction de poudres colorées, on arrive à imiter parfaitement l'ambre, le laiton, le corail, la malachite, le lapis-lazuli, l'ébène, l'ivoire, l'écaillé, le jais, etc.
Les applications du celluloïd sont devenues innombrables. On en fait des billes de billard, des ronds de serviette, des manches de parapluie, des peignes, des bijoux de fantaisie, des bracelets, des montures de lorgnons, des dentiers, des jouets pour enfants, des objets de tabletterie (boîtes, porte-monnaies, porte-cigares, encriers, etc.), des imitations de cuir pour sellerie, des panneaux décoratifs imitant les bois naturels, des clichés susceptibles de prendre la forme cylindrique grâce à l'élasticité de la matière, des pierres lithographiques, des cartes de visite, etc.
Mélangé avec de l'huile grasse, le celluloïd devient excessi-
vemont souple et sert à fabriquer des cols, des manchettes, des devants de chemise, etc. Pour cette application, on comprime deux couches minces de celluloïd sur les faces d'une toile, ce qui permet au grain de la toile d'apparaître eu relief. Ces objets ont l'avantage de se laver avec la plus grande facilité.
Ml
mi