‹ Histoire générale de l'industrie. 2, Industries du règne animalChapitre 10 sur 202 · MÉGISSERIE · texte numérisé non relu

MÉGISSERIE

peaux sont retirées du bain, on les sèche et on les étire. Pour les amincir, on se sert de machines à doter de différents systèmes. La meilleure d'entre elles est une meule tournant avec une très grande vitesse et usant la peau d'une manière régulière. Les poussières sont absorbées par un ventilateur mettant ainsi l'ouvrier à l'abri des inconvénients de ces poussières. On emploie aussi des machines qui font mouvoir des couteaux circulaires. Pour glacer le cuir, on lisse avec des cylindres, ou bien on se contente de déposer un vernis composé de blanc d'œuf, de gomme ou de savon. Quant à la teinture, elle se pratique à la brosse, du côté fleur seulement.

Le cuir blanc ou mégissé, destiné principalement à la doublure des chaussures, se prépare avec les peaux d'agneau, de mouton et de chèvre. Pour le tannage, on plonge les peaux soigneusement préparées dans une dissolution d'alun et de sel marin, de façon à les imprégner bien complètement. On les retire du bain et on les empile pendant deux ou trois jours. Le tannage est terminé au bout de ce court laps de temps. 11 n'y a plus qu'à faire sécher.

Statistique. — L'industrie du tannage des peaux pour gants était déjà florissante en France aux siècles derniers. La matière première surabondait alors, car notre pays possédait beaucoup de chèvres à cette époque. La révocation de l'édit de Nantes porta un premier coup à cette industrie, en exilant nos ouvriers d'Annonay; ceux-ci firent profiter les étrangers de leur connaissance approfondie du métier. Plus tard, on dut lutter contre une nouvelle cause de ruine : le gouvernement ordonna la destruction des chèvres à cause des dégâts par elles causés aux arbres des régions forestières. Ce ne fut que vers 1827 que la prospérité revint, alors qu'on se décida à laisser pénétrer en France les peaux tirées de l'étranger.

La France excelle dans la préparation des peaux pour ganterie. Les deux grands centres de fabrication sont Annonay et Paris ; viennent ensuite les mégisseries de Grenoble, d'Amboise, de Chaumont, de Graulhet, de Lyon, de Romans, de Saint- Junien, etc. On peut évaluer à cent millions de francs par an le

an

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